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31/05/2007

Attali et Sarkozy, Peillon, Post-scriptum

 Ces derniers jours, Attali a beaucoup raconté l’origine de sa grande amitié pour le nouvel élu. Ce qu’il y a de formidable avec mon ancien conseiller, c’est qu’il trouve toujours un moyen de ne pas déformer les faits tout en les dénaturant, ce qui relève d’une construction intellectuelle complexe et qui me fut bien utile en mon temps, je l’avoue bien volontiers. Je m’en vais donc vous éclairer à ce sujet. 

  Il est vrai qu’au début de mon premier septennat, un certain Nicolas Sarkozy a demandé rendez-vous à Attali afin de lui demander des conseils sur les moyens de parvenir à la présidence de la République. C’était une demande assez originale et Attali s’en est ouvert à moi, non pas, comme il le narre aujourd’hui, pour s’extasier devant l’ambition du jeune homme, mais parce que il estimait avoir affaire à un type un peu illuminé. Pour tout vous dire, par crainte du ridicule, il ne voulait pas le recevoir et c’est moi qui lui ai conseillé d’accepter, lui expliquant qu’il ne faut pas jamais laisser passer les occasions d’approcher un adversaire de près. Je vous en fais juge, mais vous constaterez comme moi que la naissance de cette belle amitié méritait d’être restituée dans sa pureté historique. Du reste, après l’entrevue, Attali m’a confié avoir trouvé le personnage un peu inquiétant, agité, pétri de tics nerveux, en proie à une ambition sans doute hors d’atteinte pour lui, mais pas complètement antipathique. Je lui ai conseillé de conserver et de cultiver le contact avec ce proche du président du RPR, dont il parlait beaucoup, car il représentait à ce titre une mine d’informations non négligeables. Croyez-moi, en 1986-88, cela a été bien utile d’autant que Sarkozy oeuvrait chez Pasqua.

  Je vous livre tout cela pour votre gouverne personnelle, surtout n’allez pas le répéter ailleurs, ou alors, ne mettez pas ces propos dans ma bouche, je ne voudrais pas que cela excite le nouvel élu, Attali attend beaucoup de lui.

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  Sur le conseil de beaucoup de mes proches, j’ai jeté un œil sur les prestations du jeune Vincent Peillon. Ca n’est pas indigne, mais cela manque un peu de souffle. C’est un jeune homme appliqué et cela se voit, mais il m’en faut plus. Les temps à venir exigent du verbe, de l’audace, de l’assurance, tout ce qui fait défaut aux socialistes aujourd’hui. Peillon et quelques autres devraient prendre exemple sur le nouvel élu. Après tout, quand on y regarde de plus près, c’est un peu prendre exemple sur moi. 

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  PS : Y aura-t-il quelqu’un pour me dire si M.Apathie a révélé ce qu’il avait vu en mars 1992 dans les toilettes du Conseil Régional de Haute-Normandie après l’élection d’Antoine Ruffenacht à la présidence la région contre Fabius ?

30/05/2007

PS au Zénith, Mont-Beuvray, Europe n°1

  Je me suis discrètement promené hier dans les coulisses du meeting du Parti Socialiste, derrière la scène du Zénith, cette salle pour laquelle jack Lang s’était tant battu autrefois. Il régnait là une bien étrange ambiance. Très franchement, je dois vous dire que j’ai remarqué que personne ne parle à personne. Heureusement, les militants venus nombreux n’ont pas vu ces mines cadavériques, ils seraient repartis plus démoralisés qu’à leur arrivée. Quel étrange spectacle que de voir les dirigeants du plus grand parti de la gauche française se saluer comme des automates, quand ils daignent le faire. C’est bien simple, je me suis senti plus vivant qu’eux. 

