03/05/2007
Un regret pour le passé, un souhait pour l'avenir
Jacques Attali me le reproche encore, mais pour une fois, il n’a peut être pas complètement tort. Durant mon second mandat de président de ma république, j’ai été trop respectueux des prérogatives de mes premiers ministres. A l’heure où s’achève cette campagne présidentielle, je confesse regretter de ne pas avoir imposé à Michel Rocard la re-nationalisation d’une entreprise publique privatisée par la droite. Dans les premières semaines de son installation, nous avions pourtant évoqué le sujet avec le chef du gouvernement, car je voulais éprouver sa volonté de gouverner en socialiste. J’avais vite compris que ce sujet comme sur d’autres, il avait décidé d’être le plus inerte possible afin de ne pas hypothéquer les chances qu’il pensait avoir de me succéder un jour à la tête de l’Etat.
Je me souviens très bien de cette conversation en tête-à-tête. Elle s’est déroulée dans mon bureau, à l'elysée, un soir de l’été 1988. J’ai testé mon idée auprès de Michel Rocard. Il a pris un air embarrassé et il s’est lancé dans une grande explication en s'abritant derrière ce jargon qui lui est si familier, explication à laquelle je n’ai pas compris grand-chose, si ce n’est que ce que je souhaitais était « techniquement impossible ». J’ai par la suite souvent entendu cette justification prétexte à ne rien faire sur rien ; sur les infirmières, les retraites, la justice, l’école… A chaque fois, c’était « techniquement impossible »
Aujourd’hui, je le répète, je regrette de ne pas avoir exigé cette re-nationalisation. A voir cette entreprise, objet de patrimoine national, soutenir jour après jour, heure après heure, le candidat de l’UMP, je le regrette doublement. La complicité avec Nicolas Sarkozy est avérée. C’est une complicité familiale, d’argent et de pouvoir. C’est une complicité qui vise à confisquer cette élection aux Français. C’est une complicité qui a été exposée aux yeux de tous lors du meeting de Bercy tenu par le candidat de l’UMP, avec la mise en avant indécente de salariés et employés de cette entreprise, ralliés, de gré ou de force, à la cause.
J’apprends maintenant que le vice-président de cette entreprise, mis à la retraite, va très probablement occuper prochainement de hautes responsabilités auprès de Nicolas Sarkozy, si ce dernier est élu. L’attribution d’un ministère est même dans l’ordre des choses probables. Oui, décidément, tout est possible.
J’oublie cependant de vous préciser deux petites choses. Le vice-président en question se dénomme Etienne Mougeotte et il exerce encore ses talents au sein de la société TF1. Une entreprise qui aurait dû revenir dans le service public depuis longtemps si mon Premier ministre de l’époque n’avait pas abdiqué en échange d’invitations de complaisance dans le journal de M.Poivre d’Arvor.
La droite française ne changera jamais, et sa devise demeure : « Tout prendre, ne rien rendre ».
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On reproche beaucoup à Arlette Chabot d’avoir fait la bise à Nicolas Sarkozy après le débat d’hier soir. On lui rendra grâce toutefois de ne pas avoir haché la conversation par des interventions intempestives.
Pour ma part, si j’avais été à la place des deux candidats, j’aurais souhaité que l’échange fût arbitré par Laurence Ferrari. Très franchement, lorsqu’elle apparaît sur un écran, elle ne nous donne pas le sentiment de se retrouver, après avoir fait la queue une heure, face à une postière revêche tapie derrière son guichet. Elle est aimable et pose gentiment ses questions. Il faudra y songer en 2012, quand il s’agira de faire à nouveau campagne pour Ségolène Royal.


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