08/05/2007
Vie privée et présidence, PS et classes populaires
Il est écrit qu’un jour un président de la république divorcera en cours de mandat. Je ne sais qui, ni quand, mais cela se produira sans doute. Peut être annoncera-t-on cette nouvelle au peuple quelques jours ou quelques semaines après une escapade d’un chef de l’Etat ici où là, mais je ne doute plus que ce genre d’événements, jusque là privilèges des familles princières d’Europe et d’ailleurs ne finisse par atteindre un président français en exercice.
Pour ma part, j’ai toujours pensé que la vie privée devait être murée. Il en va de sa tranquillité et de sa liberté. Ne point s’exposer au regard d’autrui permet de se préserver de la curiosité légitime qui naît nécessairement de l’exposition publique d’éléments privés.
A ce propos, je m’interroge sur le comportement de l’actuel président élu non encore investi. D’une retraite envisagée dans un monastère pour se préparer à « habiter la fonction » (je ne me fais toujours pas à cette expression) nous voici en jet privé et yacht de luxe au large de Malte. Je présume que la couche doit être plus confortable, mais ce M.Sarkozy a une drôle de conception de l’ascèse qui sied selon lui, à un président de la république. Je présume que la presse française nous fournira prochainement les détails matériels de cette promenade. Qui a payé l’avion ? A qui appartient le yacht ? Et tant d’autres réponses aux questions que soulève la nécessité de la transparence démocratique chère à nos contemporains.
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47% des voix, c’est bien le minimum que se doit de recueillir tout candidat socialiste au second tour de l’élection présidentielle, quel que soit le contexte, par nature hostile en France à tout candidat de la gauche, de la campagne. Il n’y a donc pas lieu de s’émerveiller d’une telle défaite, d’autant plus que l’examen des résultats par circonscriptions me fait redouter le pire pour le PS. Dans le nord, en Bourgogne, dans le midi, des sièges socialistes par tradition risquent de revenir à l’UMP et de grandes voix de parlementaires peuvent s’y perdre. Il ne faut pas se voiler la face. Dans un mois, il se pourrait bien que la gauche ne compte qu’une petite centaine d’élus sur les 577 qu’abrite le Palais-Bourbon.
Au-delà de ces élections législatives,d’ores et déjà perdues, il importe de poser les bases stratégiques qui offriront aux électeurs des classes populaires qui ont cédé au vote Sarkozy l’envie et le besoin de revenir vers les socialistes. J’ai déjà évoqué ce sujet ici, lorsque Rocard et autres « Gracques » ont agité une énième fois leur vieux joujou UDF. C’est aussi ce que souhaite Strauss-kahn et ses amis. Quand comprendront-ils que l’UDF est morte au soir du premier tour de cette élection présidentielle ? Quand reconnaîtront-ils que les électeurs de gauche égarés un instant sur le vote Bayrou sont tous revenus le 6 mai ? Ces questions appartiennent au passé. Les victoires de demain ne se dessineront pas à coup d’alliance inutile avec un corps mort à qui serait offert une chance de survivre ainsi artificiellement par la grâce de socialistes timorés. Une telle alliance reviendrait pour le PS à abdiquer toute ambition populaire, toute volonté de rassembler. Il serait condamné à n’être qu’un parti de petits bourgeois, voués à l’opposition pour l’éternité.
L’élection présidentielle a été perdue parce qu’une partie des classes populaires a choisi de voter Sarkozy. Des électeurs qui socialement devraient voter socialiste (ouvriers, employés, retraités, jeunes…) ont choisi de voter politiquement à droite. Dois-je à nouveau évoquer le front de classes ? J’admets que ce vocabulaire ne n’est pas des plus modernes, et moi-même je ne le manie pas avec facilité, mais cette expression a le mérite de rappeler qu’il n’y a pas de victoire possible à gauche si on ne rassemble pas une majorité politique conforme à la majorité sociale du pays.


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