  Strauss-Kahn et Fabius affichaient une bien triste mine, surtout le premier qui est en train de comprendre que sa place dans l’Histoire lui échappe. Quant au second, il faut bien lui reconnaître qu’il parvient toujours à dissimuler ses sentiments dès qu’il se trouve en public, mais moi qui le connais par cœur, cela ne m’a pas trompé. Fabius sait qu’il ne sera jamais président de la République, mais pour demeurer en vie, il va continuer de jouer la comédie du « présidentiable » (affreux mot inventé par Duhamel) jusqu’à la fin de ses jours. Il se dupe plus lui-même que les autres, mais que voulez-vous, c’est l’ambition d’une vie qui s’effondre. Fabius n’a jamais voulu admettre qu’il vivait, comme tout le monde, au gré de ses émotions. Il peut cependant lui arriver de craquer. Tiens, demandez à M.Apathie ce qu’il a vu dans les toilettes du Conseil Régional de Haute-Normandie un soir de mars 1992… Vous entendrez une histoire bien éclairante sur la vraie nature de Fabius. Et promis, si Apathie ne vous la raconte pas, je promets de vous livrer le fin mot de l’Histoire.

  Il n’y a guère que Ségolène Royal qui portait beau hier soir. J’ai bien vu du reste que ça agaçait Delanoë. Il a suffit qu’elle fasse un petit tour en bateau ce week-end pour le renvoyer à son statut de besogneux maire de Paris. Je sais qu’il en a pris ombrage et qu’il s’est répandu là-dessus auprès des proches (ça cancane beaucoup dans son cabinet). C’est sans doute injuste, mais Delanoë est le seul véritable héritier de Jospin, de ses méthodes, de ses conceptions, et de l’ennui qui se dégage dès qu’il ouvre la bouche pour se glorifier de lui-même et de son bilan.

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  Lundi, je me suis amusé à suivre le périple de quelques jeunes pousses socialistes sur mes anciennes terres. J’étais au Mont-Beuvray, cœur de la France éternelle. Il y avait là quelques jeunes gens qui s'adonnaient à l'escalade façon Solutré. Je préfère cette version à celle du Président de l'UMP, l'homme qui veut tout. Montebourg n’a pas tort d’appeler à un esprit de résistance. Ce garçon est l'un des plus distrayants de la scène socialiste. Je n’ignore pas que l’on me prête ici une certaine sympathie à son endroit. Pourquoi pas ? Il a du talent pour mordre, c’est évident. Il en a moins pour trahir. Le contraire d’un Valls par exemple, qui lui sait trahir, mais pas mordre (les rocardiens ont toujours utilisé des canines en caoutchouc). 

 Depuis que j’observe Montebourg, que je n’ai pas connu autrefois, je me suis surpris à lui trouver quelque chose de Philippe Séguin. Pour conquérir la France, il est bon d’avoir une vision, une ambition, mais il faut aussi une volonté et une vingtaine d’hommes prêts à tout. Si l’un de ces deux éléments vient à manquer, il est inutile d’espérer. C’est ainsi que j’ai procédé, et c’est ainsi que le nouvel élu (mon meilleur élève par correspondance) m’a imité.

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 Le nouvel élu a demandé à Arnaud Lagardère de remplacer Elkabbach à la tête d’Europe n°1 par Arlette Chabot. C’est assez cocasse non ? J'aime ces moments où l'ingratitude prend les apparences de la justice et frappe les plus sots des courtisans.

28/05/2007

Lassitude et socialistes

  En 1990, j’ai failli démissionner de la présidence de la république. Neuf ans après mon accession à la fonction, j’avais le sentiment d’en avoir éprouvé les grandeurs, limitées, et les servitudes, innombrables. Je m’ennuyais pour tout vous dire. Le peuple français était déjà entré dans cette douce léthargie mortifère, hypnotisé par Rocard, insensible aux tourments et bouleversements du monde. Les socialistes avaient déjà entamé leur patient suicide lors du congrès de Rennes et j’avais le pressentiment, aujourd’hui confirmé, qu’il y en avait pour vingt ans à en subir les conséquences. Enfin, ma fonction m’empêchait de me consacrer à mes proches et moi-même ; j’étais devenu comme otage en mon palais, esclave de la fonction présidentielle. Seul Michel Charasse, que je tenais informé de mon état d’esprit jour après jour, me soutenait, considérant que j’étais l’objet d’une petite dépression que je refusais de reconnaître, par orgueil. Il ne me jamais dit, mais ceux à qui il s’en était ouvert étaient venus me le répéter, souhaitant obtenir par là une disgrâce de l’intéressé. Même ces petits jeux de cour ne m’amusaient plus, Attali ne m’inspirait plus qu’une lassitude souveraine. 

  L’envahissement du Koweït par les troupes de Saddam Hussein me dissuada cependant d’accomplir le geste qui s’imposait, compte tenu du contexte de l’époque.

