03/04/2007

Bayrou, tracas et aventures

 François Bayrou ne participera pas au second tour de l’élection présidentielle. Comme je l’avais prévu, le candidat centriste est un peu court. Du caractère oui, mais ça ne suffit pas pour y arriver. Depuis que je l’ai vu reprendre son couplet sur les medias, j’ai compris. Quand un candidat ressort les thèmes éculés de son début de campagne en espérant qu’ils produisent les mêmes effets déjà observés auparavant, c’en est fini. Bayrou a déjà engrangé les voix de ceux qui n’aiment pas Mme Chazal et TF1. Que veut il de plus en ressassant la même rengaine ? Pas assez d’imagination pour entraîner un peuple. 

 En réalité, je crois que le candidat de l’UDF mène une campagne un peu de bric et de broc. Replié sur son siège parisien en compagnie de Marielle de Sarnez, qui exerce sur lui une influence qui, à mon sens, n’est pas toujours des meilleures, Bayrou est en train de s’enliser. Dans une bataille présidentielle, il ne faut pas hésiter à solliciter les avis, les conseils, il y a toujours à un peu à prendre, même s’il y a parfois beaucoup à laisser. Bayrou ne l'a pas compris et sa campagne va tourner court.

 Lors de son déplacement récent aux Antilles, François Bayrou a ainsi subi quelques avanies, qui je le pense, méritent d’être narrées, tant elles illustrent l’amateurisme désuet qui caractérise l’épopée présidentielle du candidat béarnais. On m’a raconté qu’à l’aéroport, à l’aller comme au retour, Bayrou, qui se refuse à se déplacer en tant que candidat à la présidence de la république,  a provoqué l’hilarité des passagers qui ont emprunté les mêmes vols que lui, parce qu’il a fait sonner les portiques de sécurité. Il parait même que les policiers chargés de la sécurité aérienne ont pratiqué sur sa personne une fouille en règle. Une « palpation totale » comme ils disent dans leur jargon. Bayrou s’y serait prêté de bonne grâce, les bras en croix, tout juste si il n’a pas dit : « Pardonnez leur, il ne savent pas ce qu’ils font ». Il s’est contenté d’un plus modeste : «Vous avez vu, moi je suis comme tout le monde ». Un message de portée moins universelle, vous en conviendrez. Sur place, les gags ont continué. Je vous livre mon préféré. Il s’agit d’un rendez-vous raté dans une ville où des milliers de sympathisants devaient acclamer le candidat de l’UDF. En fait, arrivés sur place, Bayrou et son état-major ont dénombré… trois personnes. Trois citoyens un peu endormis par le rhum local, dit on, qui achevaient leur sieste au milieu de la place du bourg et qui, finalement, se trouvaient là un peu par hasard. Qu’à cela ne tienne, Bayrou et ses troupes se sont réfugiés dans un bar local, où le candidat a été enfin assailli par de nombreuses admiratrices. Au début, il en a été flatté, puis on est venu lui expliquer que l’intérêt de ces dames pour sa personne pouvait revêtir à l’occasion un aspect fiduciaire, et que la compagnie de ces mêmes dames risquait de poser problème à un postulant à la présidence de la république. Et tout le monde de se replier en quatrième vitesse dans le car climatisé. Ca, c’est le genre d’histoires qui n’arrivent qu’aux Démocrates-chrétiens. Bayrou finira comme Lecanuet, ce candidat centriste qui en 1965, se voulait le Kennedy français et qui a fini, on ne refait pas, en Lecanuet français. Marx disait que l’histoire se répète toujours, "la première fois, c’est une tragédie, la deuxième, c’est une farce". Avec les centristes aussi, l’histoire se répète toujours. La première fois, c’est une farce, et la deuxième, c’est aussi une farce.

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