04/04/2007

Nature de la droite, détails vestimentaires

   Cette campagne prend une tournure inquiétante. J’écoute ce que dit le candidat de l’UMP depuis les événements de la gare du Nord à Paris. Ce discours surgit du fond des âges, sur le laxisme de la gauche, son incapacité à assurer la sécurité des personnes et des biens, sa complaisance éternelle envers les « voyous », tout cela , oui je le dis bien haut m’inquiète. Qu’on se rassure cependant, même si je vais encore agacer en disant cela, Ségolène Royal, en haussant le ton, a répondu comme il convenait. Très belle trouvaille que de qualifier Sarkozy de « candidat sortant », je la félicite, car il était temps pour elle de décocher quelques flèches envers cet adversaire déloyal par nature. Bayrou faisant long feu, elle doit se concentrer sur le seul qui vaille qu’on l’abatte, Sarkozy. Cela étant posé, je m’inquiète sur ce que les propos du candidat de l’UMP révèlent de la nature profonde de la droite. J’éprouve le sentiment étrange d’avoir déjà entendu ces propos par le passé. Je croyais pourtant révolu le temps des Marcellin, des Debré, des Poniatowski, des Peyrefitte, des Lecanuet… Je constate, pour le déplorer, qu’avec Sarkozy, ils aient trouvé un héritier digne de leur patrimoine. Je m’interroge donc, et je suis à deux doigts de conclure, sur le fait qu’avec son côté pittoresque, ses bières et ses poignées de main, ses : «c’est beau, mais c’est loin » et ses : «on va s’occuper de vous tout de suite », mon successeur a caché pendant de longues années la nature profonde de la droite, ce qu’elle a toujours été, ce qu’elle sera toujours. Une droite de coups de menton et de coups tordus, peuplée de petits Bonaparte et de Napoléon le petit, qui rêvent de commettre à leur tour un petit coup d’Etat permanent et dont Nicolas Sarkozy constitue le dernier avatar. On va encore me dire : « vous exagérez ! Vous n’avez plus de recul ! soyez plus modéré ! ». Je m’y refuse. Sarkozy est-il modéré ? Non. Contre ce genre d’adversaire, je l’ai toujours professé, l’opposition doit être inconditionnelle. 

 Dans le fond, aujourd’hui, qu’est ce qui distingue le candidat UMP de certains éléments de la droite la plus dure ? Son ministère de l’immigration et de l’identité nationale, ce clin d’œil plus qu’appuyé aux thèses du Front national ne mérite-t-il pas que chacun s’interroge en conscience ? S’il s’agit de la manifestation de l’idéologie profonde qui habite Sarkozy, cette proposition est effrayante, parce que stupide. S’il s’agit d’une simple opération électoraliste, cette proposition est criminelle, parce que cynique.

 Je livre cette réflexion ce jour, car je m’interroge sur les choix effectués par les socialistes au soir du 21 avril 2002. Je pose les mêmes questions que Lionel Jospin. Fallait-il se rallier aussi vite, et sans conditions, au vote en faveur de mon successeur ? Y avait-il un vrai danger fasciste ? Ces questions là n’ont pas été débattues et Jospin a raison de dire que c’est regrettable. (A ce sujet, je conseille à Ségolène Royal de s’assurer du contenu des déclarations de Strauss-Kahn au soir du 22 avril, il ne faudrait pas qu’il engage encore tout le monde sans avoir demandé l’avis de personne). Là d’où je suis, je sais ce qu’à fait voter Lionel Jospin en son nom lors du second tour de cette présidentielle. Cela pourrait surprendre, si un jour, Jospin se décidait à le dire.

------------------

 J’ai noté que le jeune M.Barbier, directeur de l’Express, et grand pourfendeur libéral de Ségolène Royal, arborait en toutes circonstances une écharpe rouge. Si c’est un hommage à ma personne, je m’en étonne.

 Et puisque j’en suis aux détails vestimentaires, il serait judicieux de suggérer à Moscovici de remettre une cravate lors de ses prestations télévisées. Chez les anciens ministres, le débraillé mondain pour se donner un genre m’est insupportable.

Trackbacks

Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://francoismitterrand07.hautetfort.com/trackback/1116387

Ecrire un commentaire