  Ce que je vois de la France en mai 2007, me procure les mêmes sensations qu’il y dix-sept ans. Comme prévu, les Français ont élu celui qui leur a raconté l’histoire qu’ils avaient envie d’entendre. Hélas.

  Cet homme est redoutable. C’est même le plus redoutable issu des rangs de la droite depuis de Gaulle. Tenez, cette semaine, il lui a fallu deux jours pour enlever à Royal le sceptre de leader naturel de l’opposition et l’agiter sous le nez de Delanoë. J’en suis bien heureux pour le maire de Paris. Le nouvel élu ne veut pas que l’UMP reprenne la capitale lors des prochaines municipales, il connaît bien sa chronique du Chiraquisme. Delanoë va pouvoir affronter l’affligeante Panafieu en toute quiétude. Pour le reste, je suis bien inquiet. Je me demande bien pourquoi je me suis mis en tête d’aider ces incorrigibles socialistes. Ils n’ont rien appris, rien oublié.

26/05/2007

Napoléon Ier et son héritier, Solutré et moi

  J’entends que l’on compare le nouveau président de la République à Napoléon Ier. C’est une idée bien étrange. Napoléon était un bâtisseur et Paris lui doit la rue de Rivoli, la rue de la Paix, la colonne Vendôme, l’arc de triomphe du Carrousel, la réunion du Louvre et des Tuileries…Il s’est efforcé, comme moi, de laisser une trace. Je ne discerne pas cette ambition chez le nouveau chef de l’Etat. C’est un homme de l’instant, un coussin qui prend la forme du dernier postérieur qui s’est assis dessus, et en cela, il ressemble à son prédécesseur.

   Napoléon III est un modèle qui lui convient mieux. Napoléon le petit était d’ailleurs la proie de la même obsession : soudoyer les ennemis du camp d’en face et les amener à lui.

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  Si j’étais encore complètement des vôtres, ce lundi j’aurais pu gravir la roche de Solutré. Avez-vous remarqué que ce pèlerinage est de plus en plus copié ces derniers temps ? Si il existait des droits d’auteur en la matière, ma fortune serait considérable et mes héritiers à l’abri du besoin pour deux siècles.

  Cela étant, à la fin, la horde des journalistes qui s’invitaient devenait de plus en plus insupportable. Je passais mon temps à jouer à cache-cache avec une meute qui était prête à écrire n’importe quoi dès que j’ouvrais la bouche. J’en ai connu beaucoup qui avaient le guillemet facile parmi tous ces envoyés spéciaux.

  Il n’y avait pas que des mauvais côtés à cette situation. Il est toujours amusant de tester l’esprit de cour des journalistes. En 1991 par exemple, je les avais tancés car ils étaient venus sans invitation. Ils affichaient tous un sourire niais destiné à m’amadouer. Je leur avais alors proposé un verre de vin tandis que nous étions à l’auberge. Je leur avais indiqué que dans la région, le rouge était bon, mais le blanc bien meilleur. Evidemment, ils s’étaient tous empressés de réclamer du blanc puisque j’avais dit que c’était mieux. C’est là que j’ai demandé du rouge à l’aubergiste. Ils ont tous ri de nouveau, mais pas un n’a protesté. Pourtant, il y avait là du beau monde : Christine Clerc, Anita Hausser, Jean-Luc Mano, Rachid Arhab, Florence Murraciole… Ils étaient de bonne composition et je me suis laissé aller à leur glisser quelques confidences afin qu’ils puissent justifier leur déplacement. J’en avais même profité pour jouer à mon petit passe-temps favori : demander à un ou deux d’entre eux ce qu’il aurait fait à ma place au sujet d’un dossier ou d’un autre. Celui à qui s’adressait la question se sentait investi, l’espace de quelques secondes, d’une haute charge, bombait le torse, et délivrait sa pensée la plus profonde d’un air docte et pompeux, tandis que les autres se renfrognaient tout en tentant de dissimuler leur jalousie du favori de l’instant. Parfois, bonne pâte, je faisais plaisir à tout le monde, lorsqu’à la fin du petit laïus de l’intéressé, je laissais tomber, d’un air navré et négligent à la fois, ces quelques mots : « Non, ça n’est pas ça du tout… » Cela provoquait la cruelle hilarité de tous ses confrères. Journaliste, ça n’est pas un métier facile.

