28/04/2007
Dialogue et enjeu, téléphone et UMP
Le dialogue entre Ségolène Royal et François Bayrou permet de préciser une dernière fois l’enjeu historique de cette élection présidentielle. Le 6 mai, les Français auront le choix de rompre ou non avec l’héritage de 1789.
Voilà bien l’enseignement qu’il faut retirer de ce dialogue : Bayrou n’appartient pas au bloc réactionnaire constitué autour des candidats UMP et FN au soir du premier tour de scrutin. Voilà ce que Ségolène Royal et lui-même entendaient démontrer ce jour. En dépit de leurs divergences, ils ont affiché leur volonté politique d’agir en héritiers directs des constituants de 1789.
L’enjeu de ce second tour est clairement établi.
Les 60% de Français qui ne veulent pas de Nicolas Sarkozy, de sa police à la Fouché, de sa presse à la Bonaparte et de son christianisme à la Pie XII, ces 60% de Français doivent pouvoir être rassemblés, à la seule condition que l’enjeu réel de cette élection leur soit perceptible. Si cette dimension leur échappe, si la pédagogie indispensable n’est pas employée, le pire est à redouter, le 6 mai et après. François Bayrou a accompli une partie du chemin pour amener, sans heurt, ses électeurs à déduire qu’il n’y a plus d’autre choix logique, cohérent, utile, nécessaire, que de glisser un bulletin de vote Royal dans l’urne le 6 mai prochain. Aux socialistes de les aider à parcourir le reste du chemin.
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J’espère qu’il sera porté à la connaissance du public le montant de la note de téléphone de Sarkozy et de ses proches pour ces trois derniers jours. Pour empêcher la tenue du dialogue Royal Bayrou, et à eux seuls, ils ont saturé l’espace téléphonique français de coups de fils vengeurs et menaçants adressés à tout ce que l’audiovisuel national peut compter de responsables. Le seul qui n’a pas eu doit à son coup de fil dissuasif, c’est Jean-Pierre Elkabbach. Avant même qu’on lui téléphone, le directeur d’Europe no 1 avait déjà appelé Sarkozy pour l’assurer qu’il n’organiserait pas le débat sur ses antennes et qu’il ne céderait pas à la pression. Ce sont des anecdotes comme celles-ci qui me rajeunissent. J’ai l’impression de me retrouver en 1981. En pire.
Quant à Pierre Charon, le grand ordonnateur des rassemblements de l’élite culturelle Sarkozyste, il bat le rappel téléphonique des troupes convoquées demain à Paris pour le grand meeting du candidat de l’UMP. Aux côtés de Sarkozy, on découvrira les visages réjouissants de ceux qui incarneront demain, s’il est élu, la France des arts et des spectacles: Christian Clavier, Jean Reno, Doc Gynéco, Stéphane Courbit, Alexia Laroche-Joubert, Enrico Macias, Alain Afflelou, Steevy, Martin Bouygues… Un bien beau spectacle vivant, qui nous laissera beaucoup de temps de cerveau disponible.


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