04/05/2007
Reflexion et exécution, débat et négation, espérance et avenir
De ma vie, je ne me suis jamais laissé dicter ma conduite par quiconque. Je fais ce que je veux, comme je le veux, quand je le veux. On ne gagne rien à tenter d’expliquer le cours des événements dans la précipitation des medias, le brouhaha des donneurs de leçons, le désordre des empressés, l’emballement des esprits. En politique, seul compte le rapport de force, l’analyse qu’impose ce rapport, et la volonté des individus. La juste appréhension d’une situation politique et de ses conséquences prévisibles exige de la froideur. Les passions sont mauvaises conseillères. « Il faut être lent dans les délibérations et vif dans l’exécution » disait Napoléon, qui a tout perdu lorsqu’il ne s’est plus appliqué à lui-même ce sage précepte.
Quoi qu’il arrive au soir du 6 mai, le combat ne s’arrêtera pas. Quel que soit le résultat, il sera prétexte à recommencement, renaissance. Victoire ou défaite, il ne faudra rien lâcher, rien céder, rien abandonner dans les jours, semaines, mois, années qui s’ouvrent à vous. Victoire ou défaite, les forces puissantes qui ont inlassablement soutenu le candidat de l’UMP continueront de le soutenir et la lutte sera rude. Victoire ou défaite, plus rien ne sera possible sans Ségolène Royal.
Le désir de victoire, la peur de perdre nourrissent des émotions incontrôlées, des affolements coupables, souvent générateurs d’actions néfastes. Depuis le 22 avril, Ségolène Royal a démontré qu’elle était dotée de cette capacité à maîtriser le cours des choses tandis que son adversaire s’en est montré incapable. Elle a été mouvement et non inertie. Grâce à sa parfaite analyse de la situation née des résultats du premier tour, elle a d’ores et déjà ramené vers le vote socialiste l’ensemble des voix de gauche égarées sur le vote Bayrou. C’est sur ce socle que peuvent se bâtir les victoires de demain et d’après-demain.
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J’en viens maintenant à l’enseignement politique essentiel du débat de mercredi.
A de nombreuses reprises, le candidat de l’UMP a cru très fin de rappeler à Ségolène Royal quelques citations de François Hollande, émises ici et là au cours de la campagne et il faut bien le dire, parfois « malencontreuses », la dernière en date étant proférée le jour même du débat avec l’annonce de la nomination d’un Premier ministre estampillé « socialiste d’appellation contrôlée » en cas de victoire (était-il vraiment très opportun de se livrer à cette sortie ce jour là ? je vous en laisse juge). Vous avez pu constater comme moi, qu’agacé par la liberté affichée de la candidate socialiste confrontée à ce petit rappel qui se voulait embarrassant, Nicolas Sarkozy a fini par lui demander si elle ne sentait pas liée par ce que pouvait dire le premier secrétaire du parti socialiste. La réponse a été des plus éloquentes : « non »
Ce « non » si clairement énoncé, si volontaire, si pur même, me ravit depuis trente-six heures. C’est un « non » de liberté. Un « non » d’indépendance. Un « non » de chef d’Etat. C’est le « non » que prononcent ceux qui se savent maître de leur destin et n’auront plus de comptes à rendre à quiconque.
Lénine avait coutume de dire qu’en politique, « la pratique est le critère de la vérité ». Certes, il n’a jamais figuré au premier rang de mes inspirateurs, mais cette maxime mérite d’être méditée comme il se doit, et rapportée au cas d’espèce évoqué ici, elle prend tout son sens.
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J’aime à croire, vous qui me lisez tous les jours par dizaines de milliers, et depuis deux mois par centaines de milliers, que vous ne désespérez pas de la victoire. Sans espérance, rien n’est possible, et quoi qu’il arrive désormais, Ségolène Royal porte cette espérance. Encore une fois, le 6 mai n’est pas un terme, c’est une étape. Gardez votre foi, votre enthousiasme, conservez votre volonté, nourrissez votre haine même, si vous le voulez, à l’encontre de cette droite, la plus réactionnaire depuis bien longtemps, mais, je vous en conjure, n’oubliez jamais que les doctrinaires dorment entre cour et jardin, ils ne voient jamais dans la rue.


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