19/03/2007
Royal, Hollande, Montebourg et la VIe république
Cela dit, on m’a rapporté que dans les coulisses de la réunion des élus socialistes hier, passé le temps des applaudissements convenus devant les caméras, certains affichaient une mine moins réjouie. Tous ces élus socialistes qui en sont à leur cinquième, sixième mandat de maire cumulé avec un poste de conseiller général ou de député ont bien du mal à comprendre que les temps changent. Ils détestent tous Royal et souhaitent sa défaite afin de préserver leurs petits privilèges. Il est d’ailleurs confondant de voir que parmi ces notables, figurent bon nombre de tenants du droit d’inventaire qui ont passé leur temps à me renier en dissertant à loisir sur les "dérives " de mon "règne"… Ce que je peux dire c’est que sous mon "règne", Pierre Moscovici, pour ne citer que ce zozo, un de ceux qui ont osé me défier avec un courage inégalable passé le mois de janvier 1996, aurait été depuis longtemps rangé dans un placard de la Cour des comptes. Sachez que les militants socialistes du Doubs n’osent pas le laisser promener seul (avec ses Weston qui n’ont connu que les trottoirs lisses du 7e arrondissement), dans la circonscription où le Ps le présente. Ils craignent qu’il ne lui arrive quelque chose au contact de l’électorat ouvrier. C’est son suppléant qui fait office de « traducteur » lors des rencontres avec la population. Cocasse non ? Inutile de vous préciser ce que je pense du résultat de juin prochain dans cette circonscription.
J’ai une pensée ce matin pour François Hollande. Il y seize mois, au congrès du Mans, il refusait à Montebourg toute référence à la VIe république dans la motion de synthèse et l’excluait de fait de tout rassemblement. Aujourd’hui, c’est sa compagne qui fait de cette VIe république l’étendard de sa campagne. Je tire mon chapeau à Montebourg. L'actuel premier secrétaire va devoir compter encore un peu plus avec lui, et je l'espère, cesser quelques mesquineries qui ne l'honorent pas. J'ai appris en effet, que François Hollande avait refusé de faire meeting commun avec Montebourg à Nîmes, il y a quelques jours, exigeant que l'on décommande le député de la Bresse , pourtant invité avant lui, en échange de sa venue. Franchement, tout cela manque de hauteur. Si Ségolène Royal est élue, je lui promets bien du plaisir avec ce PS tel qu’il est à ce jour. Elle n’aura pas d’autre choix que d’imposer un nouveau premier secrétaire, en s’appuyant sur les militants qui l’ont investi, et de tourner la page des « jospiniens » ou « jospinistes », je n’ai jamais très bien su comment on les appelait. Moi, j’ai ma petite idée sur le profil de ce nouveau premier secrétaire, mais on verra ça plus tard…
18/03/2007
Stratégie et présidentielle
J’ai appris aussi que Pierre Mauroy, devant des militants du Nord, avait fait part de ses interrogations sur la façon de mener la campagne, constatant que Ségolène Royal devait-elle aussi résoudre l’équation que pour ma part, j’avais résolu en 1988, et que Jospin, (tout à son droit d’inventaire) a superbement raté en 2002 : comment rassembler l’électorat socialiste au premier tour de l’élection présidentielle pour mieux rassembler les français au second sans perdre ni les uns, ni les autres ?
Les socialistes sont également nombreux à se demander à quel jeu jouent Strauss-Kahn et Fabius ? Là, c’est simple : ils préparent le congrès qui suivra la défaite de Ségolène Royal, défaite que sauf événement improbable, donc imprévu, ils jugent inéluctable.
On a beaucoup reproché à Ségolène Royal de ne pas les avoir intégrés plus tôt à son équipe de campagne. Au mois de novembre et de décembre, nombreux étaient ses proches à lui conseiller de les employer. Elle refusait toujours. « Si on leur donne du pouvoir, ils s’en serviront contre moi » disait-elle alors. Moi, je dis qu’elle avait raison. Depuis, elle a fini par céder et regardez ce qui s’est passé cette semaine. Ce sont eux qui ont lancé ce ridicule débat stratégique sur Bayrou. « DSK » qui prépare ce que l’on sait et Fabius qui reste sur sa ligne de gauche. Cacophonie et désordre, voilà le résultat. Et bien évidemment, il ne faudra pas compter sur Hollande pour mettre de l’ordre, tout cela le sert. Bayrou, il ne sert à rien d’en parler. Au risque de paraître immodeste, je dirais qu’il faut juste se montrer plus mitterrandien que lui.
