07/05/2007
Sarkozy, DSK, Fabius, Hollande
Dans les jours qui viennent, je vais parler sans détour, au risque de heurter ici et là les consciences des uns ou des autres. L’élection de Nicolas Sarkozy à la tête de l’Etat français m’oblige à ne plus rien dissimuler de ce que je sais des uns et des autres. Plus que jamais, c’est le moment de tenir le langage de la vérité et je compte bien à me tenir à cette ligne de conduite.
Il faut désormais espérer que Sarkozy respectera ses engagements. Plus il mettra en œuvre les inepties, parfois délirantes, qu’il a promis à tort et à travers au cours de cette campagne, plus il échouera. Je ne donne pas six mois avant que les Français n’ouvrent les yeux sur la réalité de ce pouvoir. Cette retraite en Corse pour se préparer à « habiter » la fonction, quelle farce… Et cette soirée au Fouquet’s, chez les nouveaux riches, alors que Paris compte tant de restaurants prestigieux et plus modestes, quelle comédie… Et ces « vedettes » venues saluer le nouveau maître de la France, ces Clavier, Steevy, Virenque, Hallyday, quel ballet… Avec mon successeur, nous étions dans le pittoresque, avec son successeur, nous serons dans le grotesque.
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Depuis samedi, Arlette Chabot se vantait d’avoir monté un coup avec Strauss-Kahn. Cette hâblerie m’étant venue aux oreilles, je guettais hier soir sur Antenne 2 la prestation de l’intéressé avec grande impatience. Mon attente a duré trois minutes. Je ne veux point juger l’ambition de l’homme. C’est son droit le plus strict que de prétendre aux plus hautes destinées. Mais dieu qu’il s’y est mal pris ! Cassius sortant du sénat romain et couvert du sang de Jules César devait voir l’air moins félon que lui.
Quant à Laurent Fabius, il continue de s’accrocher à ces formules de communicant des années 80. Je ne l’accable pas. Dans cinq ans, il aura l’âge que j’avais lorsque j’ai été élu en 1981. Le temps lui est désormais compté et l’ambition qui l’étreint depuis toujours l’oblige, lui aussi, à forcer le destin. S’il n’y parvient pas, ce sera l’échec d’une vie. Le drame de Fabius, qui s’est tant efforcé de me copier, c’est de ne pas avoir compris que je me suis imposé le jour où je me suis dit que ne pas être président ne serait pas l’échec de ma vie.
Reste François Hollande. Je reviendrai plus précisément sur son cas demain, tant il y a à dire sur lui. Mais hier, il m’a semblé regarder Ségolène Royal d’un autre œil durant le discours de cette dernière. Là où je suis, je sais ce que signifiait cet étrange rictus affiché par celui qui, s’il est encore premier secrétaire des socialistes, n’est plus le premier d’entre eux.


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