10/04/2007
Lévy et Royal, Frederic II et Sarkozy, Rozès et Sciences-po
J’ai lu, je ne sais plus où, que j’étais bien silencieux sur le cas de Bernard Henri Lévy, et que cela suscitait bien des interrogations. La réponse à cette question coule d’évidence et je peux la livrer ce jour. J’attendais qu’il se décide à dire publiquement ce qu’il disait en privé. C’est fait.
Nous avons eu de nombreux désaccords, je préfère ne pas y revenir. C’est un homme qui peut en agacer quelques uns, mais il peut aussi en entraîner beaucoup. C’est un homme qui peut susciter de nombreuses haines, mais il peut aussi faire aimer les causes qu’il estime justes. Je le dis d’autant plus, que ce talent s’est exercé, parfois, contre certains de mes choix qu’il ne comprenait pas.
Connaissant Lévy, je mesure combien ce choix a dû lui apparaître ardu. J’imagine les atermoiements, les tergiversations, les supputations. Comme moi, il estime que les « droits humains » de Royal sont un concept un peu étrange, et il marque son inclination pour les Droits de l’homme, héritage des lumières. Comme moi, il estime que Royal est parfois un peu raide, et il aimerait la voir plus souple. Je ne pense pas qu’on puisse lui reprocher d’avoir émis ces réserves et de la soutenir aujourd’hui, à moins d’être sot. Ou malhonnête. Ou les deux.
Je préfère savoir Lévy (avec tous ses défauts) derrière Ségolène Royal plutôt que piteusement rangé derrière le candidat de l’UMP, dont les récentes déclarations donnent bonne mine à Gallo, Gluksmann et les autres. Je suis sur que ces derniers auront beaucoup de choses à dire sur la pédophilie innée et le suicide lié au génétique. Je gage que ces futurs développements entreront dans l’Histoire des idées.
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A ce sujet, les commentateurs de cette élection présidentielle devraient se pencher sur une expérience menée au 12e siècle par l'empereur Frédéric II de Hohenstaufen. Ce souverain, brillant pour son époque, était doté de conceptions sur la nature humaine aussi évoluées que celles de M.Sarkozy aujourd’hui. Il était ainsi persuadé que les enfants étaient dotés d’un langage universel dès la naissance, l'Hébreu supposait-il, et que seule l’éducation prodiguée par les parents les détournait de l’emploi de ce langage. Il se mit alors en tête de prouver la justesse de son intuition. Il fit donc enlever une trentaine de nouveaux nés à leurs mères et les confia à des nourrices impériales. Ces nourrices reçurent des consignes strictes. Afin de permettre aux enfants de laisser se développer le langage universel inné, elles ne devaient jamais leur adresser la parole, ni leur prodiguer le moindre geste d’affection. Elles devaient uniquement les nourrir à heures fixes, dans le silence le plus absolu, et sous la surveillance de gardes. Le résultat fut très éloigné de l’ambitieuse théorie de échafaudée par Frédéric, et il y a là matière à réflexion sur le rôle du détenteur de la puissance publique lorsqu’il se pique de connaissances scientifiques. Une petite partie des enfants devint autiste, les autres, les plus nombreux, moururent.
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Qui nous débarrassera des exposés télévisuels et radiodiffusés de M.Rozès de l’institut de sondages CSA ? Qui mettra fin à ces dissertations, à peine dignes d’une copie d’étudiant en année préparatoire à Sciences-po, et délivrées avec une morgue indigente? Je n‘en peux plus des zozoteries prétentieuses de ce personnage, diluées chaque jour sur toutes les ondes et antennes. D’abord, il est sinistre. Ensuite, il est sinistre. Enfin, il est sinistre. Voilà. A force d’écouter ce M.Rozès, j’ai fini par le trouver suffisant, mais pas nécessaire.


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