19/05/2007

Coup d'Etat Permanent 2, Hollande et déprime

  Une VIe république est née. Le nouvel élu vient de réussir l’exploit de réviser sans le dire la constitution de la Ve république, une affaire menée en deux jours sous les applaudissements d’une presse qui juge que rien n’est plus moderne pour un chef de l’Etat que de s’afficher en culottes courtes  au bois de Boulogne. 

  Soit.

  Nous y sommes donc. Un régime présidentiel à l'américaine sans "check and balance" vient d'être instauré silencieusement en France. Qu'on en juge. Un président omnipotent. Un Premier ministre ravalé au rang de directeur de cabinet. Des ministres dépendants directement des conseillers de l’Elysée en charge de leur dossier. Des directeurs de cabinet choisis par l’Elysée. Et demain, plus de 400 députés UMP à l’Assemblée Nationale, un Sénat de droite, un Conseil Constitutionnel de droite, un CSA de droite, au total une confiscation sans précédent de tous les pouvoirs de la république au profit d’un clan, d’une bande, d’une faction qui veut tout, qui prend tout, qui écrase tout, qui brise tout  et qui va mener ce pays à la déchéance morale.

  Je ne suis pas sorti de ma retraite pour assister benoîtement à ce spectacle là. Je l’avais dit, les institutions de la Ve république sont dangereuses, elles l’ont toujours été, elles le seront toujours. L’élu du 6 mai s’est octroyé des pouvoirs qui, aux yeux du monde, condamneraient Bush et Poutine à entrer dans l’histoire aux côtés de Peron et de quelques autres guère plus recommandables. Combattre ce personnage, son régime, sa clique, ses pompes, ses télévisions est une nécessité républicaine absolue, ceux qui caressent le doux rêve de créer une sorte de PSU social-démocrate à l’usage des années 2000 se trompent de priorité.

  Il est grand temps d’écrire « le Coup d’Etat Permanent 2 » et puisque personne dans le PS d’aujourd’hui ne parait saisir la dimension de l’enjeu, (hormis quelques jeunes prometteurs), je vais m’en charger moi-même.

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  François Hollande, me dit-on, est très abattu par les débauchages de Kouchner et Jouyet. C’est un des traits de caractère d’Hollande, hors des manœuvres d’appareil, il est perdu et il a le don de ne pas voir le profit qu’il peut tirer de situations apparemment défavorables. Il n’est plus question de geindre et de se lamenter, bien au contraire. Au risque de heurter certains de mes lecteurs, je répète ce que j’ai dit hier ici même : face à ce régime, il ne peut y avoir d’opposition qu’inconditionnelle.

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