Voilà. Cette situation est assez horripilante. Je n’ai plus beaucoup d’illusions sur Le PS depuis que les « jospinistes », et leurs alliés ont mis la main dessus au, congrès de Rennes, mais là, trop c’est trop.
J’ai vu également que Jean-Pierre Chevènement avait compris que la montée de Bayrou était du à sa campagne « anti-système ». Quelle découverte ! Je rougis d’avoir à le rappeler, mais moi, j’ai toujours été un candidat « anti-système ». D’ailleurs, c’est toujours pareil. En 65, en 74, en 81, en 88: de Gaulle, Pompidou, Giscard, aujourd’hui Sarkozy, toujours le même système. La droite, son argent, ses medias, ses Duhamel. Et c’est un système haïssable. Souvenez-vous de la façon dont j’étais entré en campagne en 1988. Ma déclaration sur Antenne 2. J’étais le président de la République sortant. Ils pensaient tous que j’allais leur servir un filet d’eau tiède, et j’étais sorti de là après avoir dénoncé les « clans », « les bandes », « les factieux », « les partis qui veulent tout », bref, j’étais devenu le candidat-président "anti-système", j’avais doublé Raymond Barre sur son centre gauche et son ventre doit, et les français m’ont réélu pour cela. Au premier tour, les électeurs de gauche, qui je le crois, sont par définition des gens qui veulent que ça change, donc « anti-système », m’ont suivi. Et au deuxième, les français ont emboîté le pas. Ca n’est quand même pas la mer à boire que de le comprendre. Le candidat socialiste doit être par nature LE candidat « anti-système ».
C’est comme cela que Bayrou est entré en campagne et qu’il accompli sa percée en volant des électeurs socialistes. La méthode est infaillible, c’est la mienne. Ce qui est cocasse d’ailleurs, c’est que c’est Jean-Marie Cavada, homme de droite authentique, comme je le les apprécie parfois (ça n’est pas un bourgeois né avec une cuiller d’argent dans la bouche), qui a inspiré cette ligne à Bayrou.
Les socialistes ont un besoin urgent de réapprendre à haïr la droite plutôt que de se haïr entre eux; sinon, ils n’arriveront à rien.
Nicolas Dupont-Aignan ne peut être candidat à l’élection présidentielle. Je le regrette bien. Plutôt que de tenter d’empêcher Besancenot de recueillir ses 500 signatures (avec succès apparemment…), Hollande aurait du faciliter la candidature de Dupont-Aignan. Ce jeune homme talentueux aurait causé grand tort à Sarkozy. Il aurait pu jouer le rôle dévolu à Marie-France Garaud en 1981 contre Giscard. J’avais donné des instructions à l’époque afin qu’elle puisse se présenter et je ne l’ai jamais regretté. Encore un atout de perdu…
PS : Jospin a tenu meeting hier afin de soutenir Ségolène Royal. Il y avait 400 personnes m’a-t-on dit. C’est bien.
17/03/2007
Journalistes
Mon successeur a cru bon devoir éloigner les journalistes de sa personne. Il a eu grand tort. Ce sont des gens de cour qui s’ignorent, dont la compagnie peut être divertissante pour qui sait en jouer. N’étant plus lié par mes fonctions, je peux vous livrer aujourd’hui quelques petits secrets sur quelques uns d’entre eux qu’il m’est arrivé de croiser autrefois, et que j’ai souvent vu débuter.
