18/05/2007
Ministres et conseils au PS
L’opposition ne peut être qu’inconditionnelle. Les socialistes n’ont d’autre choix que celui-là s’ils veulent préserver l’essentiel lors des prochaines élections législatives et entamer la reconquête. Je les conjure d’en finir avec ces déclarations de tiédeur répétées inlassablement depuis 2002 sur les vertus d’une opposition « responsable », « lucide mais déterminée » et autres mièvreries destinées à complaire aux puissances d’argent. Avec le nouvel élu, il ne saurait être question d’adopter la posture frileuse de l’opposition « réaliste », ce pauvre masque dont la fonction est de dissimuler les plus lâches renoncements.
De ce point de vue, le gouvernement Fillon est une bénédiction. J’y discerne de grandes faiblesses. Les postes clés y sont occupés par des amateurs qui plaisent à TF1 mais qui seront sources de bien des difficultés pour le nouveau Premier ministre.
Commençons par Kouchner. C’est un homme qui a beaucoup de qualités, (personnellement j’ai toujours été bluffé par sa capacité à se tirer les larmes sur des plateaux de télévision, quasiment sur commande), mais il ne possède aucune de celles qui font les grands ministres des Affaires étrangères. Les socialistes devront impérativement lui mener une vie d’enfer, notamment lors des séances de questions d’actualité. Il faut qu’à chacune de ces interpellations soient prononcés les mots de « trahison », « traîtrise », « félonie », « parjure », « désertion », « déloyauté »… Il doit devenir la cible permanente du PS. Cette entreprise doit être menée systématiquement, constamment et inlassablement, à l’Assemblée comme ailleurs. Que les jeunes parlementaires socialistes, si ils sont élus ou réélus plantent chaque jour leurs crocs dans ses jarrets. Vous verrez le résultat, Kouchner y perdra ses nerfs, et comme il comprendra vite qu’il s’est fait rouler par le nouvel élu, qu’il est juste bon à passer à la télévision et que pour le reste, il n’est qu’un paillasson, il quittera le gouvernement sur un esclandre qui causera grand tort à ceux qui l’ont débauché. Cette affaire là peut être menée en six mois maximum. Ce sera le premier fiasco du tandem au pouvoir.
Autre cible de choix, Rachida Dati. Je l’ai bien observée durant la campagne, elle n’a pas de nerfs. C’est une impulsive emportée, fébrile ; elle est comme son maître, elle se veut omnipotente et se croit habitée par un destin hors norme alors que c‘est une pauvre excitée qui souffre d’un grand manque d’estime de soi. Elle n’est dotée d’aucune des qualités qui font les grands Gardes des sceaux. A elle aussi, même traitement que Kouchner, à l’Assemblée comme ailleurs. Il est évident qu’elle interviendra maladroitement et brutalement dans les affaires sensibles et il suffira d’en tirer profit. Il conviendra que les campagnes de déstabilisation menées contre elles soient des plus acharnées, si le PS y consent, bien entendu.
Boorlo présente aussi nombre de faiblesses à exploiter . Il faut sans plus attendre entamer une campagne sur le maintien de son épouse au journal de 20 heures d’Antenne 2. Elle doit y officier de nouveau durant la campagne des législatives, il faut dénoncer sans attendre cette "collusion". Si on l’a retirée pour l’élection présidentielle, élection qui ne concernait pas son époux, pourquoi revient-elle dans une période où celui-ci entre au gouvernement et est candidat à des élections législatives? D’une pierre deux coups, puisque cette affaire aurait aussi le mérite de rappeler aux Français l’inféodation des puissances médiatiques au nouvel élu.
Ce gouvernement comporte encore bien des faiblesses : Hortefeux, un faible ; Pécresse, une bourgeoise désincarnée ; Bachelot, une fausse gentille incompétente ; Boutin, une illuminée ; Alliot-Marie, une psychorigide sans âme … Je pourrais ainsi définir une stratégie de combat à l’encontre de chacun de ces zozos, mais la place manque aujourd’hui.
Quant au Premier ministre, il conviendra de l’ignorer complètement pour mieux souligner en toute occasion son inexistence politique et se consacrer à la seule cible qui compte, l’invraisemblable président que les Français ont élu par accident.
Je m’en veux presque d’avoir à donner ces conseils de simple bon sens politique aux socialistes, c’est vous dire mon inquiétude, mais les choses étant ce qu’elles sont à ce jour, il faut bien apprendre à réapprendre ce que doit être une opposition digne de ce nom (et de ses électeurs) qui entend devenir majorité avant 2017.


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