29/04/2007
Sarkozy, télévision et avenir
Nicolas Sarkozy est un homme très occupé. Comme il se voit déjà élu, il songe à la composition du gouvernement Fillon et il se préoccupe de l’avenir médiatique de ce premier cabinet. Il faudra bien, en effet que l’action future de ce gouvernement soit exposée aux Français comme il se doit. Depuis trois jours, le candidat de l’UMP passe son temps à évoquer, et son entourage le fait savoir, ces importants dossiers que sont la succession de MM.Namias, Dassier et Poivre d’Arvor (à qui personne n’ose l’annoncer encore) à TF1, l’éviction de MM.Nahon, Leclerc (Gérard), Moati, Schneidermann, Taddéi des chaînes publiques, la promotion de Mme Chabot à la tête d’Antenne 2 et son remplacement à l’information par M.Bilalian, l’intronisation de M.Benamou à la tête d’une grande chaîne nationale, la destruction des marionnettes de Canal plus, et pour finir, la béatification de M.Elkabbach…
Si tout cela ne peut être évité, nous en reviendrons aux très riches heures de la télé gaullienne. Délicieuse époque que les plus jeunes de mes lecteurs n’ont pas connue. En ces temps reculés, Jacqueline Baudrier, la directrice de l’information de l’ORTF (c’était un peu la Arlette Chabot de l’époque, mais avec un faux air de Danielle Darrieux), demandait à tout journaliste dont elle envisageait le recrutement quelles étaient ses préférences politiques. Tous les candidats, avertis, confessaient invariablement leur foi en l’idéal gaulliste. Tous, sauf un, qui un jour préféra honnêtement s’afficher démocrate-chrétien. Mine interloquée de Jacqueline Baudrier. Elle n’avait jamais vu de journaliste non gaulliste. Inquiète, elle se risqua alors à poser cette question au postulant : « mais cher monsieur, si vous n’êtes pas gaulliste, comment ferez-vous pour être objectif ? »


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