17/04/2007

Saison et force tranquille; peuple de gauche et deuxième gauche

C’est une sensation indéfinissable, comme si l’on tentait de saisir l’humeur de ce printemps si prometteur. Comment vous dire ? Comment vous faire respirer ce parfum si particulier, cet indicible sentiment venu de ce que soudain, le monde qui vous entoure, et dont vous désespériez ; soudain, ce monde change ? Le chant des oiseaux le matin, les bruits de la ville, les cris des enfants qui jouent dans la rue, le plaisir de marcher le soir, et de se sentir caressé par cette petite brise qui précède l’entrée dans la nuit, cette petite brise porteuse d’espoir, qui s’immisce en vous délicatement, vous soulève et vous transporte tranquillement vers le rivage de vos songes et qui murmure, rien que pour vous : « oui, quelque chose change ».
Comme je vous l’avais dit ici, il y a quelques jours, le cours des choses s’inverse. Les Français se sont éveillés. Ils choisissent. Ce qui est écrit d’avance ne l’est plus. Pas besoin de sondages pour le sentir, le vivre. Il y a des détails qui ne trompent pas. Regardez tous les panneaux électoraux de France. N’est il pas étonnant de noter que les affiches de deux candidats sont systématiquement lacérées (ce qui n’est pas souhaitable, je le dis, et ne m’en réjouis pas), et il ne m’est pas nécessaire de vous donner les noms de ces deux candidats. Vous savez de qui je parle, et vous savez d’instinct pourquoi ils sont les victimes de ce regrettable phénomène.

Ecoutez autour de vous l’écho des conversations. Entendez ces Français qui disent, chaque jour plus nombreux, qu’ils ne veulent pas de Sarkozy, que cet homme leur fait peur. Entendez même, ces électeurs de droite désemparés, ces républicains sincères, affolés d’assister à la dérive personnelle, psychologique et idéologique, de celui qui porte leurs couleurs, et qui hésitent à lui accorder encore leur suffrage, quand ils n’ont pas décidé, déjà, de le lui refuser.

Ségolène Royal se met au diapason de cette France, qui irrésistiblement s’offre à elle. Je n’ai nul contentement personnel à la voir évoquer cette force tranquille qui est désormais sienne. Mais il faudrait être aveugle, aujourd’hui, pour ne pas voir qu’il flotte sur ce pays un parfum de 1981. Qu’au discours d’affolement, de peur, de division, de haine, martelé chaque jour par la Droite et sa presse aux ordres du mur de l’argent, s’oppose désormais la tranquille résolution d’un peuple qui ne veut pas se faire rouler. « L’amour est une accélération de la vie » disait Chardonne. Eh bien moi ! J’aime ce peuple. J’aime ce peuple qui n’est jamais aussi fier que lorsqu’on le dit veule. J’aime ce peuple qui se redresse toujours quand on le dit avili. J’aime ce peuple à la force d’âme constamment renouvelée. La force tranquille, c’est le peuple de France.

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Après Rocard, Kouchner, Allègre, nous avons eu Cohn-Bendit… Le vent de l’Histoire va emporter ces fétus et leurs marottes centristes avec. Mais tout de même, que ces gens auront fait mal à la gauche ces deux derniers jours… Ils n’ont jamais compris ce que signifiait le peuple de gauche. Ils n’ont jamais admis que les socialistes sont les derniers défenseurs des classes populaires, loin des chimères de l’extrême gauche qui ne leur promet rien et ne leur donnera jamais rien, hormis le fulgurant exutoire d’un vote de protestation aussi vain qu’inutile. On le voit bien dans cette campagne, à quoi servent les Besancenot et autres ? A quoi servirait le parti socialiste si il abandonnait définitivement les électeurs de cette gauche là ? A quelle perspective les condamnerait-il ? Au rien. Au vide. Au néant.
Quand je pense au peuple de gauche, il me revient le souvenir d’une brève rencontre ; il y a quelques années sur le pont Alexandre III à Paris. Je me promenais là, en compagnie d’Anne Lauvergeon, un soir de printemps comme celui que nous vivons ces jours ci. Là-dessus, un livreur en scooter s’arrête à côté de nous. Il descend de son engin, farfouille dans son coffre et vient à nous en me tendant un exemplaire fatigué de mon livre « l’abeille et l’architecte ». « Je savais que je vous croiserais un jour dans Paris, me dit-il, et j’ai toujours ce livre avec moi pour vous le faire signer ».

Je mes suis exécuté de bonne grâce et, j’ose le dire, j’ai été touché de cette attention. Ce fut pour moi l’un de ces petits moments de vie où l’on se dit que l’on a pas été inutile à la vie des autres.

