15/04/2007

France, douceur de vivre et Royal; Kouchner et notoriété

    Pas de jour sans que je n’écrive. Pas de jour sans jeter sur le papier quelques notes fugaces, manuscrites, fragments de la vie qui passe, du temps qui s’écoule, reflets de ce que j’ai aimé, l’espace d’un instant ou d’une heure. Ces écrits sont, je n’en ai jamais douté, comme les songes nous traversant la nuit, une illusion lyrique. 

  J’hésitais souvent à coucher sur une feuille le souvenir d’un rendez-vous. La traversée de Paris, au soleil couchant de mai, la découverte d’un trottoir inconnu bientôt familier, le porche chargé de mystère d’un immeuble, le piège des double portes grillagées d’un vieil ascenseur en bois de noyer, le contact feutré des pieds sur le tapis dans l’escalier, la porte d’entrée. La chaleur des commencements, la moiteur des recommencements, l’aube renaissante, les départs fugitifs. Le deuil enfin, de ces si longues secondes que l’on souhaiterait éternelles…

  La France est une douceur de vivre. C’est ainsi que je l’ai toujours suscitée. Au cours de mes promenades parisiennes, il me plaisait à penser que le sol que je foulais portait le souvenir des générations passées là, bien avant moi. J’éveillais pour moi-même ces endroits livrés désormais aux automobiles, mais autrefois lieux de rendez-vous, comme ces berges de la Seine, voisines de ce qui est aujourd’hui l’avenue Montaigne. Qui sait, de nos jours, qu’avant la révolution française, les mœurs étant plus libres, on se retrouvait là, parmi les roseaux dissimulateurs, enveloppé par la lumière de l’été ?

  Oui, ces délicates réminiscences m’évoquent la France et sa douceur de vivre.

  Par une étrange association d’idées, je songe à tout cela contemplant la métamorphose de Ségolène Royal, qui s’opère lentement, là,  sous nos yeux, depuis quelques jours, et sans que les observateurs attitrés ne le remarquent. Cette candidate ressemble à la France. Au fil de cette campagne, elle s’innerve de ce pays et de ses passions profondes. Ce pays qui aime la vie, ses menus plaisirs, ses journées, ses saisons, ses pierres. Ce pays sont je persiste à dire qu’il ne veut pas qu’on le divise, en réveillant des divisions religieuses, morales, corporatistes, qui doivent appartenir à son Histoire. Ce pays qui ne peut accepter un petit prince qui mesurerait sa grandeur à l’aune des flatteries que sa cour lui dispenserait, déguisant de la sorte les bornes étroites de sa puissance.

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  Après Rocard, Kouchner y va de son appel à l’alliance avec Bayrou… Que dire ? Je connais bien Kouchner, le drame de sa vie, c’est qu’il aime qu’on lui parle de lui. Pour se faire entendre, il est capable de tout et de n’importe quoi. S’il ne voit pas à la télévision, il se croit devenu aveugle.

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