Beaucoup d’entre vous se sont étonnés et indignés du comportement d’Arlette Chabot lors de sa réception de Ségolène Royal il y a deux jours. Moi non. Depuis 1995, je suis fixé. Il m’arrive de penser que certains de mes conseillers à la présidence de la République n’ont pas toujours eu le nez creux. Au début des années 90, certains d’entre eux sont intervenus afin de lui trouver un emploi à FR3, puis à Antenne 2. Arlette Chabot venait d’être remercié par TF1 privatisée et elle s’était érigée en martyr de la gauche audiovisuelle. Je n’ai jamais eu d’illusion sur son cas, mais je savais qu’elle nous serait redevable, au moins tant que nous serions aux affaires. Elle le fût d’ailleurs jusqu’à sa conversion au Balladuro-Sarkozysme en 1993. Sous mon successeur, « le naze » ainsi qu’elle l’avait élégamment surnommé, son amitié profonde pour Catherine Colonna lui a permis de survivre dignement au sein de la télévision publique. Cette campagne présidentielle lui offre une nouvelle occasion de démontrer à nouveau l’étendue de ses capacités en matière de promotion de Nicolas Sarkozy. De toutes façons, Arlette Chabot n’aime pas Ségolène Royal. Elle répète à qui veut l’entendre qu’elle « est vraiment méchante », ce qui venant d’elle, ne manque pas de charme.
Cela dit, Arlette Chabot m’ennuyait beaucoup. Trop scolaire. Je préférais de loin m’amuser avec Alain Duhamel et Jean-Pierre Elkabbach.
En 1981 après mon élection, ils furent privés de télévision pendant quelques temps. Ils l’avaient bien mérité. Durant cette période de mise au piquet, ils n’eurent de cesse de regagner mes faveurs par le biais de Jacques Attali. J’ai fini par céder. Tant d’empressement à me démontrer qu’au fond, ils m’aimaient bien, cela m’a touché. Je me suis donc arrangé pour qu’ils retrouvent une place décente. Ils en ont été reconnaissants. Je les ai même récompensés, de temps à autre en leur octroyant un dîner. Je leur disais n’importe quoi, sur n’importe qui, pour voir combien de temps cela mettrait à fleurir dans les échos de presse… Je leur demandais toujours (c’était aussi, je l’avoue, mon jeu favori avec Jean Daniel, quand il m’accompagnait en avion, lors de déplacements à l’étranger) : « Et vous, que feriez vous à ma place ? ».
Dans chaque éditorialiste, il faut le savoir, sommeille un conseiller du Prince qui ne cherche qu’à s’éveiller pour trouver son maître. Je voyais alors Alain Duhamel se gonfler d’une importance nouvelle, jusqu’à s’empourprer et risquer l’explosion. Elkabbach, quant à lui, roulait ses yeux en arrière et basculait dans la plus incontrôlable des extases. Une fois, honneur suprême, je les ai invités à assister au nettoyage de mon étang dans la Nièvre. Ils en étaient très heureux et je les ai traités en hôtes de marque, comme la fois où j’avais promené en forêt Michel Rocard, déguisé par mes soins en gentleman farmer façon Philippe Noiret, pour les besoins d’une photo lors de la campagne 1988. Imaginez leur journée : Levés à cinq heures du matin pour me rejoindre par une mauvaise route à Château-Chinon, le tout par une journée plutôt froide. Arrivés sur zone, rhabillage en conséquence : ciré jaune trop grand dans lequel on s’empêtre, bottes en plastique trop petites qui tordent les pieds et les chauffent en même temps (j’avais moi-même choisi avec méticulosité les vêtement adaptés). Enfin, obligés de contempler l’intégralité de l’opération (quatre heures…) de nettoyage au bulldozer. Pour des gens tels qu’eux, c’est inintéressant au possible. L’odeur qui se dégage de tout cela est pestilentielle, c’est sale, on patauge dans une boue immonde, mais ils ont fait mine d’être passionnés pour me faire plaisir. A un moment, j’ai eu le sentiment qu’ils s’enivraient d’un grand moment de l’Histoire de France. J’imaginais ce que devait éprouver Louis XIV lorsqu’il traînait ses courtisans assister au travaux de creusement du Grand canal de Versailles, au milieu des marais, harcelés par les moustiques et la chaleur accablante des étés d’alors. En tout cas, ils se sont dépêchés de rentrer à Paris afin de narrer combien ils étaient désormais proches de moi. Moi aussi j’ai conté cette histoire à mes proches et collaborateurs. Cela a bien fait rire Roger Hanin qui m’a souvent supplié de la lui répéter bien des années après.