16/04/2007

Dires et médire, Alliance et arithmétique

 Dans le clan de Nicolas Sarkozy, les ambitions s’éveillent. Aussi aveuglés que leur maître, les membres de la meute s’ébrouent déjà et font savoir qu’ils seront récompensés. Ainsi, madame Roselyne Bachelot fait-elle savoir aux éventuels postulants au ministère de la santé qu’elle en sera l’occupante passé le 6 mai. Elle ajoute même, que « Nicolas », lui a promis. Cette femme est désarmante de naïveté, c’est ce qui fait son charme, et elle a de l’esprit comme une rose. 

 Je l’avoue : je suis bien  perplexe quand je me laisse aller à examiner les « personnalités »  qui aspirent à devenir membre du premier gouvernement du candidat de l’UMP, au cas où, par inadvertance française, il serait élu.

 Fillon ? On le connaît, mais on ne le reconnaît pas.

 Copé ? Il n’est pas arrivé, mais parvenu.

 Borloo ? On le dit profond, mais il n’est que creux.

 Douste-Blazy ? Son mal est de croire qu’il peut tromper les autres, et que les autres ne peuvent le tromper.

 Estrosi ? Dans son zèle, il entre trois quarts de bêtise.

 Hortefeux ? Il fait un métier bête et il le fait bêtement.

 J’arrête là. Je ne voudrais pas que l’on me reprochât de me soustraire à l’indispensable débat d’idées, comme on le dit désormais, et de me livrer à d’horribles attaques personnelles, même si l’exercice, admettons le, est d’un commerce assez agréable.

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 Réglons une fois pour toute cette histoire « d’alliance » avec l’UDF. Quel que soit le résultat du 6 mai au soir, les élections législatives qui suivront consacreront l’éclatement et la fin de l’UDF, de telle sorte que cette question, soulevée par Rocard et Kouchner, ne se posera plus.

 Je m’explique.

 Le candidat centriste obtiendra peut être 15 à 18 % des suffrages ce 22 avril, et pour contenter ceux qui le soutiennent, je peux même lui en accorder 20. Peu importe, il sera éliminé du second tour, et ce succès sera ramené à sa vraie dimension politique. L'effet Bayrou est un trompe l’œil pour les gogos, pointé par des zozos.

 François Bayrou dispose aujourd’hui de 27 députés sur les 577 que compte l’assemblée Nationale. Ce sont des élus de droite, arrivés là par la grâce d’implantations personnelles réussies et par l’octroi des voix des électeurs de l’UMP (je ne pense pas qu’en 2002,  des voix socialistes se soient portées sur M.Hervé Morin dans l’Eure par exemple). 

 Si Royal est élue, l’effet sera tel que la victoire d’une majorité de gauche en juin sera inéluctable. Je n’imagine pas des candidats socialistes, investis par la PS dans les circonscriptions UDF des 27 députés sortants, renoncer à disputer une élection où ils auraient toutes leurs chances. La Gauche n’aura pas besoin de M.Bayrou et ses troupes squelettiques pour gagner les élections législatives. Au contraire, il faudra profiter de l’occasion pour rayer l’UDF de la carte électorale, afin que la tentation de « troisième force » retourne définitivement aux oubliettes de l’Histoire (et avec ses défenseurs, si possible).

 Si Sarkozy est élu, faites lui confiance pour exercer une pression telle sur les derniers rangs de députés centristes, que bon nombre d’entre eux finiront par se présenter devant les électeurs avec une très belle étiquette UMP accrochée dans le dos. Je suis prêt à prendre le pari, que dans ce cas de figure, les centristes se retrouveront à cinq ou six élus, et ils auront bonne mine face à leurs 400 collègues de l’UMP.

 De ce qui précède, vous pouvez donc conclure avec moi que la question de « l’alliance » au centre n’a pas de raison d’être. Interrogez-vous, en conscience, sur les raisons qui ont poussé des socialistes à agiter ce triste chiffon ces deux derniers jours.

15/04/2007

France, douceur de vivre et Royal; Kouchner et notoriété

    Pas de jour sans que je n’écrive. Pas de jour sans jeter sur le papier quelques notes fugaces, manuscrites, fragments de la vie qui passe, du temps qui s’écoule, reflets de ce que j’ai aimé, l’espace d’un instant ou d’une heure. Ces écrits sont, je n’en ai jamais douté, comme les songes nous traversant la nuit, une illusion lyrique. 

  J’hésitais souvent à coucher sur une feuille le souvenir d’un rendez-vous. La traversée de Paris, au soleil couchant de mai, la découverte d’un trottoir inconnu bientôt familier, le porche chargé de mystère d’un immeuble, le piège des double portes grillagées d’un vieil ascenseur en bois de noyer, le contact feutré des pieds sur le tapis dans l’escalier, la porte d’entrée. La chaleur des commencements, la moiteur des recommencements, l’aube renaissante, les départs fugitifs. Le deuil enfin, de ces si longues secondes que l’on souhaiterait éternelles…

  La France est une douceur de vivre. C’est ainsi que je l’ai toujours suscitée. Au cours de mes promenades parisiennes, il me plaisait à penser que le sol que je foulais portait le souvenir des générations passées là, bien avant moi. J’éveillais pour moi-même ces endroits livrés désormais aux automobiles, mais autrefois lieux de rendez-vous, comme ces berges de la Seine, voisines de ce qui est aujourd’hui l’avenue Montaigne. Qui sait, de nos jours, qu’avant la révolution française, les mœurs étant plus libres, on se retrouvait là, parmi les roseaux dissimulateurs, enveloppé par la lumière de l’été ?

