16/04/2007
Dires et médire, Alliance et arithmétique
Dans le clan de Nicolas Sarkozy, les ambitions s’éveillent. Aussi aveuglés que leur maître, les membres de la meute s’ébrouent déjà et font savoir qu’ils seront récompensés. Ainsi, madame Roselyne Bachelot fait-elle savoir aux éventuels postulants au ministère de la santé qu’elle en sera l’occupante passé le 6 mai. Elle ajoute même, que « Nicolas », lui a promis. Cette femme est désarmante de naïveté, c’est ce qui fait son charme, et elle a de l’esprit comme une rose.
Je l’avoue : je suis bien perplexe quand je me laisse aller à examiner les « personnalités » qui aspirent à devenir membre du premier gouvernement du candidat de l’UMP, au cas où, par inadvertance française, il serait élu.
Fillon ? On le connaît, mais on ne le reconnaît pas.
Copé ? Il n’est pas arrivé, mais parvenu.
Borloo ? On le dit profond, mais il n’est que creux.
Douste-Blazy ? Son mal est de croire qu’il peut tromper les autres, et que les autres ne peuvent le tromper.
Estrosi ? Dans son zèle, il entre trois quarts de bêtise.
Hortefeux ? Il fait un métier bête et il le fait bêtement.
J’arrête là. Je ne voudrais pas que l’on me reprochât de me soustraire à l’indispensable débat d’idées, comme on le dit désormais, et de me livrer à d’horribles attaques personnelles, même si l’exercice, admettons le, est d’un commerce assez agréable.
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Réglons une fois pour toute cette histoire « d’alliance » avec l’UDF. Quel que soit le résultat du 6 mai au soir, les élections législatives qui suivront consacreront l’éclatement et la fin de l’UDF, de telle sorte que cette question, soulevée par Rocard et Kouchner, ne se posera plus.
Je m’explique.
Le candidat centriste obtiendra peut être 15 à 18 % des suffrages ce 22 avril, et pour contenter ceux qui le soutiennent, je peux même lui en accorder 20. Peu importe, il sera éliminé du second tour, et ce succès sera ramené à sa vraie dimension politique. L'effet Bayrou est un trompe l’œil pour les gogos, pointé par des zozos.
François Bayrou dispose aujourd’hui de 27 députés sur les 577 que compte l’assemblée Nationale. Ce sont des élus de droite, arrivés là par la grâce d’implantations personnelles réussies et par l’octroi des voix des électeurs de l’UMP (je ne pense pas qu’en 2002, des voix socialistes se soient portées sur M.Hervé Morin dans l’Eure par exemple).
Si Royal est élue, l’effet sera tel que la victoire d’une majorité de gauche en juin sera inéluctable. Je n’imagine pas des candidats socialistes, investis par la PS dans les circonscriptions UDF des 27 députés sortants, renoncer à disputer une élection où ils auraient toutes leurs chances. La Gauche n’aura pas besoin de M.Bayrou et ses troupes squelettiques pour gagner les élections législatives. Au contraire, il faudra profiter de l’occasion pour rayer l’UDF de la carte électorale, afin que la tentation de « troisième force » retourne définitivement aux oubliettes de l’Histoire (et avec ses défenseurs, si possible).
Si Sarkozy est élu, faites lui confiance pour exercer une pression telle sur les derniers rangs de députés centristes, que bon nombre d’entre eux finiront par se présenter devant les électeurs avec une très belle étiquette UMP accrochée dans le dos. Je suis prêt à prendre le pari, que dans ce cas de figure, les centristes se retrouveront à cinq ou six élus, et ils auront bonne mine face à leurs 400 collègues de l’UMP.
De ce qui précède, vous pouvez donc conclure avec moi que la question de « l’alliance » au centre n’a pas de raison d’être. Interrogez-vous, en conscience, sur les raisons qui ont poussé des socialistes à agiter ce triste chiffon ces deux derniers jours.


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