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  J'avais promis aujourd'hui de vous entretenir du cas de Manuel Valls. Comme le disait Pasqua, "les promesses... etc..."

25/05/2007

Ambition et Hollande, Valls et partie remise

  Lorsqu’il travaillait aux côtés de Jacques Attali à l’Elysée, François Hollande était un garçon appliqué et modeste. Il était déjà doté aussi d’un certain aplomb et en certaines occasions, il n’était pas dépourvu d’humour, y compris en ma présence, ce que peu osaient à l’époque (en tout cas, pas Attali, qui avait très peur que ces plaisanteries ne finissent par m'agacer ). Il m’est arrivé d’avoir quelques conversations à cette époque avec Hollande et j’avais constaté que de tous les inconditionnels de Delors qui peuplaient mon cabinet, il était de loin le plus politique. Lorsque nous évoquions le PS et que je lui faisais part de mes observations sur la manière à employer pour diriger des socialistes, il ouvrait de grands yeux ébahis et il ne perdait pas une miette des précieux avis que je formulais alors. 

  De mes leçons, Hollande a retenu la principale : toute situation est porteuse de son contraire. De ce point de vue, je dois dire que depuis vingt-quatre heures, je me divertis beaucoup à la lecture des éditoriaux prononçant l’oraison funèbre de l’actuel Premier secrétaire, des éditoriaux qui constatent avec le même allant que personne ne semble aujourd’hui en mesure de s’imposer naturellement à la tête du Parti Socialiste. Faites donc confiance pour laisser François Hollande gérer le calendrier du PS. Si j’étais à a sa place, je garderais la date fixée pour le prochain congrès à la fin de l’année 2008, j’attendrais patiemment que les uns et les autres, potentiels candidats au premier secrétariat, s’épuisent, se neutralisent, se combattent, s’étripent, tout cela sans y prendre part, à l’écart des coups, puisque publiquement déterminé à passer la main. Si j’étais à sa place, dévoué tout entier au bien du parti, j’organiserais colloques, conventions, assises afin de préparer la gauche de demain à l’exercice des responsabilités, je ferais ainsi preuve d’une volonté de rassemblement désintéressée là où tant d’autres n’afficheraient que leur volonté d’être candidat à tout prix à l’élection présidentielle. Si j’étais à sa place, je me dirais qu’aucun d’entre eux ne peut s’emparer de la tête du PS et que finalement, les adhérents, lassés de ce spectacle interminable préféreraient encore s’en remettre à moi plutôt qu’à n’importe qui.

  Voilà, pour ceux qui en douteraient encore, je persiste et signe : oui, François Hollande est candidat à sa succession, et l’annonce de son retrait est révélatrice de sa suprême habileté, tant il est vrai que « la parole a été donnée à l’homme pour déguiser sa pensée ».

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  Manuel Valls veut changer le nom du parti socialiste, pour le "dépoussiérer" dit-il. Aujourd’hui, je suis un peu las, mais promis, demain, je vous dirai bien des choses sur ce jeune homme. Le vendredi soir, j’aime à me consacrer à ce qui m’est précieux,  certains de mes lecteurs devraient parfois s’en inspirer. Paris est si plaisant ces temps-ci…Il suffit de se poser à la terrasse d’un café de Saint-germain-des-Prés, de laisser aller son regard à la contemplation des jolies choses du monde et de se dire que décidément, on ne peut rien contre la volonté d’un homme.

24/05/2007

Morin, Cambadélis, Ockrent et Nahon

  Hervé Morin est promis à une grande carrière. Je suis la progression de ce garçon depuis ses études et j’estime qu’il faut saluer ce parcours quasiment sans faute. Un attachement électoral à la terre natale, une première élection au conseil général, une mairie, une députation, une présidence de groupe parlementaire, une proximité réelle avec son chef de parti, et pour finir, une trahison au moment où il le faut, rien à dire, c’est exemplaire. Contrairement à ce que l’on croit, savoir trahir, ça n’est pas à la portée de tout le monde. Il y faut un certain talent, et la certitude que la récompense sera au rendez-vous. Morin l’a bien fait. Débarrassé de Bayrou (dans un mois, le Mouvement démocrate comptera-t-il au moins deux députés?) et de ses lubies, le voilà reparti à la tête d’un parti croupion, annexe de l’UMP, une formation qui n’est pas sans me rappeler ma chère UDSR d’autrefois. Morin aurait été un grand personnage de la IVe République, et cela me le rend plutôt sympathique. 