  Oui, ces délicates réminiscences m’évoquent la France et sa douceur de vivre.

  Par une étrange association d’idées, je songe à tout cela contemplant la métamorphose de Ségolène Royal, qui s’opère lentement, là,  sous nos yeux, depuis quelques jours, et sans que les observateurs attitrés ne le remarquent. Cette candidate ressemble à la France. Au fil de cette campagne, elle s’innerve de ce pays et de ses passions profondes. Ce pays qui aime la vie, ses menus plaisirs, ses journées, ses saisons, ses pierres. Ce pays sont je persiste à dire qu’il ne veut pas qu’on le divise, en réveillant des divisions religieuses, morales, corporatistes, qui doivent appartenir à son Histoire. Ce pays qui ne peut accepter un petit prince qui mesurerait sa grandeur à l’aune des flatteries que sa cour lui dispenserait, déguisant de la sorte les bornes étroites de sa puissance.

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  Après Rocard, Kouchner y va de son appel à l’alliance avec Bayrou… Que dire ? Je connais bien Kouchner, le drame de sa vie, c’est qu’il aime qu’on lui parle de lui. Pour se faire entendre, il est capable de tout et de n’importe quoi. S’il ne voit pas à la télévision, il se croit devenu aveugle.

14/04/2007

Rocard et peuple de gauche, Sarkozy et bel esprit

  Je viens de terminer la lecture du rapport de Michel Rocard consacré à Internet et que Ségolène Royal lui avait commandé pour l’occuper dans cette campagne. A vrai dire, je n’ai pas tout lu, le style et le vocabulaire m’ont très vite rebuté. Le problème de Rocard, c’est qu’il écrit comme il parle, et dans les deux cas, cela provoque inévitablement l’ennui. J’en reste cependant à mon dernier jugement sur sa personne. Il aurait fait un très bon secrétaire d’Etat au PTT, et Ségolène Royal, en lui confiant ce rapport important, à la mesure de ses compétences, lui avait fourni généreusement l’occasion de participer à sa campagne de façon éclatante. Hélas, ce travail terminé, et l’esprit de Rocard libre de réfléchir à ce que bon lui semble, il ne pouvait que retourner à son éternelle marotte, l’alliance avec les centristes. 

 Je note que Rocard a choisi son moment pour lancer son appel. Le jour où Royal est en déplacement à Belfort avec Chevènement, le jour où, enfin, elle concentre ses flèches sur Sarkozy, le jour où le courant s’inverse, le jour où la gauche réalise que la victoire est à portée de mains.

  Disons le nettement. Rocard se venge de son petit congrès de Metz de 1979, de son « ouverture » ratée de 1988, et de sa désastreuse campagne des européennes 1994. Comment peut-il ignorer, qu’en lançant un appel pareil, il encourage définitivement certains électeurs socialistes, un instant tentés par le vote Bayrou, et en passe de revenir à Royal, à rester in fine chez Bayrou ?

 Au-delà même de cette simple remarque de circonstance, et de bon sens, Rocard n’a jamais compris que la construction d’une majorité de gauche réelle signifiait que l’on rassemblât une majorité politique identique à la majorité sociale du pays. Sa stratégie socialo centriste écarterait de toute majorité, de tout accès à la représentation aux affaires, les électeurs de la gauche laborieuse et populaire, les ouvriers, employés, petits salariés, les déclassés, abandonnés, exclus, tous gens qui n’auraient plus comme seul exutoire que de se manifester par des votes de désespoir, extrémistes et jusqu’auboutistes, une situation, qui, a long terme, engendrerait une crise majeure et violente dans ce pays. Est-ce vraiment cette perspective que les Socialistes veulent offrir à la France ? Non. Les héritiers de Jaurès et de Blum ne doivent pas se détourner de ceux pour lesquels ils ont inventé l’idée socialiste, et ce, dans le seul but de s’offrir le plaisir masochiste de se voir accorder des images et bons points par Alain Minc, Jacques Barrot, Alain Duhamel, Jacques Julliard, Olivier Duhamel et les « Gracques », ces gens dont l’avis compte, certes, dans le 7eme arrondissement de Paris, mais beaucoup moins en banlieue, dans le Nord, la Lorraine et partout où la détresse sociale se répand.

