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10/06/2007

Nouveau départ

  L’heure est venue pour moi de m’en retourner. Ce qui s’est levé ne retombera pas et ce qui n’a pas eu lieu en 2007 s’accomplira en 2012. Je le souhaite de tout cœur. Pour ma part, j’ai dit tout ce que j’avais à dire, tentant d’éclairer de mon mieux le spectacle du monde qui va. Je n’ai plus rien à ajouter.

  Je m’en retourne confiant,  le cœur plein de gratitude envers celles et ceux qui m’ont fait confiance tout au long de ces jours difficiles et qui m’ont tant donné.

 Je m’en retourne aussi avec la volonté de laisser les choses en bon ordre derrière moi.

Ces derniers jours, la curiosité naturelle des uns et des autres a pris le pas sur tout le reste et je le déplore. Cette frénésie "d'enquêtes" aboutit aujourd'hui à une situation aussi insupportable que grotesque. J’ai une pensée pour celles et ceux suspectés d’être ce qui tint ma plume tout au long de ces semaines. Je les prie de m’en excuser; romanciers, essayistes, anciens élus, conseillers, journalistes, connus ou inconnus, illustres ou obscurs. Certains sont plus suspects que d’autres, objets de rumeurs invérifiables, hypothèses mathématiques, constructions savantes, accusations péremptoires, je le regrette. Quelques uns, déjà cités publiquement, s'en amusent, d'autres non. Certains redoutent de l'être et s'en inquiètent. Afin d'éviter tout malentendu sachez que tout ce que l’on m’a rapporté de ce qui se dit ou s’écrit est faux, je me dois de le dire. Comme d’habitude, et comme il était prévisible, tout cela s’avère « abracadabrantesque » et finira par faire « pschitt ! » (Sublimes inventions de mon successeur…) Tiens, il ne manque plus que le nouvel élu à la liste. Après tout ne s’est-il pas lui aussi en son temps amusé à tenir ma plume, ce qui dénote chez lui un goût du masque qui n’est pas l’aspect le moins déplaisant de sa personne ?

  Je vous le répète encore une fois, en guise de conclusion : Etre en accord avec soi-même, je ne connais pas de meilleur bulletin de santé. Je crois aux forces de l’esprit, je ne vous quitterai pas.

 PS : j’allais oublier ce que je dois également à ceux qui estiment que l'histoire est de la plus haute importance. En 1992, Fabius versa quelques larmes de dépit face à un miroir des toilettes du Conseil Régional de Haute-Normandie. Le Premier secrétaire du PS qu’il était, sur de sa victoire, venait d’être battu parce que le PCF en avait décidé ainsi. Un journaliste fut témoin inopiné de la scène. Je pensais qu’il s’en souvenait, d’où mon interpellation amusée. Il ne s’en souvenait pas et s’est cru mis en cause pour des raisons que j’ignore. Je confesse avoir tiré profit de son trouble pour le taquiner. Voilà : la montagne accouche d’une souris, me direz-vous, et vous aurez bien raison. Mais qui a accouché de la montagne ?

09/06/2007

Voter socialiste

  Ce dimanche, votez socialiste, après tout, c’est encore la maison commune de toutes celles et tous ceux qui souhaitent le pain, la paix, la liberté pour tous. Là d’où je suis, je ne puis que vous y encourager. Ce qui se passera au lendemain de ce scrutin relève d’une autre Histoire; celle-ci vous appartient.

08/06/2007

Ombre et lumière

  Vous croyez que le bien c’est la lumière et que l’ombre c’est le mal ? Mais où est l’ombre ? Où est la lumière ? Où est la frontière du mal ? Savez-vous si vous êtes du bon ou du mauvais côté ?  Méditez là-dessus et faites votre examen de conscience, vous serez peut-être étonné des résultats. On a le choix vous savez…

07/06/2007

Fillon et Colbert, Mémoire et journalisme

  J’ai toujours considéré que la couleur de la France était le gris. Le gris des toits, le gris des clochers, le gris du ciel, et désormais le gris du nouveau Premier ministre. Ce François Fillon n’est pas transparent, contrairement à ce que je lis ici où là ; il est terne. 