  Certes, il y aura bien des médisants pour souligner que le nouveau ministre de la Défense a effectué son service militaire, il y a vingt ans, dans un régiment situé à Paris, ce qui lui permettait de rentrer bien sagement chez lui tous les soirs et de se consacrer confortablement à la préparation des grands concours après avoir obtenu son diplôme de Sciences-po, mais avouez que ce serait faire un bien mauvais procès, ce sont les hasards des affectations de l’époque. D’autres se moqueront de la carrière d’un homme qui, député, occupa auparavant les fonctions d’administrateur de l’Assemblée Nationale, ce qui oblige à constater que de la vraie vie, Morin ne connaît que les couloirs du Palais-Bourbon depuis vingt ans, mais là encore, ce serait un bien mauvais procès. Pour ma part, je ne participerai pas à ces petites campagnes de dénigrement insidieuses et sournoises.

  Enfin, ce Morin a le sens de la famille, puisque son épouse, fort charmante au demeurant, avocate de profession, sera candidate du même parti croupion que lui dans les Hautes-Pyrénées, terre dont elle est originaire, n’en déplaise là encore aux mauvaise langues. Que voilà un beau couple de provinciaux à la conquête de Paris.

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  Il parait que Cambadélis a écrit un petit livre fort méchant sur la campagne électorale de Ségolène Royal. Je suis très embêté car je n’en trouve aucune trace dans les catalogues des diverses maisons d’édition qui me font l’honneur de me tenir informé de la teneur de leurs prochaines parutions. Je m’inquiète. Cambadélis a-t-il changé de nom ? Aidez-moi.

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  Mme Ockrent quitte son émission de FR3 pour y revenir aussitôt animer une autre émission. Elle ne parlera plus de politique, mais de politique. Me voilà rassuré. Elle a bien fait de pousser son mari à accepter ce qui reste du ministère des Affaires étrangères. C’est bien ce que je vous disais hier. Au palais de l’Elysée, les hommes passent, mais les numéros de téléphone demeurent.

 Je connais un peu le directeur de l'information de FR3, M.Nahon, qui s'occupe des affaires de Mme Ockrent. Il ya une vingtaine d'années, alors qu'il était directeur-adjoint de l'information d'Antenne 2, je lui avais personnellement téléphoné pour régler un problème qui me tenait à coeur. C'est un brave homme, toujours bien disposé pourvu qu'on lui explique bien les choses. Comme je le disais le 14 juillet 1993 à Poivre d'Arvor, ça ne change pas les hommes.

23/05/2007

Epouses de ministres et télévision

  Mme Schonberg quitte le 20 heures d’Antenne 2. Voilà une nouvelle qui ne bouleversera pas l’Europe, mais, en cet instant précis, allez savoir pourquoi, je ne peux m’empêcher d’avoir une pensée pour Mme Ockrent. N’est-elle pas l’épouse d’un ministre influent elle aussi ? Il me souvient d’avoir autrefois eu à tempérer les ardeurs de bien de mes collaborateurs de l’Elysée qui étaient toujours prompts à organiser des opérations de défense de l’épouse de Bernard Kouchner. A chacun de ses changements d’affectation à la télévision, il fallait se préoccuper du reclassement de Mme Ockrent, qui se prévalait au passage auprès de ses employeurs de mon « soutien », ce qui signifiait le plus souvent qu’elle avait téléphoné à l’un de mes conseillers, ou plusieurs, pour s’assurer de leur bienveillance. Je laissais dire et faire, que voulez-vous… Au moins se sentait-elle redevable de quelque chose. Et puis Kouchner ne cessait de me vanter les qualités de sa compagne en long en large et en travers, sa grande connaissance des questions internationales, sa sympathie pour Badinter, son carnet d’adresses universel… Je ne lui disais rien, mais les rares fois où j’avais eu l’occasion d’aborder ces questions avec Mme Ockrent, je m’étais vite aperçu qu’elle n’y connaissait pas plus qu’un étudiant de Sciences-po en année préparatoire. Des lieux communs assénés avec autorité n’en restent pas moins des lieux communs. De mauvaise langues m’avaient même soufflé que Michel-Antoine Burnier lui était d’un précieux conseil quand il s’agissait rédiger des éditoriaux du temps où elle officiait à « l’Express » (où ailleurs...). Et pourquoi pas des livres tant qu’on y est ! Que de méchantes gens sur la place de Paris tout de même…Je n’ai jamais osé croire à toutes ces vilenies proférées par des jaloux. 