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 Paris bruisse de rumeurs, ces temps-ci, relatives au caractère parfois rugueux du candidat de l’UMP. Je n’ai, pour ma part, qu’une seule anecdote à vous conter ce jour, mais tout bien réfléchi, je la juge utile à verser au débat.

 En novembre 2002, lors de la préparation du congrès constitutif de l’UMP, ce congrès qui intronisait Alain Juppé successeur potentiel de mon successeur, Nicolas Sarkozy cherchait désespérément un moyen de voler la vedette à son ancien patron. Il avait donc imaginé de faire une entrée triomphale dans la salle du congrès, remontant les travées sous un tonnerre d’applaudissements, salué par des vagues d’acclamations censées évoquer les triomphes romains d’antan. L’un des collaborateurs d’Alain Juppé, averti, fit capoter le défilé sarkozien, puiqu'il était hors de question que la vedette fut volée à Juppé. Informé de cette contrariété, celui qui était à l’époque ministre de l’Intérieur exigea de rencontrer le coupable, qui lui confirma qu’il ferait son entrée au congrès par la porte de derrière, comme tout le monde et Raffarin. Son ton était mesuré et ferme, mais dénué d’agressivité. D’un seul coup, il se retrouva projeté en arrière, contre le mur de la pièce, par une petite main ferme et nerveuse. Il en était à peine revenu, qu’un poing vengeur venait lui heurter la poitrine, tandis qu’une voix rageuse, étranglée par la colère, le menaçait de tous les maux de la terre, le tout assorti d’injures aussi subtiles que délicates, et que je vous rapporte avec regret, croyez le bien, telles que « connard » ou encore « je te ferai la peau un jour ».

 Vivre au quotidien aux côtés d’un tel homme est sans nul doute une épreuve redoutable. Je peux comprendre les esprits libres qui s’en dégagent lorsque l’insupportable est atteint. Je ne souhaite pas aux Français cette cohabitation là, car ils seraient liés pour cinq longues années et ne pourraient s'en évader.

13/04/2007

Femmes et politiques

 J’ai déjà eu l’occasion de citer ici ce vieil adage de Talleyrand : « La politique, ce sont les femmes ». 

 Il serait survenu, il y a soixante douze heures, un événement important dans la vie d’un candidat à l’élection présidentielle. Un de ces événements qui vous affecte, et qui exige de celui qui l'endure, une totale maîtrise de son être. Si cette maîtrise vient à manquer, l’individu en souffrance peut en arriver à accomplir des actes bien étranges en apparence, pour tous ceux qui ignorent ce qu’il en est de sa vie intime et de sa détresse. Grande est la tentation, pour celui qui subit, de s’en prendre à la terre entière et d’entretenir pour lui-même l’illusion qu’autrui est responsable de ses malheurs.

 Je laisse le soin à la presse d’accomplir sa tâche dans les jours qui s’ouvrent devant nous.

12/04/2007

Victoire et intuition, TF1 et retraites

   S'ils veulent vraiment que leur candidate soit élue présidente de la république, les socialistes doivent lui laisser l’entière détermination de sa campagne. Elle seule doit décider, elle seule doit engager, elle seule doit trancher. Il n’est plus temps de se laisser corrompre l’esprit par les experts en études d’opinion et conseillers en thématiques de campagne. Il survient un instant dans l’élection présidentielle où le candidat a, d’instinct, l’intuition que le cours de l’opinion bascule, et ce, bien avant les sondeurs et autres communicants. C’est un état d’esprit indéfinissable, une légèreté d’esprit indescriptible, la conscience d’être en plein accord avec soi-même et le monde qui vous entoure, la prescience de ce que sera au final, le résultat. Depuis hier, croyez-moi, Ségolène Royal sait ce que sera son destin le 22 avril au soir, et très vraisemblablement au soir du 6 mai.

 Je parle d'expérience. En 1965, on ne pouvait battre de Gaulle, même moi. En 1974, en dépit des apparences, j’ai su très vite que la victoire me serait refusée, et je n’avais guère d’illusions au soir du premier tour. En 1981, j’ai vu quinze jours avant le premier tour que j’allais être élu. En 1988, dès le départ, la défaite était inenvisageable. 

 Les derniers jours qui viennent de s’écouler, et les trois ou quatre qui s’ouvrent devant nous, sont les plus déterminants. Oui, Ségolène Royal a raison de dire enfin ce qui doit être dit sur le candidat UMP. Oui, il faut chaque jour souligner sa brutalité, sa violence, son instabilité mentale. J’observe chacune des interventions de Nicolas Sarkozy. Contrairement à ce qu’il croit, le fait d’avoir des interlocuteurs apeurés ou serviles, lors de ses prestations télévisées ou radiophoniques, le dessert. On ne voit plus qu’un homme qui s’égare, sans garde-fou. Il s’enferre dans les théories médicales et psychologiques fumeuses que lui ont soufflées des hurluberlus de l’INSERM. Et il commet la même erreur que Georges Marchais en son temps. En politique, il ne faut jamais jouer à faire peur avec soi-même. La France n’aime pas avoir peur.

