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30/04/2007
Sarkozy et Guaino, Chabot et débats
Ma position actuelle m’a permis d’assister hier en toute discrétion au meeting de Nicolas Sarkozy à Paris. Je ne vais pas revenir ici à nouveau sur la liste des soutiens nombreux qui rejoignent, jour après jour, le candidat de l’UMP, tout a déjà été dit à ce sujet. Tout cela a un furieux air de mai 58 et je plains les plus jeunes d’entre vous qui allez découvrir ce monde là, si par malheur ce candidat est élu.
Hier, M.Sarkozy a délivré un de ces discours ciselés pour lui par sa nouvelle plume, Henri Guaino. Il est assez divertissant d’observer que ce monsieur a officié auparavant pour le compte de Philippe Seguin et de Charles Pasqua. Il était déjà préposé à la rédaction de diatribes où il plagiait sans vergogne, et sans que Pasqua ne s’en aperçoive, Barrès, Déroulède et Maurras. En 1999, lors de la campagne des européennes, époque où le peuple français avait estimé Sarkozy à sa juste valeur, Guaino avait exigé de son mentor une place de député européen, une sollicitation que le terrible monsieur Pasqua avait refusé tout net. Pour se venger, Guaino passait tout son temps à occuper les lignes téléphoniques du conseil général des Hauts-de-Seine, où il était employé, afin d’expliquer à tous ses interlocuteurs que Pasqua était gâteux.
On m’a rapporté également que ce Guaino a une très haute idée de lui-même, aussi haute que ses idées sont courtes. Il est à ce point empli de lui que tous ses proches finissent tôt ou tard par l’éloigner. Cette marque de caractère lui a valu de dormir quelques mois sur le canapé d’un ami qui a bien voulu l’héberger le temps de sa rédemption.
Pour tout vous dire, ce Guaino est un zozo de grande envergure, et comme tous les zozos, il ne fait que des zozoteries. Cela serait sans conséquences s’il n’était le grand inspirateur de la pensée Sarkozienne, une pensée dont nous avons tous pu mesurer ce dimanche l’abyssale profondeur à travers le discours lu par le candidat de l’UMP, ce discours de rupture avec mai 68 qui laissa Thierry Roland et Philippe Bouvard muets d’admiration, tout comme leurs compagnons de route, Alain Finkielkraut et André Glucksmann.
Paul-Marie Couteaux, un député européen souverainiste qui a bien pratiqué Guaino affirme que ce dernier n’a pas lu les livres qu’il prétend connaitre, mais des fiches de lecture, comme les affectionnent les étudiants de Sciences-po. Il trouve cependant à Guaino une qualité essentielle, et je ne résiste pas au plaisir de la citation : « Attention, dit Couteaux, ce Guaino n’a pas que des défauts. A table, c’est un bon convive »
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A quarante huit heures du débat, Arlette Chabot s’inquiète. Elle sait que Ségolène Royal est informée de ses agissements et sympathies diverses, et elle craint de la part de la candidate une allusion à ce sujet. Il est vrai que ce samedi, Arlette Chabot s’est surpassée. C’est elle qui a imposé que le débat Royal Bayrou soit traité dans le corps du journal de 20 heures d’Antenne 2, comme s’il s’agissait d’une nouvelle sans plus d’importance que cela, déclarant au passage devant ses fidèles que : « de toutes façons, on en fait bien assez pour ces deux nazes »
29/04/2007
Sarkozy, télévision et avenir
Nicolas Sarkozy est un homme très occupé. Comme il se voit déjà élu, il songe à la composition du gouvernement Fillon et il se préoccupe de l’avenir médiatique de ce premier cabinet. Il faudra bien, en effet que l’action future de ce gouvernement soit exposée aux Français comme il se doit. Depuis trois jours, le candidat de l’UMP passe son temps à évoquer, et son entourage le fait savoir, ces importants dossiers que sont la succession de MM.Namias, Dassier et Poivre d’Arvor (à qui personne n’ose l’annoncer encore) à TF1, l’éviction de MM.Nahon, Leclerc (Gérard), Moati, Schneidermann, Taddéi des chaînes publiques, la promotion de Mme Chabot à la tête d’Antenne 2 et son remplacement à l’information par M.Bilalian, l’intronisation de M.Benamou à la tête d’une grande chaîne nationale, la destruction des marionnettes de Canal plus, et pour finir, la béatification de M.Elkabbach…