  A le voir ainsi se glisser dans le sillage tumultueux de celui que les Français ont élu le 6 mai dernier, il m’évoque Colbert à la traîne de Louis XIV. Comme lui il jouit d’une image de rigueur intransigeante, de serviteur de l’Etat consciencieux et détaché, comme lui, il est en fait peu regardant sur la bonne tenue des finances publiques, pourvu que cela plaise au souverain. Colbert se signalait par sa mesquinerie, sa jalousie, allant jusqu’à provoquer la chute du flamboyant Fouquet pour mieux s’emparer de ses trésors (Vaux-le-Vicomte…). Fillon ne se distingue pas de Colbert en ces qualités, à cette différence près que son Fouquet se nomme Villepin et que Matignon fut l’objet de sa convoitise aujourd’hui rassasiée.

  Il faut cependant rendre grâce au nouveau Premier ministre : il n’avance pas masqué. Ceux qui le connaissent savent qu’il s’est toujours flatté auprès de ses proches de cheminer en politique à l’ombre des plus grands. Il fut, l’a-t-on oublié, le plus discrets des douze rénovateurs de la droite en 1989, cette bande de quadragénaires qui voulait envoyer Chirac et Giscard aux oubliettes. Seguin, Noir, Bayrou, Baudis, Bosson, Carignon, Millon, d’Aubert, Villiers, Pinte, Barnier et Fillon… A l’arrivée, a réussi celui sur lequel Alain Duhamel n’aurait pas parié à l’époque. Mieux encore, Fillon a toujours fui comme la peste les plateaux de télévision, jugeant que ses électeurs n’aimeraient pas le voir trop souvent sur le petit écran. Il a su se contenter d’apparaître à l’occasion, se bâtissant une petite notoriété, évitant de susciter bien des jalousies parmi ses collègues.

  Les initiés m’ont rapporté que ce personnage avait peut être servi de modèle, il y a une dizaine d’années, à l’un des personnages d’un roman de Gilles Martin-Chauffier, « Les Corrompus ». Que voilà un livre à lire ou relire peut être…

  En apparence, Fillon est le Premier ministre idéal pour ce président omnipotent. Mais il faut se méfier de la servilité de ces Premiers ministres là. Il arrive un moment où la servilité se mue en prudence, où le chef du gouvernement ayant pris goût aux choses du pouvoir, se plait à penser à mieux, où l’immobilisme tient lieu de viatique car il faut songer à l’avenir. Bref, ce Fillon n’est pas seulement l’héritier de Colbert, il me fait penser à l’un de mes Premiers ministres, aussi terne et gis que lui en son temps et qui rêvait à un destin plus élevé, qui dissertait à longueur de temps sur le dialogue social et qui laissait les infirmières à leur détresse, qui faisait mine de me servir en tout, et qui ne faisait rien. On vu ce que cela a donné, le nouvel élu devrait se méfier.

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  On me prête parfois, depuis mon retour provisoire en ces lieux de bien vilaines pensées. Cela m’attriste, car je n’ai point pour volonté de contraindre qui que ce soit à agir contrairement à sa conscience. Détestant par nature que quiconque me dicte sa volonté, je m’en voudrais d’imposer la mienne à autrui. Il m’arrive parfois, il est vrai, d’inviter les uns ou les autres à faire part de leur témoignage dès lors qu’ils sont les détenteurs d’une part d’Histoire, si infime soit elle au regard de la marche du monde, partant du principe que les témoins directs d’un événement sont plus crédibles que ceux qui ne le sont pas.

  J’ai mentionné ici, il y a quelques jours une anecdote touchant à la fragilité masquée par Fabius depuis toujours, insistant sur le fait que bien peu de personnes, hors le cercle de ses intimes, ont eu la possibilité d’en être témoin. Il se trouve qu’un jour de 1992, un journaliste aujourd’hui très connu et très puissant, a eu ce privilège en des circonstances peu banales, nées des hasards de la vie, des coïncidences de l’existence. Etre là au moment où l’on ne devrait pas y être, en un lieu insolite et voir ce qu’on ne pensait jamais voir, sauf miracle. Cela s’est produit où cela s’est produit ce jour-là, il n’y a pas lieu de nourrir des polémiques là-dessus, car l’humanité et la dignité des uns et des autres n’est aucunement mise en cause. En tout cas la scène vue était suffisamment saisissante pour que ce journaliste en informe certains de ses confrères, qui eux-mêmes en ont informé certains de mes conseillers, qui eux-mêmes m’en ont informé. Ainsi circulent les informations car on ne dira jamais assez combien les journalistes sont, pour les responsables publics que nous sommes, de précieux correspondants sur les activités, ambitions, desseins des uns et des autres. Quand cette affaire m’a été rapportée, j’ai estimé, comme le conseiller qui me l’a rapportée, Fabius bien imprudent. Puis, je me suis dit que cette anecdote serait vite oubliée (sauf peut être par son témoin direct). Ainsi va la vie des journalistes, oublieux que l’actualité du jour est l’Histoire de demain, bavards contemplateurs de l’écume des vagues, muets insensibles aux mouvements des marées.