  Cela étant, Mme Ockrent pourra-t-elle demeurer en fonction sur FR3 ? Je m’interroge. Pourquoi ne pas la remplacer par la charmante Laurence Ferrari ?

  Je sais bien que quelques uns de mes lecteurs vont juger sévèrement le fait de consacrer un instant de ma réflexion à un sujet en apparence aussi futile. Ils auraient bien tort.

22/05/2007

PS et Royal, Brégançon et souvenirs

  La tâche qui attend Ségolène Royal, pour peu qu’elle y consente, (le parti socialiste ne s’offre pas, il faut le prendre), ne sera pas des plus aisées. J’en connais beaucoup qui sont décidés à se débarrasser d’elle définitivement et qui comptent aller très vite en besogne pour y parvenir. 

  Cela m’ennuie beaucoup d’y revenir, mais quand je songe que dans l’entourage de Strauss-Kahn, ou bien encore au sein du cabinet d’Huchon au Conseil régional d’Ile de France, consigne était donnée d’encourager le vote Bayrou au premier tour de l’élection présidentielle, je suis inquiet dès que l’on évoque lyriquement le rassemblement futur des socialistes. Je n’ai rien dit de ces choses à l’époque, car je ne voulais pas que l’on m’accusât d’être sorti de ma retraite pour jouer les diviseurs, mais je considère que ces incidents et d’autres encore, peuvent constituer dans les mois qui viennent un objet de réflexion pour tous les adhérents du parti socialiste.

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  Je n’au jamais beaucoup aimé Brégançon, et je ne doute pas que l’endroit plaira beaucoup au nouvel élu. Sans doute l’ignore-t-il, mais c’est pourtant en ce lieu que j’ai quasiment décidé de présenter ma candidature à l’élection présidentielle de 1988. Au mois de décembre précédant ce scrutin, j’avais réuni là les principaux dirigeants du PS qui me soutenaient depuis toujours. j'avais convié Jospin, Emmanuelli, Mermaz, Mexandeau, Mauroy… Je désirai les tester sur l’idée d’une éventuelle candidature de ma part, et ce afin de débusquer les tièdes ou d’éventuels ralliés à Rocard en cas de réaction mitigée plus ou moins affichée par les uns ou les autres. Le débat se tint dans le salon du fort, et je dois à l’honnêteté de reconnaître que personne ne douta de l’opportunité de ma candidature. Tous estimèrent que Chirac était d’ores et déjà battu, à la condition que le candidat soutenu par le PS se nommât François Mitterrand. Tous prirent la parole pour détailler l’analyse qu’ils faisaient de la situation politique, exercice qui se révéla vite ennuyeux car les mêmes arguments étaient répétés à chaque intervention, symptôme de cette maladie bien socialiste qui consiste à penser que des propos n’ont de poids que dans la mesure où ils sont assénés par soi et qu’ils n’ont aucune portée si défendus par d’autres. Seul Pierre Mauroy demeura silencieux dans son coin, comme à l’écart de la discussion. Je décidai alors de mettre un terme au débat général, devenu franchement barbant avec Jospin, et de le convoquer seul dans la bibliothèque voisine, car pour tout vous dire, je devinai ce qui lui était passé par le tête et qu’il n’avait osé dire en présence de témoins. Je pris place sur un petit canapé à deux places, et il cala son énorme carcasse dans un fauteuil confortable qui avait été dessiné pour de Gaulle.

« Eh bien ! Pierre, lui dis-je, je ne vous ai pas entendu durant la discussion, alors, à votre avis, dois-je y aller ou pas ? »

  Mauroy s’empourpra, ma question l’embarrassait plus encore que je ne l’avais attendu. Il bredouilla quelques bribes de phrases, genre : « Y’a que vous », « Rocard n’est pas prêt… » Mais je voyais bien que tout cela était fait pour éviter d’aborder en premier le principal sujet de notre entrevue. Après quelques minutes de gêne, je pris sur moi d’aborder le fond du problème. La conversation prenait un tour amusant.