 Royal a désormais entres ses mains la maîtrise de son destin. Qu’elle laisse François Hollande à sa jalousie, à son dépit, à ses emportements d’enfant privé de sa peluche. Il ne sera pas élu par procuration, il serait temps qu’une âme charitable se dévoue pour le lui expliquer. Elle ne doit écouter que son intuition. Tenez, je me souviens qu’en 1988, Jacques Pilhan, avant que ne débute ma campagne, m’avait suggéré de ne pas faire de meetings. « Pour l’opinion, vous êtes président, vous ne devez pas faire comme les autres qui ne le sont pas » me disait-il pour me convaincre. J’ai refusé de l’écouter. Si j’avais fait cela, ce que lui dictait ses saintes études d’opinion, les français m’auraient sanctionné.

 Un dernier conseil : que Royal continue de s’appuyer sur ceux qui lui sont fidèles depuis le début. Que Dray et Bianco, Chevènement et Montebourg continuent inlassablement leur tâche. Ce sont les voix qui portent. Les Français les écoutent, parce qu’à l’instar de Royal, ils apparaissent en hommes libres, détachés des contingences du PS. Qu’ils continuent, oui, eux et tous ceux qui sentent que la victoire se joue dans les quatre jours qui viennent, ici et maintenant.

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 Je suis avec passion les mises à la retraite ordonnées par Nicolas Sarkozy sur TF1. Et comme ce jour, je suis d’humeur badine, je vais vous livrer, non sans gourmandise je l’avoue, la liste des prochains départs de la chaîne Bouygues : Robert Namias, Jean-Claude Dassier et… Patrick Poivre d’Arvor. Pour ce qui est de ce dernier, me direz-vous, il a annoncé lui-même la date de son départ à 2012. Certes, mais n’est ce pas là aveu de faiblesse de la part d’un homme qui nous avait toujours juré qu’il ne révélerait pas la date fixée par lui-même pour son départ ? Cette façon de procéder me fait penser à ces célèbres mots de la du Barry sur l’échafaud : « encore un petit instant monsieur le bourreau… » Chez Poivre, qui se juge immortel, l’instant se mesure par tranches de cinq années, mais je rassure tous ceux qui ne l’aiment pas : bien qu’incarnée au cinéma par la délicieuse Martine Carol, le bourreau n’a pas écouté la du Barry.

11/04/2007

Presse et UMP, Hollande et sa conscience

  Semaine après semaine, jour après jour, heure après heure, les journalistes français les plus en vue tissent la toile qui pourrait, si le peuple ne se réveille pas, amener Nicolas Sarkozy au pouvoir, et pire encore, l’y maintenir pour longtemps. Je ne sais s’il s’agit d’un complot orchestré, les journalistes sont par définition trop bavards, mais ce que je vois, ce que j’entends, ce que je lis, tout cela me m’entraîne à penser que oui, les grandes plumes de la presse nationale ont choisi leur camp. 

 J’en connais certains puisque je les ai pratiqués moi-même à une certaine époque. Giesbert et ses courbettes qui ne servent qu’à justifier des guillemets faciles, qui se fâche avec vous pour mieux quémander votre pardon ensuite. Duhamel et Elkabbach, qui sont les derniers avatars du giscardisme et que j’ai eu la faiblesse amusée d’utiliser à mon tour… J’ai déjà évoqué ces figures là, et je ne nourrissais guère d’illusions à leur sujet. Ils détestent Ségolène Royal car elle ne les considère pas, leur activisme destructeur contre elle ne me surprend pas.

 Non, ce qui m’étonne surtout dans cette campagne, ce sont ces journalistes, parfois venus de la gauche et qui passent leur temps à se poser en avocats zélés de Nicolas Sarkozy. Les Askolovitch et consorts. Ces plumes brillantes qui expliquent que le candidat de l’UMP peut inventer la pédophilie et le suicide congénitaux, mais que cela n’est pas grave, puisqu’il n’est pas Le Pen, comme si c’était là le sujet du débat. Ce sont des avocats si prompts à réagir que cela en devient suspect.

 Je l’ai toujours dit, là où l’argent règne, il ne faut pas s’étonner des effets qu’il produit.