  Je m’aperçois que je suis déjà trop long et que ça n’est pas encore ce jour que je pourrais vous dévoiler tous les secrets de cette histoire. Je vous prie de m’en excuser et de ne pas y voir malice de ma part. Je m’en tiens là pour l’instant, et assure le journaliste détenteur d’un lourd secret enfoui dans les méandres de sa mémoire capricieuse, de ma considération respectueuse à l’égard de sa personne et de sa fonction, toutes deux absolument nécessaires à notre république en ces temps difficiles.

06/06/2007

Gallo et ses secrets, GSPR et République

  Il est des circonstances où il faut céder sur ce qui est moindre. Ainsi en a décidé Max Gallo pour parvenir à ses fins : succéder à Revel sous la Coupole. En vérité, je n’ai point voulu le dire à l’époque, mais le soutien de Gallo au candidat de l’UMP a été très largement dicté par les nécessités de sa campagne académique. Je le dis pour les plus jeunes de mes lecteurs, mais l’académie n’est pas un lieu où les forces de progrès sont les plus représentées. Gallo, livré à son ambition, a choisi le ralliement bruyant au nouvel élu afin de s’attirer les bonnes grâces (et les votes) d’Ormesson, Druon et toute la clique. C’est ainsi que les hommes sont faits, que voulez-vous, il n’y a aucune raison de s’en offusquer. 

  Pour cette fois il est vrai, je dois admettre que Gallo a fait les choses franchement. Il n’en a pas toujours été ainsi. Tiens, en 1999 par exemple, il se cachait chez lui pour négocier son soutien à la liste Pasqua-Villiers à l’orée de la campagne des élections européennes de l’époque. Lorsqu’il recevait l’émissaire de Pasqua venu négocier les termes du ralliement dans son logis, situé sur un place parisienne de renom il se précipitait à la fenêtre pour scruter la place avec anxiété. « Avez-vous été suivi ? Est-ce qu’ils vous ont vu entrer ici ? » Et l’émissaire de s’étonner : « Ils ? Qui ça ils ? ». Gallo se laissait alors tomber dans son fauteuil, comme accablé par le poids d'un invisible complot. « Je suis sur que mon éditeur me fait suivre… Il pense que ça n’est pas bon pour mes ventes de m’afficher avec Pasqua… »

  L’émissaire de Pasqua, un homme à la plume acérée et qui prétend écrire de bien meilleurs discours que Gaino, s’amusait beaucoup des coquetteries de Gallo. Il était venu lui proposer d’animer pour le compte des souverainistes de l’époque un « pôle de gauche » (eh oui ! Déjà) et une bonne place sur la liste, mais tout cela n’a pas abouti.

  De toutes façons, dès 1988, Gallo voulait quitter le PS et il n’avait de cesse d’expliquer à Chevènement que l’avenir était ailleurs. Il lui est même arrivé à l’époque de téléphoner à  toute heure du jour et de la nuit à Georges Sarre pour l’entretenir de ses visions à ce sujet. Pour tout vous dire, Sarre a cru pendant un bon moment que Gallo était aussi zinzin qu’Hallier, qui lui avait les mêmes coups dix ans auparavant. Bref, par la suite, on a vu ce que ça a donné.

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  Les gendarmes du GSPR ne sont plus chargés d’assurer réellement la protection du président de la République. C’est bien regrettable. Ce sont des fonctionnaires profondément républicains, efficaces et désintéressés. Celui qui m’aide chaque jour ici pourrait en témoigner. Certes, son bureau n’était pas situé au palais même, il lui arrivait de passer beaucoup plus de temps dans les locaux du 2-8 de la rue voisine ; mais je sais que lors des ses visites régulières à l’Elysée, il appréciait la courtoisie, le maintien et le dévouement de ces gendarmes et qu’il les salue aujourd’hui, notamment ceux qui connaissent tant et tant de choses qu’ils taisent à jamais. 

05/06/2007

Eternel retour, mémoire et anecdote

  Le siècle actuel a un caractère octogénaire : il me présente l’image de la vieillesse ; l’impuissance et l’amour de soi-même. Il est d’un mauvais politique de ne point savoir perdre.  Sans boussole ni pilote, cela ne peut que mener à la catastrophe car il y a pour chaque âge une mesure d’ambition que la nature nous invite à ne pas dépasser. 