Si tout cela ne peut être évité, nous en reviendrons aux très riches heures de la télé gaullienne. Délicieuse époque que les plus jeunes de mes lecteurs n’ont pas connue. En ces temps reculés, Jacqueline Baudrier, la directrice de l’information de l’ORTF (c’était un peu la Arlette Chabot de l’époque, mais avec un faux air de Danielle Darrieux), demandait à tout journaliste dont elle envisageait le recrutement quelles étaient ses préférences politiques. Tous les candidats, avertis, confessaient invariablement leur foi en l’idéal gaulliste. Tous, sauf un, qui un jour préféra honnêtement s’afficher démocrate-chrétien. Mine interloquée de Jacqueline Baudrier. Elle n’avait jamais vu de journaliste non gaulliste. Inquiète, elle se risqua alors à poser cette question au postulant : « mais cher monsieur, si vous n’êtes pas gaulliste, comment ferez-vous pour être objectif ? »
28/04/2007
Dialogue et enjeu, téléphone et UMP
Le dialogue entre Ségolène Royal et François Bayrou permet de préciser une dernière fois l’enjeu historique de cette élection présidentielle. Le 6 mai, les Français auront le choix de rompre ou non avec l’héritage de 1789.
Voilà bien l’enseignement qu’il faut retirer de ce dialogue : Bayrou n’appartient pas au bloc réactionnaire constitué autour des candidats UMP et FN au soir du premier tour de scrutin. Voilà ce que Ségolène Royal et lui-même entendaient démontrer ce jour. En dépit de leurs divergences, ils ont affiché leur volonté politique d’agir en héritiers directs des constituants de 1789.
L’enjeu de ce second tour est clairement établi.
Les 60% de Français qui ne veulent pas de Nicolas Sarkozy, de sa police à la Fouché, de sa presse à la Bonaparte et de son christianisme à la Pie XII, ces 60% de Français doivent pouvoir être rassemblés, à la seule condition que l’enjeu réel de cette élection leur soit perceptible. Si cette dimension leur échappe, si la pédagogie indispensable n’est pas employée, le pire est à redouter, le 6 mai et après. François Bayrou a accompli une partie du chemin pour amener, sans heurt, ses électeurs à déduire qu’il n’y a plus d’autre choix logique, cohérent, utile, nécessaire, que de glisser un bulletin de vote Royal dans l’urne le 6 mai prochain. Aux socialistes de les aider à parcourir le reste du chemin.
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J’espère qu’il sera porté à la connaissance du public le montant de la note de téléphone de Sarkozy et de ses proches pour ces trois derniers jours. Pour empêcher la tenue du dialogue Royal Bayrou, et à eux seuls, ils ont saturé l’espace téléphonique français de coups de fils vengeurs et menaçants adressés à tout ce que l’audiovisuel national peut compter de responsables. Le seul qui n’a pas eu doit à son coup de fil dissuasif, c’est Jean-Pierre Elkabbach. Avant même qu’on lui téléphone, le directeur d’Europe no 1 avait déjà appelé Sarkozy pour l’assurer qu’il n’organiserait pas le débat sur ses antennes et qu’il ne céderait pas à la pression. Ce sont des anecdotes comme celles-ci qui me rajeunissent. J’ai l’impression de me retrouver en 1981. En pire.
Quant à Pierre Charon, le grand ordonnateur des rassemblements de l’élite culturelle Sarkozyste, il bat le rappel téléphonique des troupes convoquées demain à Paris pour le grand meeting du candidat de l’UMP. Aux côtés de Sarkozy, on découvrira les visages réjouissants de ceux qui incarneront demain, s’il est élu, la France des arts et des spectacles: Christian Clavier, Jean Reno, Doc Gynéco, Stéphane Courbit, Alexia Laroche-Joubert, Enrico Macias, Alain Afflelou, Steevy, Martin Bouygues… Un bien beau spectacle vivant, qui nous laissera beaucoup de temps de cerveau disponible.
