08/04/2007
Presse et anecdotes ; Humanité, liberté et UMP
Dans les jours qui viennent, je vais guetter avec une extrême attention les interventions radiophoniques et télévisées de M.Begag. Si les medias en ont fait autant avec M.Besson et ses états d’âme, je suppose qu’ils s’empresseront d’inviter cet homme, ancien ministre, d’un abord plutôt estimable, et qu’un candidat à l’élection présidentielle, encore ministre de l’Intérieur il n’y a pas si longtemps, a menacé de violences physiques en termes peu républicains.
Les journalistes sont des gens bien étranges. Ils sont toujours à se réfugier derrière l’étendard portant haut les couleurs de la liberté de la presse, et dès que celle-ci est réellement menacée, font preuve d’une discrétion étonnante. Tenez, par exemple, pourquoi messieurs Domenach et Szafran, deux membres éminents de la direction du journal Marianne, ne popularisent-ils pas le petit déjeuner passé en compagnie de Nicolas Sarkozy, il y a quelques semaines ? Les Français seraient sans doute ravis d’apprendre que celui qui aspire à les conduire demain traite des citoyens et hommes de presse « d’enc… », devant témoins (parmi lesquels M.Bouygues, m’a-t-on dit), et à plusieurs reprises. Ce genre d’anecdotes fait ces temps-ci le tour des dîners en ville parisiens, mais personne ne semble pour le moment décidé à accorder à ces historiettes, d’apparence anodine, une audience plus large. Je me demande bien pourquoi. J’ai cependant l’intuition que s’il s’agissait de Ségolène Royal ou de François Bayrou, nous serions assourdis par l’écho qui serait fait à ces affaires sur les antennes de TF1 ou d’Europe 1 (Une radio qu’Emmanuelli aurait surnommé Radio-Sarko, mais comme souvent, Henri Emmanuelli doit exagérer).
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Vous le savez, je crois que les forces de l’esprit sont le sel de la terre. Ce qui est semé finit, tôt ou tard, par pousser, éclore, nourrir les forces de la vie. Je ne crois pas que les hommes naissent mauvais ou bons. Je ne crois pas qu’ils naissent pédophiles ou suicidaires. Celui qui professerait une telle Humanité ne pourrait que s’exposer au ridicule. Celui-là ne pourrait se réclamer ni de Jaurès, ni de Blum. Celui-là serait doté d’une âme mystique, mais serait dénué de ce cerveau rationaliste qui permettait à Montaigne d’avancer. Celui-là ne serait pas un marcheur, enclin au questionnement de l’Homme. Celui-là serait une créature immobile et recluse, apeurée et dangereuse. Celui-là ne pourrait aspirer à orienter ses desseins vers l’universel. Celui-là, s’il existait, serait indigne.


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