« Enfin Pierre, lui dis-je, il n’y a pas que la politique dans cette affaire… » Et je retins le reste de ma phrase afin d’observer sa réaction. Il s’en tint encore une fois à une prudence obstinée d’homme du Nord, il ne voulait vraiment pas évoquer avant moi ce sujet dont nous n’avions plus parlé depuis près de quatre ans. Je me lançai donc :

« Mais si Pierre, vous savez bien, pour mon rhume… »

  Là, il ouvrit des yeux encore plus ronds qu’à l’ordinaire derrière ses épaisses lunettes. Je poursuivis :

« Mais oui Pierre, vous, vous avez un rhume, un cachet d’aspirine et vous êtes sur pieds. C’est sans conséquence, mais moi… »

  Je fis alors mine de m’effondrer sur mon canapé, comme frappé par une main invisible. Mauroy était de plus en plus interloqué, perdu, hébété. C’est à ce moment précis, au paroxysme de sa confusion, que je me relevai pour lui souffler ma petite formule libératrice: « Rassurez-vous, tout va bien ! »

  Mauroy expira alors bruyamment, comme soulagé d’un poids bien trop considérable pour lui, vu qu’il devait retenir sa respiration depuis une bonne minute. Moi, j’étais satisfait de mon petit effet, j’avais accompli mon devoir, l’essentiel venait d’être dit.

21/05/2007

Culottes courtes et politique étrangère

  La droite française ne s’est jamais remise du choc Kennedy. On pouvait le comprendre du temps de mon prédécesseur, ils étaient contemporains, mais de la part du successeur de mon successeur, cette référence anachronique est plutôt farce. La France s’est dotée d’un gouvernement qui s’affiche en culottes courtes depuis trois jours, suant, soufflant, crachant chacun son tour et qui dans cet état, s’attaque aux délicats problèmes du pays et du monde. 

  A l’heure où la menace d’un conflit nucléaire à venir dans les prochaines années n’a jamais aussi forte, il est stupéfiant d’assister au spectacle offert à la communauté internationale par ce nouveau président de la République, tous les jours en culottes courtes et dont la première des préoccupations est de faire joujou avec ses nouveaux hochets de chef de l’Etat : la limousine blindée, les agents de sécurité, Brégançon, l’hélicoptère, quitte au passage à piquer ceux des autres (je pense à l’occupation de la Lanterne à Versailles, jusque là réservée au Premier ministre). Je comprends mieux les inquiétudes formulées, dit-on, par Balladur en privé (et à vois très basse) sur l’impréparation psychologique de son ex-disciple.

  Je vais le dire sans ambages : dans ce contexte, la nomination de Védrine au Quai d’Orsay eut été une bonne nouvelle pour la France. Sa présence (une sorte de sacrifice à l’intérêt supérieur de la nation) aurait empêché la naissance d’une politique étrangère menée au gré des apparitions du ministre au journal télévisé. Je sais ce que Kouchner prépare au sujet du Darfour. Ce sera un fiasco sans nom. Les malheureux du Darfour n’y gagneront rien et le crédit de la France y perdra beaucoup. Souvenez-vous de ce que l’on disait à la télévision de Walesa et Jaruzelski en 1981, regardez ce qu’ont accompli ces deux hommes par la suite, ce qu’est devenu Walesa, ce qu’est devenu Jaruzelski. Le temps médiatique n’est pas le temps historique, ce gouvernement va payer cher, et les Français avec, pour l’apprendre. Viendra alors le moment de regretter amèrement l’époque insouciante des apparitions en culottes courtes qu'accompagnaient les soupirs d’extase de la presse aux ordres.

20/05/2007

Hollande et Royal, dimanche frivole

    Je viens de lire les propos de François Hollande dans le « Journal du Dimanche ». Tout cela est très intéressant et pour ceux qui en douteraient encore, il sera candidat, quand il le voudra, à sa succession. Je ne puis m’empêcher cependant de poser une simple petite question. Que va faire Ségolène Royal cette semaine ? Et la suivante ? 

  Cette interrogation suffira pour ce dimanche. J’ai envie de musarder.

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