25/05/2007
Ambition et Hollande, Valls et partie remise
Lorsqu’il travaillait aux côtés de Jacques Attali à l’Elysée, François Hollande était un garçon appliqué et modeste. Il était déjà doté aussi d’un certain aplomb et en certaines occasions, il n’était pas dépourvu d’humour, y compris en ma présence, ce que peu osaient à l’époque (en tout cas, pas Attali, qui avait très peur que ces plaisanteries ne finissent par m'agacer ). Il m’est arrivé d’avoir quelques conversations à cette époque avec Hollande et j’avais constaté que de tous les inconditionnels de Delors qui peuplaient mon cabinet, il était de loin le plus politique. Lorsque nous évoquions le PS et que je lui faisais part de mes observations sur la manière à employer pour diriger des socialistes, il ouvrait de grands yeux ébahis et il ne perdait pas une miette des précieux avis que je formulais alors.
De mes leçons, Hollande a retenu la principale : toute situation est porteuse de son contraire. De ce point de vue, je dois dire que depuis vingt-quatre heures, je me divertis beaucoup à la lecture des éditoriaux prononçant l’oraison funèbre de l’actuel Premier secrétaire, des éditoriaux qui constatent avec le même allant que personne ne semble aujourd’hui en mesure de s’imposer naturellement à la tête du Parti Socialiste. Faites donc confiance pour laisser François Hollande gérer le calendrier du PS. Si j’étais à a sa place, je garderais la date fixée pour le prochain congrès à la fin de l’année 2008, j’attendrais patiemment que les uns et les autres, potentiels candidats au premier secrétariat, s’épuisent, se neutralisent, se combattent, s’étripent, tout cela sans y prendre part, à l’écart des coups, puisque publiquement déterminé à passer la main. Si j’étais à sa place, dévoué tout entier au bien du parti, j’organiserais colloques, conventions, assises afin de préparer la gauche de demain à l’exercice des responsabilités, je ferais ainsi preuve d’une volonté de rassemblement désintéressée là où tant d’autres n’afficheraient que leur volonté d’être candidat à tout prix à l’élection présidentielle. Si j’étais à sa place, je me dirais qu’aucun d’entre eux ne peut s’emparer de la tête du PS et que finalement, les adhérents, lassés de ce spectacle interminable préféreraient encore s’en remettre à moi plutôt qu’à n’importe qui.
Voilà, pour ceux qui en douteraient encore, je persiste et signe : oui, François Hollande est candidat à sa succession, et l’annonce de son retrait est révélatrice de sa suprême habileté, tant il est vrai que « la parole a été donnée à l’homme pour déguiser sa pensée ».
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Manuel Valls veut changer le nom du parti socialiste, pour le "dépoussiérer" dit-il. Aujourd’hui, je suis un peu las, mais promis, demain, je vous dirai bien des choses sur ce jeune homme. Le vendredi soir, j’aime à me consacrer à ce qui m’est précieux, certains de mes lecteurs devraient parfois s’en inspirer. Paris est si plaisant ces temps-ci…Il suffit de se poser à la terrasse d’un café de Saint-germain-des-Prés, de laisser aller son regard à la contemplation des jolies choses du monde et de se dire que décidément, on ne peut rien contre la volonté d’un homme.


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