27/04/2007
Chabot et Lang, Sarkozy et IIe république
Suivant les conseils prodigués ici il y a trois jours (oui, on me lit beaucoup ces temps-ci, au 2-8-2 et rue de Solferino), Jack Lang, qui est chargé de mener les négociations relatives à l’organisation du débat du 2 mai, a récusé Arlette Chabot. Hélas, Patrice Duhamel, le vrai président d’Antenne 2 et de FR3, a soutenu mordicus, auprès du CSA, la candidature de la « journaliste » favorite du candidat de l’UMP, et Lang n’a pas osé maintenir la récusation. C’est bien dommage.
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J’ai attentivement écouté François Bayrou ce matin sur Radio Luxembourg. Il va devoir bientôt tirer, pour lui-même, la conclusion qu’impose sa dénonciation du danger représenté par le candidat de l’UMP. D’ici quelques jours, il devrait indiquer qu’il ne peut que voter Ségolène Royal si, comme il le dit si bien, les libertés publiques sont à ce point menacées par le nouveau Napoléon le petit.
Il est vrai que tout bien comparé, les vieilles figures de la droite française profanatrice de libertés que furent les Frey, Marcellin, Peyrefitte, Poniatowski et autres, apparaissent désormais comme de bien pâles ancêtres de ce qu’est devenu le candidat de l’UMP, cette hydre médiatique engendrée par les puissances d’argent, brutale et arrogante, et qui s’apprête, sans trop se dissimuler, à faire main basse sur une nation.
Cette affaire de débat Royal Bayrou est révélatrice. La France est devenue le seul Etat démocratique du monde où une confrontation courtoise, souhaitée, décidée par deux candidats à une élection présidentielle, ne peut se tenir parce qu’un individu s’y oppose. Ce même individu peut ainsi imposer sa volonté à l’ensemble de la presse quotidienne régionale, à toutes les chaînes de télévisions, à toutes les stations de radios et à tout le CSA. Tout cela pour éviter une image qui serait pour lui assassine: Royal et Bayrou se serrant la main, tout sourire, puis débattant sereinement, et constatant, qu’au bout du compte, ce qui importe, c’est la défense des libertés publiques et leur volonté commune de faire obstacle à un candidat qui s’apprête à les bafouer.
Je souhaite que chacun réfléchisse, en conscience, à ce que cette situation signifie au regard de l’Histoire. Cette affaire ne doit pas être jugée comme une anecdote de campagne ordinaire, une péripétie commune d’entre deux tours d’élection présidentielle. Cette affaire est révélatrice de la nature profonde du changement de régime qui se prépare dans les antichambres médiatiques et financières du sarkozysme: une France confisquée puis enchaînée. Si le candidat de l’UMP est élu, la Ve république sera morte et nous assisterons de fait, et pour un temps, à la résurrection de la IIe. Cette résurrection sera éphémère, car l’Histoire nous enseigne que les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets.
26/04/2007
Stratégie et Epinay, Chevenement et Royal
L’intérêt national exige que tout, je dis bien tout, soit mis en œuvre pour battre le candidat de l’UMP. Beaucoup de socialistes n’ont pas encore compris que la victoire de ce candidat là, qui dispose de moyens financiers et médiatiques, comme jamais candidat de droite n’a eu à son service depuis de Gaulle, les renverra dans l’opposition pour vingt ans. Un vieux rêve de la droite française peut se réaliser le 6 mai, s’offrir par les urnes et tout à la fois, un 2 décembre 1851 et un 13 mai 1958.
Compte tenu de ce qui précède, Ségolène Royal ne doit rien négliger qui puisse lui permettre de créer les conditions de sa victoire d’ici au 6 mai prochain. Hier, Bayrou a porté un coup terrible à Nicolas Sarkozy, et pour tout vous dire, il en a même fait plus que ce que j’attendais. En mettant en garde contre la concentration des pouvoirs entre les mains de Sarkozy, au cas où ce dernier serait élu, il a probablement détourné de ce vote de nombreux électeurs lui ayant accordé leur suffrage dimanche dernier.
