28/05/2007
Lassitude et socialistes
En 1990, j’ai failli démissionner de la présidence de la république. Neuf ans après mon accession à la fonction, j’avais le sentiment d’en avoir éprouvé les grandeurs, limitées, et les servitudes, innombrables. Je m’ennuyais pour tout vous dire. Le peuple français était déjà entré dans cette douce léthargie mortifère, hypnotisé par Rocard, insensible aux tourments et bouleversements du monde. Les socialistes avaient déjà entamé leur patient suicide lors du congrès de Rennes et j’avais le pressentiment, aujourd’hui confirmé, qu’il y en avait pour vingt ans à en subir les conséquences. Enfin, ma fonction m’empêchait de me consacrer à mes proches et moi-même ; j’étais devenu comme otage en mon palais, esclave de la fonction présidentielle. Seul Michel Charasse, que je tenais informé de mon état d’esprit jour après jour, me soutenait, considérant que j’étais l’objet d’une petite dépression que je refusais de reconnaître, par orgueil. Il ne me jamais dit, mais ceux à qui il s’en était ouvert étaient venus me le répéter, souhaitant obtenir par là une disgrâce de l’intéressé. Même ces petits jeux de cour ne m’amusaient plus, Attali ne m’inspirait plus qu’une lassitude souveraine.
L’envahissement du Koweït par les troupes de Saddam Hussein me dissuada cependant d’accomplir le geste qui s’imposait, compte tenu du contexte de l’époque.
Ce que je vois de la France en mai 2007, me procure les mêmes sensations qu’il y dix-sept ans. Comme prévu, les Français ont élu celui qui leur a raconté l’histoire qu’ils avaient envie d’entendre. Hélas.
Cet homme est redoutable. C’est même le plus redoutable issu des rangs de la droite depuis de Gaulle. Tenez, cette semaine, il lui a fallu deux jours pour enlever à Royal le sceptre de leader naturel de l’opposition et l’agiter sous le nez de Delanoë. J’en suis bien heureux pour le maire de Paris. Le nouvel élu ne veut pas que l’UMP reprenne la capitale lors des prochaines municipales, il connaît bien sa chronique du Chiraquisme. Delanoë va pouvoir affronter l’affligeante Panafieu en toute quiétude. Pour le reste, je suis bien inquiet. Je me demande bien pourquoi je me suis mis en tête d’aider ces incorrigibles socialistes. Ils n’ont rien appris, rien oublié.


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