Bref, voilà ce que sont les grands journalistes politiques français. J’espère un jour avoir l’occasion de vous parler de Franz Olivier Giesbert. Lui, je l’ai convié à Latché, et tandis qu’à la fin d’un fort bon déjeuner, il m’entretenait de Michel Rocard et autres fadaises, je me curais ostensiblement les dents avec mon couteau, et croyez-moi, c’est un métier.
16/03/2007
Royal, le PS, DSK, Hollande, mon successeur
Tant qu'à faire, il serait également utile de demander à Dominique Strauss-Kahn d'en faire un peu moins aussi. L'autre jour, il a été surpris à la terrasse de "l'Avenue", ce mauvais restaurant pour rastaquouères (comme on disait avant-guerre dans certains milieux) qui se situe avenue Montaigne à Paris. Il déjeunait là en compagnie de Jean-Pierre Elkabbach. Leurs voisins de table ont entendu toutes les sournoiseries proférées par "DSK" à l'encontre de la candidate socialiste, sournoiseries auxquelles Elkabbach a souri de bon coeur parait-il. Et je passe sur la multiplication des entretiens accordés par "DSK" où il explique que Bayrou doit se rallier à Royal compte tenu de leur proximité, ce qui sous-entend que le contraire est tout aussi possible et contribue à détourner des électeurs de gauche vers l'absurde vote Bayrou.
Strauss-Kahn aura beau faire, il sera toujours perçu par les vrais électeurs de gauche comme le candidat des patrons et donc des medias. J'ai également la faiblesse de penser que l'omniprésence à ses côtés d'Anne Sinclair le dessert. Quelle idée de s'afficher en couple durant la campagne interne du PS dans toutes les émissions télévisées de divertissement! N'est pas Clinton qui veut et nous ne sommes pas en Amérique... Tout cela, c'est un peu la faute de Lionel Jospin qui a toujours été trop gentil avec son ami Dominique. Ainsi, je me suis toujours demandé, lors de la campagne 2002, pourquoi Anne Sinclair assistait-elle aux réunions stratégiques du candidat socialiste dont le programme n'était pas socialiste? Elle n'était pas membre du PS (et ne l'a jamais été), et elle ne figurait pas dans l'organigramme officiel de la campagne . Moi, je n'aurais pas toléré cela. Et pour dire des bêtises dans ce genre de réunions interminables et inutiles qu'affectionnent les socialistes, il y avait déjà Moscovici.
Sinon hier, j'ai noté qu'on se demandait si mon successeur ne risquait pas de croiser le chemin de divers juges d'instruction dans les semaines suivant son départ de l'Elysée. Cette rumeur, venue a priori dont ne sait où, est assez distrayante. Rares sont les commentateurs à souligner que le justice française est aujourd'hui devenue un instrument sarkozyste puissant. On peut donc estimer à juste titre que Nicolas sarkozy s'impatiente de recueillir au plus vite le "soutien" de mon successeur...
15/03/2007
Sarkozy
Nicolas Sarkozy ne connait pas ce pays. Il en ignore la couleur. Il ne sait pas ce que c'est que de s'asseoir au bord d'un étang pour y observer un soleil couchant de printemps. Il n'a pas idée de ce que l'on peut éprouver à se promener dans une forêt dont l'on connait chaque arbre, chaque détour de sentier. Il néglige les cimetières de campagne, la lecture des dates sur les vieilles tombes. Il n'a jamais goûté au plaisir d'une errance recueillie dans les travées d'une église déserte. De la France , il ne connait que les préfets qui viennent lui rendre compte place Beauvau et lui raconter ce qu'il a envie d'entendre. Des français, il ne connait que des sondages qui lui racontent ce qu'il a envie de croire.