  Il est toujours utile de relire les classiques, il y a là matière à profit. Les socialistes seraient bien inspirés de s’y consacrer, eux que je vois errer dans cette campagne législative tels des canards sans tête. Il ne suffit pas de s’abriter derrière les 17 millions de voix du 6 mai dernier pour dissimuler le score minimal de la gauche, à peine 47%, pas plus qu’il ne sert de clamer que « le PS restera toujours le PS », ce qui est somme toute plus inquiétant que rassurant. Il est vrai cependant que le retour de Jospin dans cette campagne apporte du crédit à cette maxime d’essence tautologique. Ceteris paribus, ce retour soudain m’évoque mon propre retour aux affaires du monde, à cette différence près que moi, on m’écoute, et que je continue de susciter bien des haines et des rancoeurs. C’est le prix qu’il faut payer dans la France d’aujourd’hui, la France des puissances d’argent et de medias, lorsque l’on a le courage de vouloir faire entendre d’autres voix, d’autres vérités ; les gardiens du temple vous assaillent, bourreaux qui se posent en victimes et s’assurent eux-mêmes de leur propre commisération.

  Pour en revenir à Jospin, que je connais mieux qu’il ne l’imagine, je sais ce que son activité de ces jours-ci dissimule : un froid désir de vengeance contre Royal, Hollande et Strauss-Kahn. Il ne manquait plus que ça, vous en conviendrez. Depuis que cette pièce a commencée en 1990 au congrès de Rennes, combien d’actes représentés ? Quelqu’un a-t-il fait le compte scrupuleux de ces scènes indéfiniment jouées et rejouées ? J’estime Jospin, et je n’ai guère apprécié les sifflets qui ont accueilli son message lors du dernier meeting du Zénith, mais il est grand temps pour lui de cesser de confondre ses traumatismes personnels avec le destin du PS.

  Cette ritournelle me lasse chaque jour davantage. Elle finit presque par me détourner, comme tant d’autres, de la lutte nécessaire à mener contre la droite la plus réactionnaire de ces cinquante dernières années. Un exemple parmi tant d’autres ? J’ai découvert ces derniers jours qu’un organisme créé par Raffarin et livré au lobby de la droite catholique la plus ringarde sélectionnait les dossiers de candidats à l’adoption internationale par tirage au sort, dans le secret le plus absolu, et sans contrôle. Les bras m’en sont tombés. Et il n’y a personne à gauche pour s’emparer de ce dossier ? Ecouter tous ces citoyens ainsi traités ? S’indigner un tant soit peu face à de telles pratiques ?

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  Il me revient que je ne vous ai pas encore tout dit de la désormais célèbre anecdote touchant Laurent Fabius au soir de sa conquête avortée du Conseil régional de Haute-Normandie en 1992. On me dit que le témoin privilégié de cette affaire ne se souvient plus de rien. Ma foi, c’est bien dommage pour un journaliste que d’avoir si peu de mémoire lorsque l’on est témoin d’un événement marquant et de ce qu'il peut révéler de la psychologie d’un responsable politique de premier plan. Moi, je me souviens de bien des choses et ma mémoire ne me fait que rarement défaut. Etre doté d’une mémoire solide évite les problèmes de conscience et les tempêtes sous les crânes lorsque sont évoquées de vieilles affaires. Tout cela n’est pas si grave. On y arrive et tous les dessous de cette histoire vous seront bientôt livrés. Mais pas aujourd’hui… 

  Je vais le répéter une fois encore : je fais ce que je veux, comme je le veux, quand je le veux.

03/06/2007

Masques et paroles

  Toute parole est comme une pierre jetée à la rivière. Les cercles s’agrandissent autour du pont de chute et vont à l’infini. Toute parole libre est légitime, seule importe la vérité. 

  Je n’ai jamais dédaigné les masques. J’ai toujours aimé que l’on joue des apparences dans le dessein de faire apparaître les dissimulations, impostures, hypocrisies et tartufferies. J’y ai même prêté la main à l’occasion. Attali le raconte partout, mais c’est bel et bien moi qui ai eu l’idée de lancer l’opération Caton il y a vingt ans. Tout le monde le sait et cela m’amuse encore. C’est également moi qui ai choisi Bercoff pour la rédaction du pamphlet. Il avait réalisé pour le compte d’un journal disparu aujourd’hui un reportage extraordinaire à Bordeaux. Durant une semaine, il s’était déguisé en émir saoudien multi milliardaire désireux d’investir dans la cité girondine. Durant tout ce temps, toute la bourgeoisie du cru était venue se prosterner à ses pieds, lui qui résidait dans le plus luxueux palace de la ville, lui promettant tout et n’importe quoi. Le faux émir dupa tout ce petit monde, aveuglé par l’argent qui rend fou. Une supercherie de grand talent. Le simulacre dura jusqu’au moment où la  moustache postiche de Bercoff, mal fixée, tomba lamentablement dans le potage lors d’un important dîner d’affaires. C’est ainsi que l’usurpateur fut démasqué, en des circonstances qui, si l’on y réfléchit bien, ridiculisaient encore plus ses victimes.