Les socialistes doivent laisser Ségolène Royal gérer cette affaire là. J’entends que certains protestent, ici où là, et hurlent à la trahison. J’entends qu’ils dénoncent le renversement d’alliance. J’entends, enfin, qu’ils en appellent à l’héritage du congrès d’Epinay.
Le parti socialiste actuel n’est pas le fruit du congrès d’Epinay, il est le produit du congrès de Rennes. Il demeure le parti de Lionel Jospin et de ses pratiques, un héritage avec lequel Hollande, par commodité, n’a pas pu, n’a pas voulu, n’a pas su rompre. Depuis 2002, les atermoiements, les hésitations, les inconnues, les désarrois, les ambiguïtés ont pesé et continuent de peser sur le destin d’un parti qui me parait encore conduit par le fantôme politique de l’ancien Premier ministre. Il faut sortir de cette situation aujourd’hui. L’union de la gauche est morte avec le PCF et Marchais, la gauche plurielle est morte avec les Verts et Voynet, et s’il faut invoquer Epinay et Metz, ce sera pour rappeler que seule la constitution d’un front de classes, c’est à dire la construction d’une majorité politique s’identifiant à la majorité sociale du pays, permet aux socialistes d’accéder durablement au pouvoir.
Aujourd’hui, la constitution de ce front impose de rallier les électeurs de François Bayrou. Tout doit être mis en œuvre pour y parvenir. L’Elysée vaut bien un débat. Mais qu’on ne s’y trompe pas, en acceptant de débattre avec Bayrou, Royal ne se livre pas aux centristes. Bayrou a décidé de jouer (sans se l’avouer d’ailleurs) les Georges Marchais du centrisme, grand bien lui fasse, le même sort l’attend. Le comportement du leader de l’UDF au cours de cet entre deux tours d'élection présidentielle peut donner à ses électeurs le goût, puis l’habitude de voter socialiste. C’est de cette façon que le PS a reconquis l’électorat communiste tout au long des années 70. Relisez mon discours prononcé devant l’Internationale socialiste en 1971, et remplacez les mots « communiste » par « centriste » ; vous comprendrez alors le sens de la stratégie déployée depuis trois jours par Ségolène Royal. Lors des élections législatives à venir, et quel que soit le résultat de l’élection présidentielle, le mode de scrutin majoritaire et l’impitoyable bipolarisation qu’il entraîne, produiront leurs effets habituels. L’UDF sera broyée, mais, et c’est cela qui importe, entre temps, Ségolène Royal se sera octroyée les moyens de remporter l’élection présidentielle. C’est bel et bien cette ligne là qui est conforme à l’héritage du congrès d’Epinay, et Royal est bien inspirée de la suivre.
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Beaucoup se demandent encore comment Royal s’y est prise pour rallier à sa cause Chevènement. C’est très simple. Il a suffi d’un thé pris en milieu d’après-midi, en décembre dernier, au domicile de mon ancien ministre de la Défense. Royal avait exigé une entrevue sans témoins. La compagne de Chevènement a donc dû quitter les lieux, non sans récriminations. Pour l’Histoire, c’est Chevènement qui a servi lui-même le thé et les gâteaux, ce que Royal a apprécié.
Ca n’est pas très compliqué la politique et c’est ce que Jospin n’a jamais compris. La candidate socialiste n’avait qu’une seule chose à déclarer à son hôte ce jour là. Elle a reconnu humblement qu’elle n’était pas sans défaut et n’a revendiqué qu’une qualité, essentielle dans la vie publique: savoir distinguer les talents, des médiocres.
25/04/2007
Centrisme et espoir, Chabot et Sarkozy
Les heures s’écoulent et je constate que mon analyse demeure la plus juste. Si l’on examine attentivement les éléments à notre disposition, le bloc Sarkozy-Le Pen peine à rassembler à mesure que les jours passent et que la réflexion de nos concitoyens chemine sur la voie qui mène à la raison. Pour le moment, et pour plagier une formule célèbre, Ségolène Royal est politiquement majoritaire mais elle est électoralement minoritaire. Mais l’espoir demeure. Pour la première fois dans l’histoire électorale, l’arithmétique des résultats découlant d’un scrutin de premier tour d’une élection présidentielle peut s’inverser. Il y a un gouffre entre le bloc Sarkozy-Lepen et le premier des électeurs de François Bayrou qui serait le plus proche de ce bloc réactionnaire, un gouffre moral et par conséquent politique.