Il y a de cela quelques années, mon ami Jacques Chaban-Delmas m'a présenté un jeune homme un peu rond et jovial qui travaillait à ses côtés à l'Assemblée Nationale. ce garçon m'a salué de mon titre entier: "Bonjour M.le président de la république" en détachant bien les syllabes pour être sur de ne rien oublier. Ce Pierre Charon est aujourd'hui l'un des stratèges en communication de Nicolas Sarkozy. C'est un garçon amusant et talentueux, mais il appartient à la côterie qui, croyant faire son bien, contribue lentement mais surement à entrainer son leader vers une défaite inéluctable. C'est lui qui lui fournit le bataillon des vedettes qui sont censés le supporter. Clavier, Reno, Barbelivien... Comment croire que l'on va inciter nos compatriotes à voter Sarkozy en étalant sous leurs yeux la bêtise insondable de MM.Gyneco et Arno Klarsfeld? Il y aurait beaucoup à dire sur ce dernier. Je rappelle toujours à ceux qui l'ignorent que j'ai appartenu au même réseau de résistants que son grand-père, qui se prénommait Arno également. J'y reviendrai.
En tout cas, les Charon et consorts sont les meilleurs alliés de Ségolène Royal. Leur appréhension du pays à travers des sondages trafiqués pour leur complaire et les courbes d'audimat de TF1 va les perdre.
Dans ces conditions me direz-vous, Royal va l'emporter? Eh bien oui! seuls les socialistes aujourd'hui ne semblent pas conscients que cette élection leur tend les bras. C'est toujours pareil. Les français élisent celui qui leur raconte l'histoire qu'ils ont envie d'entendre, à condition qu'il soit légitime à le faire. Je l'ai toujours dit. Sarkozy leur raconte une histoire dont ils ne veulent pas. Le problème de Royal, c'est que pour l'instant, elle ne leur raconte rien. Il faut dire qu'elle n'est pas aidée. On me rapporte ainsi, anecdote emblématique, qu'à l'occasion d'un débat organisé par "le Figaro" sur les problèmes de la famille, le représentant socialiste Patrick Bloche (1er secrétaire fédéral de la fédération de paris tout de même) s'est vanté de sa méconnaissance des propositions de sa candidate en la matière. C'est même son adversaire UMP, Valérie Pécresse, qui lui a donné avant le débat quelques éléments sortis du pacte présidentiel de Ségolène pour qu'il ne soit pas ridicule. Et Bloche de se gausser (avec ce petit rire grinçant qui le caractérise) sur le thème "De toutes façons, on n'aura pas l'occasion d'appliquer tout ça..." De mon temps, je n'aurais pas laissé cela impuni. Mais François Hollande passe plus de temps à ne pas prendre de décision qu'à agir pour que sa compagne soit élue. Il pense qu'elle sera battue et prépare le congrès suivant. Hélas pour lui et pour le PS, Hollande se trompe beaucoup et souvent.
A la fin 1994, il tentait régulièrement de me convaincre que Jacques Delors serait candidat à l'élection présidentielle. Il me divertissait beaucoup à l'époque. Aujourd'hui, je trouve son bilan à la tête du parti Socialiste moins réjouissant.
14/03/2007
La télévision et la droite.
Je m'explique. En 1965, en 74 en 81, en 88, à chaque élection présidentielle, j'ai toujours clamé que la télévision, les radios, les journaux étaient vendus à la droite. D'abord c'était vrai, même si ces temps derniers, j'en viens à considérer que de Gaulle et Pompidou étaient des amateurs comparés à Nicolas Sarkozy. En deuxième lieu, en me livrant à ces attaques frontales, je créais un rapport de forces qui les obligeaient à me respecter un tant soit peu. Regardez Bayrou. Quand il a pris d'assaut TF1, nombreux sont ceux qui se sont dit: "Mon Dieu, ils vont le massacrer!" Et à l'arrivée que voit-on? Il est invité toutes les semaines dans le journal de Mlle Chazal et quand il réclame une heure vingt d'émission à 20h30 au lieu d'une heure tout court, TF1 lui accorde.