 Regardez le cas de M.Apathie par exemple. Qui se souvient qu’il a débuté à « Politis » ? Qu’il portait des blue-jeans usés et des pull-overs à faire frémir ? Qu’il se posait en homme de gauche, prêt à donner des leçons de pureté idéologique sur ma façon de gouverner ? Pas grand monde en vérité. Quinze ans plus tard, le costume est de beau tissu, la chemise de soie, le ventre de notable. Quinze ans plus tard, les leçons portent sur la nécessité de s’en remettre au marché, au libéralisme. Quinze ans plus tard, employé d’une très grande radio privée, on se produit chez Fogiel et Denisot, là où l’argent coule pourvu qu’on dise ce que les employeurs ont envie d’entendre. Quinze ans plus tard, on invite Besson, Allègre, mais on oublie Begag. Tout cela au nom du pluralisme sans doute…

 Il se trouve même des éditorialistes complaisants pour remettre en cause le principe de l’égalité de temps de parole entre candidats durant les quinze jours que dure la campagne officielle. Ils se font les relais complaisants de ce maître, étalon des talents d’avenir de l’UMP, le nouveau Debré, Jean-François Copé, qui juge que ce dispositif prive ainsi les français de la profondeur de sa pensée glougloutante. Giesbert y est allé de son petit couplet et M.Barbier a dit la même chose. L’un condamne cette mesure « délirante » et l’autre estime que cette méthode est « stupide ». Moi, ce que je peux en dire, c’est que j’ai été bien content de bénéficier de ces dispositions pour la campagne 1965. C’est à cette occasion que j’ai découvert la télévision, puisque jusque là, seuls de Gaulle et ses vassaux pouvaient s’y produire. Ca n’était pas facile d’ailleurs. Les techniciens de l’ORTF chargés de la campagne étaient encartés à l’UNR, et même au SAC pour certains. Ils nous parlaient comme à des chiens, multipliant les mesures de sabotage. Mais au moins, nous pouvions nous faire entendre de la population. On a bien fait d’inventer cette règle, et compte tenu des inclinations de M.Sarkozy et de l’état de la télévision française, je suis heureux qu’elle subsiste encore. Qu’il existe cependant, des plumes réputées illustres, et prétendant descendre en ligne directe de Tocqueville, pour remettre en cause une mesure de bon sens, cela me laisse pantois.

  Bref, la conclusion de tout ce qui précède s’impose d’elle-même : tous ces journalistes, insidieusement, sournoisement, sont en train de ramener l’information de ce pays à ce qu’elle était sous de Gaulle et Pompidou. En pire.

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 François Hollande, me dit-on, se montre ces jours-ci de plus en plus nerveux. Il s’en prend dans le secret de son bureau aux responsables de la campagne de Ségolène Royal. Comme si il entendait se déposséder par avance d’une responsabilité qui n’est pas sienne. Pourtant rien n’est joué encore, tant d’indécis restent à convaincre. Je n’arrive plus à discerner dans l’esprit de François Hollande ce que peut être son choix le plus cher quant à l’issue de cette campagne. En l’espèce, je crois que le mieux justement, c’est de ne pas savoir.

10/04/2007

Lévy et Royal, Frederic II et Sarkozy, Rozès et Sciences-po

  J’ai lu, je ne sais plus où, que j’étais bien silencieux sur le cas de Bernard Henri Lévy, et que cela suscitait bien des interrogations. La réponse à cette question coule d’évidence et je peux la livrer ce jour. J’attendais qu’il se décide à dire publiquement ce qu’il disait en privé. C’est fait. 

  Nous avons eu de nombreux désaccords, je préfère ne pas y revenir. C’est un homme qui peut en agacer quelques uns, mais il peut aussi en entraîner beaucoup. C’est un homme qui peut susciter de nombreuses haines, mais il peut aussi faire aimer les causes qu’il estime justes. Je le dis d’autant plus, que ce talent s’est exercé, parfois, contre certains de mes choix qu’il ne comprenait pas.

  Connaissant Lévy, je mesure combien ce choix a dû lui apparaître ardu. J’imagine les atermoiements, les tergiversations, les supputations. Comme moi, il estime que les « droits humains » de Royal sont un concept un peu étrange, et il marque son inclination pour les Droits de l’homme, héritage des lumières. Comme moi, il estime que Royal est parfois un peu raide, et il aimerait la voir plus souple. Je ne pense pas qu’on puisse lui reprocher d’avoir émis ces réserves et de la soutenir aujourd’hui, à moins d’être sot. Ou malhonnête. Ou les deux.

  Je préfère savoir Lévy (avec tous ses défauts) derrière Ségolène Royal plutôt que piteusement rangé derrière le candidat de l’UMP, dont les récentes déclarations donnent bonne mine à Gallo, Gluksmann et les autres. Je suis sur que ces derniers auront beaucoup de choses à dire sur la pédophilie innée et le suicide lié au génétique. Je gage que ces futurs développements entreront dans l’Histoire des idées.