  J’ai eu l’occasion de dîner en compagnie de Bercoff. Je lui ai demandé de me narrer tous les détails de cette histoire et j’en ai beaucoup ri. J’aime les impostures lorsqu’elles démasquent d’autres imposteurs, les pires d’entre tous : les dévots de l’ordre établi, valets des puissances d’argent, moutons de la droite tapis au sein des grands medias… Oui, cela m’a toujours diverti et j’ai toujours encouragé celles et ceux qui s’adonnaient à ces supercheries pour ce qu’elles révèlent de la nature humaine.

  Je pense souvent à Louis XIV commandant « Tartuffe » à Molière pour mieux confondre leur adversaire commun, le parti des dévots. Saviez vous que Molière rédigea lui-même un pamphlet anonyme contre sa pièce afin de ridiculiser ses adversaires et mieux se poser en victime ? Que dirait-on aujourd’hui du procédé et de son auteur sur les plateaux de télévision qu’affectionnent nos Tartuffes modernes ?

PS : Sur « Tartuffe » je me permets de recommander l’excellent ouvrage de Lacouture et Rey consacré à ce sujet si français et si actuel…

02/06/2007

Question

 Le destin de la Seine est-il d'arroser Paris ou d'aller à la mer?

01/06/2007

Pégard à l'Elysée, mon blog et révélation

  Je viens de prendre connaissance des vraies circonstances qui ont présidé au recrutement de Mme Pégard au poste de conseiller à la présidence de la République. J’ai déjà eu l’occasion de vous dire qu’avec le nouvel élu, on échangerait le pittoresque de mon prédécesseur pour le cocasse, c’est désormais chose faite. 

  Sachez donc qu’à l’origine, Mme Pégard a demandé une entrevue à l’épouse du président afin que celle-ci justifie son étrange abstention lors du second tour de l’élection présidentielle. On m’a assuré qu’à l’occasion de la formulation de cette requête, celle qui était encore journaliste au « Point » de ce bon Giesbert était bien loin de se douter qu’elle finirait deux jours plus tard conseillère du prince.

  Rendez-vous a été pris dans l’un de ces restaurants pour rastaquaouères comme semble les affectionner le couple présidentiel, non loin des Champs-Élysées à Paris. Au bout de deux minutes de conversation, sur fond de musique électronique hypnotique à la mode (heureusement qu’on ne m’infligeait pas ça « chez Lulu » ou au « Pichet ») l’épouse qui ne vote pas pour son mari proposait à Mme Pégard de les rejoindre à l’Elysée. « Tu ne vas pas faire ce métier toute ta vie », « Franchement, tu n’en as pas marre de faire la scribouillarde », autant d’arguments qui ont ébranlé l’intrépide reporter du « Point ». Du coup, l’épouse a convoqué son mari, qui n’était pas encore officiellement installé. Celui-ci est arrivé dans l’instant. Dix minutes plus tard, Mme Pégard était conseiller à la présidence, et le lendemain, elle était dans l’avion pour Berlin. A-t-elle eu le temps de réfléchir ? Personne ne le sait, et d’après ce que l’on me raconte, elle ne se rend toujours compte de rien.

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  Il me revient que l’on suppute ici et là au sujet de l’identité de la personne qui m’aide à tenir ce « blog » depuis deux mois et demi. Il est inutile de s’acharner ainsi. Il n’y pas de secret qui vaille en la matière. Je vais donc vous dire la vérité. Cette personne a cheminé en ma compagnie vingt-cinq années durant. Voilà, les choses sont désormais claires. Et plutôt que de s’interroger sur des choses bien futiles, demandez donc à M.Aphatie ce qu’il a vu, il y a quinze ans, dans les toilettes du Conseil Régional de Haute-Normandie. Il en avait fait des gorges chaudes dans tout Paris à l’époque, au point que cette affaire m’était revenue, bien qu’elle ne présentât aucun caractère scandaleux, je m’empresse de le dire pour les nombreux journalistes qui me lisent ici chaque jour. 

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