Dans ces conditions, ne sous estimez pas la portée du geste que va accomplir François Bayrou ce jour. L’électorat « centriste » était déjà très ébranlé, il n’en sortira que davantage désemparé. Pour un centriste, choisir de ne pas choisir, c’est déjà choisir, et ne pas appeler à voter à droite, cela résonne comme un appel à voter à gauche.
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A quelques jours du débat je me dois de révéler une petite anecdote savoureuse. Lors de son dernier passage à Antenne 2, Nicolas Sarkozy a snobé tout l’état major de la chaîne venu l’accueillir à grands renforts de compliments. Président, directeur de ceci, directeur de cela, directeur du reste, directeurs adjoints et autres directeurs délégués. Même Patrice Duhamel, l’homme à la poignée de mains giscardienne, a été ignoré, tel Lauzun au coucher de Louis XIV précédant le jour de sa disgrâce. Le candidat UMP n’a adressé la parole qu’à une seule personne, le tout avec beaucoup de chaleur et d’amitié. Une démonstration d’affection qui valait adoubement au sein de la famille Sarkozyste. La promesse de la direction générale de la chaîne me dit-on. Le candidat de l’UMP a félicité cette personne pour l’ensemble de son œuvre durant la campagne, la remerciant en termes éloquents : « Je n’oublierai pas que c’est grâce à vous, chez vous, que cette belle aventure a commencé » Il faisait référence à cette émission du mois de novembre dernier, d’une durée de trois heures, où il avait pu, sans contradiction aucune, débiter ses sornettes. Sous l’effet de ces simples mots prononcés du fond du cœur, Arlette Chabot s’est, parait-il, empourprée, comme happée par les vagues tumultueuses d’un plaisir jusque là inconnu pour elle, renversée, emportée, submergée, enivrée…Et il est juste de reconnaître que le compliment est mérité.
A part cela, Arlette Chabot est pressentie par Antenne 2 pour arbitrer le débat du 2 mai. Moi, je la récuserais.
24/04/2007
Débat et tactique, gloire et Besson
L’élection présidentielle sera définitivement jouée au soir du 2 mai prochain, lorsque s’achèvera le débat entre les deux candidats. Il ne faut pas surestimer la portée de ce type de confrontations. On y gagne peu, mais on peut y perdre beaucoup. Contrairement à ce qui a été propagé jusqu’à la caricature, le débat de 1974 n’a eu aucun impact sur le résultat final, tout était acquis au soir du premier tour de cette élection présidentielle.
Cette fois-ci, il peut en aller différemment. Ségolène Royal l’a dit hier à ses proches, elle juge être capable de déstabiliser Nicolas Sarkozy tout au long de ce rendez-vous si crucial. Elle est certaine que la vérité des êtres apparaîtra enfin, que le masque du candidat UMP finira par tomber.
C’est une tâche difficile qui l’attend. Pilhan me répétait sans arrêt qu’à la télévision, le premier agresseur est toujours le perdant. C’est pour cette raison qu’il avait inventé ces émissions regroupant plusieurs journalistes et où l’un d’entre eux, sans le savoir le plus souvent, jouait le rôle du méchant. Je me souviens de ces délicieux entretiens du 14 juillet où Poivre d’Arvor ne pouvait résister à la tentation de m’attaquer, ignorant qu’il me rendait service.
Face à Nicolas Sarkozy, la tactique à déployer s’impose d’elle-même ; il conviendra d’éveiller les démons qui sommeillent en lui et qu'il tente d'anesthésier depuis quelques jours : l’arrogance, la brutalité, le cynisme. Je n’en dis pas plus, mais je fais confiance à Ségolène Royal pour y parvenir.
