21/04/2007
La nature des choses
A partir du moment où l’on éprouve l’envie d’écrire, il ne faut plus se soucier de la bienséance ou d’intérêts très généraux. Je n’écris plus en pensant que dans mon dos sévit un censeur impitoyable pointant le doigt sur la mauvaise tournure ou la quasi-erreur de français. Ce sentiment d’être examiné m’a quitté depuis longtemps. J’écris ce que je ressens et laisse le lecteur user de sa liberté première, le droit de lire ou de ne pas lire.
Ecrire participe d’un double mouvement, solliciter le jugement d’autrui tout en le réfutant pour mieux affirmer sa liberté d’auteur. Ecrire, c’est aller au-delà du mur du temps.
J’en reviens à ces réflexions ce jour où, précisément, le temps est comme arrêté. Ce matin, je me suis interrogé longuement sur ce que je voulais écrire. Que dire encore pour convaincre ? Rien.
Demain, nous saurons si les Français sont de France, cette nation à laquelle il faut du prestige. Demain, nous saurons si les Français sont encore les plus ardents défenseurs de ce qu’ils ont inventé pour l’universelle humanité en 1789. Demain, c’est l’Esprit de la France qui est en jeu.
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Aujourd’hui, j’invite à la promenade. A la campagne. La vue des arbres est apaisante et elle suscite l’introspection. L’arbre est sérénité. J’ai parfois envié le maintien de chênes, hêtres, bouleaux, pins, pommiers, soumis aux rigueurs des saisons qui passent, et me suis souvent questionné sur l’incapacité humaine à copier leur placidité.
A Latché, j’aimais à me promener seul, les fins après-midi d’été, dans la forêt environnante. J’avais rendez-vous avec des arbres devenus des familiers. Insensiblement, au fil du temps passant, ils devenaient comme des confidents, dont la contemplation alanguie m’évoquaient des êtres chers auxquels je finissais par les identifier. Les savoir là, imperturbables, immuables, me confortait dans l’idée que j’avais de mes affections et de leur pérennité. Aujourd’hui, je m’en vais visiter un arbre rencontré récemment, lors de mon dernier été. Un jeune chêne d’apparence fragile encore, et qui a déjà survécu à bien des tempêtes. Je l’ai remarqué presque par hasard, au détour d’un sentier forestier que je n’empruntais plus depuis si longtemps, pensant que la pente trop escarpée ne m’autorisait plus ce genre d’escapades. J’avais pris le risque de m’y aventurer, en dépit de mon état physique. Sans doute ai-je été guidé ce jour là par une sorte de providence divine. Depuis que nous sommes liés, j’aime à retrouver cet arbre, cet intime, planté là, sans raison discernable, au milieu d’une clairière encaissée, environnée de conifères géants. Ce voisinage aurait dû avoir raison de lui, l’empêcher de vivre, l’étouffer. Il s’est pourtant frayé un chemin jusqu’à la lumière vitale en poussant ses branchages du mieux qu’il a pu. C’est un caractère. J’aime cet arbre. Il est si vivant.


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