26/05/2007

Napoléon Ier et son héritier, Solutré et moi

  J’entends que l’on compare le nouveau président de la République à Napoléon Ier. C’est une idée bien étrange. Napoléon était un bâtisseur et Paris lui doit la rue de Rivoli, la rue de la Paix, la colonne Vendôme, l’arc de triomphe du Carrousel, la réunion du Louvre et des Tuileries…Il s’est efforcé, comme moi, de laisser une trace. Je ne discerne pas cette ambition chez le nouveau chef de l’Etat. C’est un homme de l’instant, un coussin qui prend la forme du dernier postérieur qui s’est assis dessus, et en cela, il ressemble à son prédécesseur.

   Napoléon III est un modèle qui lui convient mieux. Napoléon le petit était d’ailleurs la proie de la même obsession : soudoyer les ennemis du camp d’en face et les amener à lui.

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  Si j’étais encore complètement des vôtres, ce lundi j’aurais pu gravir la roche de Solutré. Avez-vous remarqué que ce pèlerinage est de plus en plus copié ces derniers temps ? Si il existait des droits d’auteur en la matière, ma fortune serait considérable et mes héritiers à l’abri du besoin pour deux siècles.

  Cela étant, à la fin, la horde des journalistes qui s’invitaient devenait de plus en plus insupportable. Je passais mon temps à jouer à cache-cache avec une meute qui était prête à écrire n’importe quoi dès que j’ouvrais la bouche. J’en ai connu beaucoup qui avaient le guillemet facile parmi tous ces envoyés spéciaux.

  Il n’y avait pas que des mauvais côtés à cette situation. Il est toujours amusant de tester l’esprit de cour des journalistes. En 1991 par exemple, je les avais tancés car ils étaient venus sans invitation. Ils affichaient tous un sourire niais destiné à m’amadouer. Je leur avais alors proposé un verre de vin tandis que nous étions à l’auberge. Je leur avais indiqué que dans la région, le rouge était bon, mais le blanc bien meilleur. Evidemment, ils s’étaient tous empressés de réclamer du blanc puisque j’avais dit que c’était mieux. C’est là que j’ai demandé du rouge à l’aubergiste. Ils ont tous ri de nouveau, mais pas un n’a protesté. Pourtant, il y avait là du beau monde : Christine Clerc, Anita Hausser, Jean-Luc Mano, Rachid Arhab, Florence Murraciole… Ils étaient de bonne composition et je me suis laissé aller à leur glisser quelques confidences afin qu’ils puissent justifier leur déplacement. J’en avais même profité pour jouer à mon petit passe-temps favori : demander à un ou deux d’entre eux ce qu’il aurait fait à ma place au sujet d’un dossier ou d’un autre. Celui à qui s’adressait la question se sentait investi, l’espace de quelques secondes, d’une haute charge, bombait le torse, et délivrait sa pensée la plus profonde d’un air docte et pompeux, tandis que les autres se renfrognaient tout en tentant de dissimuler leur jalousie du favori de l’instant. Parfois, bonne pâte, je faisais plaisir à tout le monde, lorsqu’à la fin du petit laïus de l’intéressé, je laissais tomber, d’un air navré et négligent à la fois, ces quelques mots : « Non, ça n’est pas ça du tout… » Cela provoquait la cruelle hilarité de tous ses confrères. Journaliste, ça n’est pas un métier facile.

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  J'avais promis aujourd'hui de vous entretenir du cas de Manuel Valls. Comme le disait Pasqua, "les promesses... etc..."

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