Je dois également noter quer TF1 est finalement moins malhonnête que France 2 dans cette campagne. Je connais trop bien Patrice Duhamel, qui est le vrai patron du service public. (Carolis est un zozo...). Il n'a pas changé depuis le temps où il officiait à la tête du service politique de Tf1, en 1981, et où il allait prendre ses ordres directement à l'Elysée de M.Giscard d'Estaing. Je sais, petite anecdote en passant, qu'il a fait installer sur le plateau de l'émission d'Arlette Chabot, "A vous de juger" un téléphone qui lui permet de joindre cette dernière à tout moment afin de lui donner des directives, des directives qui très vraisemblablement, n'avaient pas pour objectif de causer du tort au ministre de l'intérieur. Il espère ainsi ne pas se faire prendre la main à l'oreillette comme Elkabbach en son temps... Le système a bien fonctionné lors des deux passages de Sarkozy. Je le dis ici en espérant que quelqu'un préviendra Ségolène Royal.
13/03/2007
Mon successeur
Les éditorialistes politiques français n'ont décidément pas beaucoup progressé ces dix dernières années. J'en veux pour preuve le formidable talent qu'ils ont employé à ne pas comprendre le sens réel de son intervention ce dernier dimanche. Tant de subtilité déployée à évoquer une France refusant les extrêmes, une France unie, une France refusant les aventures inconsidérées, une France ouverte sur le monde et ses changements, une France prête à jouer son rôle éternel face aux grands défis du 21e siècle; bref, un discours invitant clairement à voter Bayrou et même Royal, et tout cela en pure perte. Nos brillants journalistes n'y ont vu que les adieux d'un président en fin de mandat.
Moi, j'ai apprécié cet exercice de haute volée. Je m'y suis même retrouvé. Cela m'a rappelé les européennes de 1994, quand je m'étais amusé avec Michel Rocard. Je constate aujourd"hui que mon successeur m"imite, une fois de plus. Franchement, je plains Nicolas Sarkozy. Je connais bien les gaullistes. Il n'a pas fini de souffrir dans les semaines qui viennent. On me dit que certaines officines tiennent tout prêt un dossier sur les affaires de son père. Ils ne changeront jamais.
10/03/2007
Il est temps...
Il arrive un moment où il fut bien tenir les promesses faites aux français. J'avais dit en son temps que je croyais aux forces de l'esprit et que je ne vous quitterai pas. Il est temps d'honorer ce rendez-vous. La où je suis, je peux observer à loisir la campagne présidentielle actuelle, et, je dois le confesser, je suis très courroucé par ce que je vois, ce que j'entends, ce que je lis. Bien qu'il m'en coûte (ici, j'ai bien des choses à faire), j'ai décidé qu'il était temps pour moi d'intervenir. J'ouvre donc ce "blog", puisqu'il paraît qu'aujourd'hui c'est le meilleur moyen de se faire entendre dans la France de MM.Sarkozy-Namias-Elkabbach et autres. Me voici "câblé" de nouveau et sans besoin de Mourousi...
Dès demain, je m'attèle à ma nouvelle tâche: aider Ségolène Royal à gagner cette élection présidentielle. Certes, je ne vous cache pas que la voir ainsi représenter le Parti Socialiste constitue pour moi une sorte d'étonnement. Mais que voulez-vous! Les socialistes sont incorrigibles. Je plains Laurent Fabius qui avait presque toutes les qualités pour y arriver. Mais bon... Tant qu'il n'aura pas convaincu que son humanité n'est pas feinte, rien ne sera possible. Cela dit, laissons là les regrets. L'heure est au combat. Si vous saviez comme je suis agacé de voir de quelle façon cette campagne se déroule. Il m'est même arrivé de regretter que François Bayrou ne fût pas socialiste. C'est vous dire! La charge contre TF1, il fallait l'oser. Il faudra bien que l'on m'explique un jour la frilosité des socialistes à ce sujet. Moi, je n'ai jamais rendu mon épée à M.Poivre d'Arvor.Ce Bayrou a du panache pour un centriste (comparé à une borne comme Méhaignerie évidemment...), il fait ce que Ségolène Royal aurait du faire... Enfin...
D'ici, je le répète, je vois tout, j'entends tout, je lis tout; bref, je sais tout. Les mauvaises langues (de droite, mais aussi hélas, de gauche...) qui me liront dans les semaines qui viennent diront sans doute que pour une fois, je n'ai pas besoin des écoutes de mon fidèle Prouteau pour y parvenir. Qu'elles se méfient. Je vais tout dire, tout écrire, y compris sur elles...