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Ce matin sur Europe no1, M.Besson a été convié par Elkabbach à venir nous expliquer les conditions de son ralliement à Nicolas Sarkozy. Inutile de commenter davantage. Le choix de cette station pour relayer les propos de M.Besson est éclairant, et il ne me parait pas étonnant de voir dorénavant réunis M.Besson et le candidat de l’UMP qui souffrent tous deux d’hypertrophie du moi comme le diagnostiqueraient des psychiatres confirmés.
Je m’interroge cependant : comment un homme comme Besson a-t-il pu prospérer au sein du PS durant de si longues années ? J’espère qu’il ne s’agit que d’un cas isolé, et que d’autres Besson ne sont pas tapis, ici et là, attendant de trahir, pour connaître à leur tour l’ivresse de la gloire, qui désormais dans ce pays, constitue la récompense des félons
23/04/2007
Rassembler et unir, Sarkozy et Antenne 2
Il existe désormais dans ce pays un bloc réactionnaire regroupant 40% des Français. Ce bloc est minoritaire. Ce bloc, et son candidat, Nicolas Sarkozy peuvent être battus au second tour de cette élection présidentielle.
François Bayrou n’est pas au centre. Il a mené campagne au centre gauche, et, ne nous voilons pas la face, il a su séduire une bonne partie d’électeurs venus du parti socialiste ou qui auraient dû voter pour le candidat socialiste. On peut le déplorer, mais c’est un fait. Cela dit, Bayrou n’a plus d’autre choix possible que de provoquer la défaite du candidat de l’UMP. Il se retrouve dans la même situation que le candidat du RPR en 1981. Si Sarkozy est élu, je l’ai déjà dit, l’UDF sera morte dans un mois. Une dizaine de députés UDF a déjà passé des accords secrets avec les émissaires de Nicolas Sarkozy. La nature humaine est ainsi faite.
D’ici une semaine, François Bayrou aura trouvé une bonne raison de ne pas appeler à voter Sarkozy. Il va entretenir un faux suspense qui n’a qu’un seul but : montrer qu’il pèse dorénavant d’un poids incomparable sur la vie publique. Ce leurre va duper quelques gogos, mais il a un grand avantage. Il va nourrir le doute, empoisonner l’esprit des électeurs de Bayrou les plus proches de l’UMP et les amener à voter Royal ou à s’abstenir.
Il n’y a pas d’accord à passer avec quiconque. Il faut tenir le discours de la vérité et appeler à la constitution d’un rassemblement des républicains, seule initiative à ce jour susceptible de déclencher les conditions de la victoire.
J’entends parler depuis hier soir de « valeurs », de « projets » et autres fadaises dénuées de sens. Ces mots servent le candidat UMP, qui les agite en permanence sans leur accorder d’autre sens que celui de les employer afin de tromper tout son monde sur la réalité de son programme. Si l’on y prend garde, nous sommes à la veille d’un nouveau 13 mai. Les libertés publiques sont au cœur de la campagne. Ce sont les libertés publiques les « valeurs » et le « projet » de la candidate socialiste. Il faut maintenant convaincre sans relâche que le candidat de l’UMP s’apprête à briser l’héritage de 1789, de 1905, de 1936, de 1945, de 1981… Qu’il s’apprête à enterrer le code du travail, ressusciter les antagonismes religieux, flatter les communautarismes, caresser les corporatismes, lâcher sa police, dompter la justice, coloniser les medias… Il faut répéter inlassablement que cet homme délire sur la génétique, méprise la rédemption du peuple allemand et se moque de la détresse des chômeurs et rmistes…Si tout cela n’est pas fait, et bien fait, le pire est à redouter, et pour longtemps.
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J’ai regardé avec intérêt les soirées télévisées consacrées aux résultats de ce premier tour. La France a décidément bien changé. Il faut donc regarder TF1 pour être informé de l’appel des petits candidats (Laguiller, Voynet et autres) à voter Royal au second tour de l’élection. Sur Antenne 2, dans le même laps de temps, on pouvait contempler Montebourg, harcelé par trois représentants de l’UMP, eux-mêmes appuyés par Kouchner et Cohn-Bendit, le tout agrémenté des images de Sarkozy se promenant en auto dans Paris, accompagné de créatures blondes venues d’on ne sait où, mais sans son épouse. Où allait-il pour qu’on nous le montrât ainsi? J’ai attendu en vain la réponse à cette question. A vrai dire, j’attends toujours.
