13/05/2007

Conseil national, Allègre, Cambadélis

  J’ai laissé mon esprit s’aventurer hier, dans les coulisses du conseil national du Parti socialiste. Je l’ai bien regretté, cela m’a mis de méchante humeur. Il règne dans ce parti une ambiance délétère, quasi mortifère, à laquelle il convient de mettre un terme le plus rapidement possible. 

  Le parti socialiste est dans le même état de décomposition politique et morale qui était le sien à la veille du congrès d’Epinay.

  Je vous ai dit il y a deux jours ce que j’en pensais. Un premier secrétaire doit être par nature le prétendant du PS aux plus hautes fonctions de l’Etat. Le Premier secrétaire, c’est la ligne, le projet, le candidat. Il est tout cela à la fois.

  Il importe désormais qu’un congrès socialiste tranche cette question au plus vite. Hier, j’ai bien compris que François Hollande avait décidé de se maintenir coûte que coûte, conformément à la stratégie qui est la sienne depuis 2002. Gagner du temps, encore du temps, toujours du temps… en attendant quoi ? Je l’ignore, ou ne le sais que trop. Cela m’ennuie de le dire, mais il se comporte comme Guy Mollet à son crépuscule, le marxisme en moins. On ne conduit pas le Parti socialiste de cette façon, sauf à l’entraîner dans une chute irrémédiable. Si les adhérents du PS n’y prennent garde, cette élection du 6 mai dernier prendra très vite les allures de 13 mai. Je me permets de les inviter à y réfléchir. Ne vaut-il pas mieux quelques tumultueuses semaines de congrès ouvrant sur des perspectives nouvelles plutôt que des années d’immobilisme consensuel ne menant qu’à des défaites électorales programmées à l’avance ? Vingt ans dans l’opposition, c’est long… et croyez-moi, j’en ai mesuré les charmes en son temps.

  Le PS est devenu l’otage d’un conglomérat de notables qui estiment plus important de conserver un poste de conseiller général, régional, municipal que de conquérir le pouvoir national, et qui par flagornerie, font allégeance à une direction qui ne sélectionne plus les meilleurs, mais les médiocres, par peur de l’inconnu. Je n’ai pas conçu le parti socialiste pour qu’il finisse, trente-cinq ans plus tard, par présenter tous les stigmates de la SFIO mourante.

 « Et Royal dans tout cela ? » me direz-vous. La réponse coule de source, aussi limpide que l’eau de la montagne. Elle doit déposer une motion lors du prochain congrès et construire une majorité de rassemblement et de renouveau autour d’elle. J’ai cru comprendre qu’elle n’était pas habitée par un puissant désir d’avenir de devenir la première des socialistes. Elle finira bien par comprendre qu’elle n’a pas d’autre choix envisageable. Après tout, le 10 juin 1971, je n’étais pas membre du PS et trois jours plus tard, j’en étais le Premier secrétaire. Pierre Mauroy lui-même m’y avait encouragé, alors que je lui faisais part de certaines de mes réticences à occuper cette fonction,  m’expliquant qu’à cette place, je serais le prétendant naturel des socialistes dès qu’il s’agirait de les conduire aux batailles électorales à venir.

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  Claude Allègre a fait savoir qu’il acceptait de se mettre au service du nouvel élu afin de l’aider à s’occuper des problèmes de l’université française. C’est une très bonne nouvelle et il faut souhaiter que les conseils d’Allègre soient suivis à la lettre. 

   Claude Allègre trouve le nouvel élu « très sympathique ». Si j’étais Lionel Jospin, je me poserais bien des questions.

  Cambadélis, qui n’en rate pas une, lance un appel au rajeunissement des cadres dirigeants du PS. Il nourrit visiblement quelques ambitions, comme son maître Strauss-Kahn. Je ne lui en fais pas grief, mais je note qu’appeler au rajeunissement lorsque l’on a soi-même près de soixante ans, c’est faire preuve d’un désintéressement qui ne peut que mériter l’hommage de tous les hommes de bonne volonté.

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