30/05/2007
PS au Zénith, Mont-Beuvray, Europe n°1
Je me suis discrètement promené hier dans les coulisses du meeting du Parti Socialiste, derrière la scène du Zénith, cette salle pour laquelle jack Lang s’était tant battu autrefois. Il régnait là une bien étrange ambiance. Très franchement, je dois vous dire que j’ai remarqué que personne ne parle à personne. Heureusement, les militants venus nombreux n’ont pas vu ces mines cadavériques, ils seraient repartis plus démoralisés qu’à leur arrivée. Quel étrange spectacle que de voir les dirigeants du plus grand parti de la gauche française se saluer comme des automates, quand ils daignent le faire. C’est bien simple, je me suis senti plus vivant qu’eux.
Strauss-Kahn et Fabius affichaient une bien triste mine, surtout le premier qui est en train de comprendre que sa place dans l’Histoire lui échappe. Quant au second, il faut bien lui reconnaître qu’il parvient toujours à dissimuler ses sentiments dès qu’il se trouve en public, mais moi qui le connais par cœur, cela ne m’a pas trompé. Fabius sait qu’il ne sera jamais président de la République, mais pour demeurer en vie, il va continuer de jouer la comédie du « présidentiable » (affreux mot inventé par Duhamel) jusqu’à la fin de ses jours. Il se dupe plus lui-même que les autres, mais que voulez-vous, c’est l’ambition d’une vie qui s’effondre. Fabius n’a jamais voulu admettre qu’il vivait, comme tout le monde, au gré de ses émotions. Il peut cependant lui arriver de craquer. Tiens, demandez à M.Apathie ce qu’il a vu dans les toilettes du Conseil Régional de Haute-Normandie un soir de mars 1992… Vous entendrez une histoire bien éclairante sur la vraie nature de Fabius. Et promis, si Apathie ne vous la raconte pas, je promets de vous livrer le fin mot de l’Histoire.
Il n’y a guère que Ségolène Royal qui portait beau hier soir. J’ai bien vu du reste que ça agaçait Delanoë. Il a suffit qu’elle fasse un petit tour en bateau ce week-end pour le renvoyer à son statut de besogneux maire de Paris. Je sais qu’il en a pris ombrage et qu’il s’est répandu là-dessus auprès des proches (ça cancane beaucoup dans son cabinet). C’est sans doute injuste, mais Delanoë est le seul véritable héritier de Jospin, de ses méthodes, de ses conceptions, et de l’ennui qui se dégage dès qu’il ouvre la bouche pour se glorifier de lui-même et de son bilan.
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Lundi, je me suis amusé à suivre le périple de quelques jeunes pousses socialistes sur mes anciennes terres. J’étais au Mont-Beuvray, cœur de la France éternelle. Il y avait là quelques jeunes gens qui s'adonnaient à l'escalade façon Solutré. Je préfère cette version à celle du Président de l'UMP, l'homme qui veut tout. Montebourg n’a pas tort d’appeler à un esprit de résistance. Ce garçon est l'un des plus distrayants de la scène socialiste. Je n’ignore pas que l’on me prête ici une certaine sympathie à son endroit. Pourquoi pas ? Il a du talent pour mordre, c’est évident. Il en a moins pour trahir. Le contraire d’un Valls par exemple, qui lui sait trahir, mais pas mordre (les rocardiens ont toujours utilisé des canines en caoutchouc).
Depuis que j’observe Montebourg, que je n’ai pas connu autrefois, je me suis surpris à lui trouver quelque chose de Philippe Séguin. Pour conquérir la France, il est bon d’avoir une vision, une ambition, mais il faut aussi une volonté et une vingtaine d’hommes prêts à tout. Si l’un de ces deux éléments vient à manquer, il est inutile d’espérer. C’est ainsi que j’ai procédé, et c’est ainsi que le nouvel élu (mon meilleur élève par correspondance) m’a imité.
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Le nouvel élu a demandé à Arnaud Lagardère de remplacer Elkabbach à la tête d’Europe n°1 par Arlette Chabot. C’est assez cocasse non ? J'aime ces moments où l'ingratitude prend les apparences de la justice et frappe les plus sots des courtisans.


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