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   A ce sujet, les commentateurs de cette élection présidentielle devraient se pencher sur une expérience menée au 12e siècle par l'empereur Frédéric II de Hohenstaufen. Ce souverain, brillant pour son époque, était doté de conceptions sur la nature humaine aussi évoluées que celles de M.Sarkozy aujourd’hui. Il était ainsi persuadé que les enfants étaient dotés d’un langage universel dès la naissance, l'Hébreu supposait-il, et que seule l’éducation prodiguée par les parents les détournait de l’emploi de ce langage. Il se mit alors en tête de prouver la justesse de son intuition. Il fit donc enlever une trentaine de nouveaux nés à leurs mères et les confia à des nourrices impériales. Ces nourrices reçurent des consignes strictes. Afin de permettre aux enfants de laisser se développer le langage universel inné, elles ne devaient jamais leur adresser la parole, ni leur prodiguer le moindre geste d’affection. Elles devaient uniquement les nourrir à heures fixes, dans le silence le plus absolu, et sous la surveillance de gardes. Le résultat fut très éloigné de l’ambitieuse théorie de échafaudée par Frédéric, et il y a là matière à réflexion sur le rôle du détenteur de la puissance publique lorsqu’il se pique de connaissances scientifiques. Une petite partie des enfants devint autiste, les autres, les plus nombreux, moururent.

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 Qui nous débarrassera des exposés télévisuels et radiodiffusés de M.Rozès de l’institut de sondages CSA ? Qui mettra fin à ces dissertations, à peine dignes d’une copie d’étudiant en année préparatoire à Sciences-po, et délivrées avec une morgue indigente? Je n‘en peux plus des zozoteries prétentieuses de ce personnage, diluées chaque jour sur toutes les ondes et antennes. D’abord, il est sinistre. Ensuite, il est sinistre. Enfin, il est sinistre. Voilà. A force d’écouter ce M.Rozès, j’ai fini par le trouver suffisant, mais pas nécessaire.

09/04/2007

Larmes et destin, patience et avenir, presse et enquête

  Je ne connais rien de plus terrible que des larmes de femme. C’est l’épreuve la plus redoutable qui soit. Cette faiblesse qui vous désarme, vous humilie, cette culpabilité qu’on vous jette à la face, non vraiment, je ne connais rien de plus déroutant. Surtout les larmes de ces femmes qui font profession d’actrice, dont on ne peut dire si elles sont vraies ou factices. Les larmes font de nous des lâches et il arrive, parfois, qu’elles nous dérobent un peu d’élégance, car il ne reste que la fuite en dernière opportunité. Disparaître, c’est une sortie de scène qui en vaut une autre.

 Une fois cependant, au cours de ma longue existence, je n’ai pas ressenti cette sensation d’impuissance et d’abandon face à ces larmes, et qui vous laisse comme exténué. C’était le 24 mars 1993, à la fin du dernier conseil des ministres du gouvernement Bérégovoy. J’avais décidé de consacrer un adieu particulier à chacun des membres de ce gouvernement courageux, qui venait d’essuyer la plus lourde défaite électorale de l’Histoire, du fait de l’immobilisme d’un précédent Premier ministre. Chacun de ces ministres défilait devant moi, à la sortie du salon Murat. Nous échangions une poignée de mains, un regard, un mot. Je les voyais soucieux, inquiets de me laisser seul face une droite à nouveau arrogante et sure d’elle même, gonflée par une victoire annonciatrice d’une chambre introuvable, et certaine de se réinstaller au pouvoir pour vingt ans. Dumas, Lang, Bianco, passaient devant moi… Puis vint le tour de Ségolène Royal. Elle était en larmes. Sur l’instant, j’ai eu bien de la peine à percevoir ce qu’elle tentait de me dire, entre deux hoquets. J’avoue et je confesse que j’y ai vu de la faiblesse. Je l’ai consolée de mon mieux, je savais la magie des mots, parfois, sur les pleurs. Je lui ai glissé à voix basse qu’il ne fallait pas se résigner. Je lui ai rappelé, encore, le vers de Paul Fort, que je venais de citer en fin de conseil. « Le plus court chemin d’un point à un autre, c’est le bonheur d’une journée ». Elle a alors relevé la tête, et là, à cet instant précis, j’ai saisi que je m’étais trompé. Au fond de ce regard embué, il n’y avait nulle détresse, nul abattement. Non, rien de cela, juste de la haine, oui, de la haine. Cette haine du camp d’en face, de la droite et de sa puissance, de la droite et de sa brutalité. Nous en avions souvent parlé lorsqu’elle était ma conseillère à l’Elysée. Je l’ai déjà dit ici, quand on connaît ces gens, on sait de quoi ils sont capables. Ces larmes étaient annonciatrices d’un profond désir de revanche, je les aimées.