22/04/2007
Choisir
Si j’étais aujourd’hui plus au contact de ce monde que je ne le suis par la force des choses, j’occuperais mon après-midi à relire, à l’ombre de mon arbre favori, profitant du soleil de ce printemps si délicat, quelques pages d’un livre lu autrefois et auquel j’aimerais abandonner un peu du temps qui va.
Mon choix de l'instant, se porterait certainement sur le roman de Guimard, « Les Choses de la vie ». Pourquoi ce livre aujourd’hui ? Je l’ignore. Peut être que les émotions qu’il me procura autrefois me paraissent aller à l’humeur du jour. Eviter de perdre le cours de son existence. La maîtriser. Choisir son destin parmi les choses de la vie...
21/04/2007
La nature des choses
A partir du moment où l’on éprouve l’envie d’écrire, il ne faut plus se soucier de la bienséance ou d’intérêts très généraux. Je n’écris plus en pensant que dans mon dos sévit un censeur impitoyable pointant le doigt sur la mauvaise tournure ou la quasi-erreur de français. Ce sentiment d’être examiné m’a quitté depuis longtemps. J’écris ce que je ressens et laisse le lecteur user de sa liberté première, le droit de lire ou de ne pas lire.
Ecrire participe d’un double mouvement, solliciter le jugement d’autrui tout en le réfutant pour mieux affirmer sa liberté d’auteur. Ecrire, c’est aller au-delà du mur du temps.
J’en reviens à ces réflexions ce jour où, précisément, le temps est comme arrêté. Ce matin, je me suis interrogé longuement sur ce que je voulais écrire. Que dire encore pour convaincre ? Rien.
Demain, nous saurons si les Français sont de France, cette nation à laquelle il faut du prestige. Demain, nous saurons si les Français sont encore les plus ardents défenseurs de ce qu’ils ont inventé pour l’universelle humanité en 1789. Demain, c’est l’Esprit de la France qui est en jeu.
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Aujourd’hui, j’invite à la promenade. A la campagne. La vue des arbres est apaisante et elle suscite l’introspection. L’arbre est sérénité. J’ai parfois envié le maintien de chênes, hêtres, bouleaux, pins, pommiers, soumis aux rigueurs des saisons qui passent, et me suis souvent questionné sur l’incapacité humaine à copier leur placidité.
A Latché, j’aimais à me promener seul, les fins après-midi d’été, dans la forêt environnante. J’avais rendez-vous avec des arbres devenus des familiers. Insensiblement, au fil du temps passant, ils devenaient comme des confidents, dont la contemplation alanguie m’évoquaient des êtres chers auxquels je finissais par les identifier. Les savoir là, imperturbables, immuables, me confortait dans l’idée que j’avais de mes affections et de leur pérennité. Aujourd’hui, je m’en vais visiter un arbre rencontré récemment, lors de mon dernier été. Un jeune chêne d’apparence fragile encore, et qui a déjà survécu à bien des tempêtes. Je l’ai remarqué presque par hasard, au détour d’un sentier forestier que je n’empruntais plus depuis si longtemps, pensant que la pente trop escarpée ne m’autorisait plus ce genre d’escapades. J’avais pris le risque de m’y aventurer, en dépit de mon état physique. Sans doute ai-je été guidé ce jour là par une sorte de providence divine. Depuis que nous sommes liés, j’aime à retrouver cet arbre, cet intime, planté là, sans raison discernable, au milieu d’une clairière encaissée, environnée de conifères géants. Ce voisinage aurait dû avoir raison de lui, l’empêcher de vivre, l’étouffer. Il s’est pourtant frayé un chemin jusqu’à la lumière vitale en poussant ses branchages du mieux qu’il a pu. C’est un caractère. J’aime cet arbre. Il est si vivant.