 Depuis ce jour, je n’ai douté du destin de Ségolène Royal, de la force de son caractère. Je mesure bien, qu’écrivant ces lignes, je vais en agacer plus d’un. Des anciens conseillers parfois, et dont j’ai autrefois, plus qu’à mon tour, apprécié le jugement et les avis. Je n’ignore pas que certains d’entre eux disent beaucoup de mal de leur candidate, ici et là. Je voudrais leur dire, à Charasse comme à Benassayag, qu’on ne devient pas candidat du parti socialiste à l’élection présidentielle par hasard. Combien de « présidentiables » (horrible mot, je m’en veux de l’employer) socialistes n’ont jamais pu y parvenir, y compris certains qu’on me prêtait comme « dauphin » ou comme « fils favori » (encore une ânerie inventée par quelques journalistes). Dans la vie publique, chacun est libre de son ambition, mais l’accomplissement de cette ambition ne se décrète pas, elle se conquiert auprès d’un seul juge: le peuple.

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Depuis que je participe, modestement, à cette campagne, j’entends que l’on me prête de sournoises arrière-pensées. Je pourrais faire mine de m’en offusquer, mais soixante années de vie politique m’ont tanné le cuir, au point que je demeure inaccessible à de telles accusations, proférées à voix basse, à l’ombre de la médisance. On me presse également de faire connaître mon avis sur ces jeunes gens de la gauche de demain, les Autain, Peillon, Montebourg, Besancenot… Je dirai mon avis, puisque beaucoup semblent y tenir, mais quand bon cela me semblera. Patience, j’observe, je réfléchis.

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 En écoutant Radio Luxembourg, j’ai noté que le jeune Thomas Legrand continuait de dispenser ses analyses politiques à destination des auditeurs. Cela n’a rien de bouleversant, mais c’est un de ces journalistes qui n’ont eu de cesse d’expliquer et de propager la fable selon laquelle que j’avais inventé le phénomène Le Pen. Il y a une douzaine d’années, lui et ses acolytes ont même publié un livre là-dessus. Ca leur a fait un peu d’argent de poche sur mon dos, et je m’en réjouis. Je les avais éconduits car ils se comportaient comme des juges d’instruction. Ils étaient bien jeunes pour comprendre de quoi ils parlaient, et un peu ennuyeux aussi… Cela les a conduits, pour les besoins de leur livre, à contacter des intimes, dans les Charentes, en se réclamant de moi. Curieuse méthode en vérité.

08/04/2007

Presse et anecdotes ; Humanité, liberté et UMP

  Dans les jours qui viennent, je vais guetter avec une extrême attention les interventions radiophoniques et télévisées de M.Begag. Si les medias en ont fait autant avec M.Besson et ses états d’âme, je suppose qu’ils s’empresseront d’inviter cet homme, ancien ministre, d’un abord plutôt estimable, et qu’un candidat à l’élection présidentielle, encore ministre de l’Intérieur il n’y a pas si longtemps, a menacé de violences physiques en termes peu républicains. 

 Les journalistes sont des gens bien étranges. Ils sont toujours à se réfugier derrière l’étendard portant haut les couleurs de la liberté de la presse, et dès que celle-ci est réellement menacée, font preuve d’une discrétion étonnante. Tenez, par exemple, pourquoi messieurs Domenach et Szafran, deux membres éminents de la direction du journal Marianne, ne popularisent-ils pas le petit déjeuner passé en compagnie de Nicolas  Sarkozy, il y a quelques semaines ? Les Français seraient sans doute ravis d’apprendre que celui qui aspire à les conduire demain traite des citoyens et hommes de presse « d’enc… », devant témoins (parmi lesquels M.Bouygues, m’a-t-on dit), et à plusieurs reprises. Ce genre d’anecdotes fait ces temps-ci le tour des dîners en ville parisiens, mais personne ne semble pour le moment décidé à accorder à ces historiettes, d’apparence anodine, une audience plus large. Je me demande bien pourquoi. J’ai cependant l’intuition que s’il s’agissait de Ségolène Royal ou de François Bayrou, nous serions assourdis par l’écho qui serait fait à ces affaires sur les antennes de TF1 ou d’Europe 1 (Une radio qu’Emmanuelli aurait surnommé Radio-Sarko, mais comme souvent, Henri Emmanuelli doit exagérer).

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 Vous le savez, je crois que les forces de l’esprit sont le sel de la terre. Ce qui est semé finit, tôt ou tard, par pousser, éclore, nourrir les forces de la vie. Je ne crois pas que les hommes naissent mauvais ou bons. Je ne crois pas qu’ils naissent pédophiles ou suicidaires. Celui qui professerait une telle Humanité ne pourrait que s’exposer au ridicule. Celui-là ne pourrait se réclamer ni de Jaurès, ni de Blum. Celui-là serait doté d’une âme mystique, mais serait dénué de ce cerveau rationaliste qui permettait à Montaigne d’avancer. Celui-là ne serait pas un marcheur, enclin au questionnement de l’Homme. Celui-là serait une créature immobile et recluse, apeurée et dangereuse. Celui-là ne pourrait aspirer à orienter ses desseins vers l’universel. Celui-là, s’il existait, serait indigne.