01/04/2007

Hollande et le PS, Chabot et Drucker

 La scène se déroule dans le bureau de François Rebsamen, au siège du PS, à Paris. Nous sommes à quelques jours du 16 novembre 2006, date à laquelle les militants socialistes vont désigner leur candidate. Autour de Rebsamen, sont réunies les têtes pensantes de la campagne interne de Ségolène Royal. Ils font et refont les comptes. C’est même leur principale occupation depuis trois semaines. La porte, jusque là close, s’ouvre, c’est François Hollande. Il fait mine de s’étonner de cette réunion. Officiellement, il ne soutient pas de candidat. « Je ne dois pas être là, dit-il avec un grand sourire, je m’en vais, je referme la porte. » Il referme effectivement la porte, mais il demeure dans la pièce. Il se retourne vers ses interlocuteurs médusés. « Maintenant que je suis parti, où en sommes nous ? » et il s’assoit pour participer au décompte. Je ne devrais pas vous raconter cette histoire, elle va peut être décevoir certains militants du PS qui me lisent et qui pensent sincèrement que François Hollande s’en est tenu à une stricte neutralité durant la campagne interne. Si je le fais, et je prie ceux qui s’en offusqueraient de m’en pardonner, c’est que cette petite anecdote, sans conséquence, illustre la façon dont François Hollande, qui fût mon conseiller à la Présidence de la république et dont j’ai souvent apprécié les bagatelles, a dirigé le PS depuis cinq ans. A la fois dehors et dedans, premier secrétaire sans l’être dans sa plénitude. 

 Je vais le dire tout net : François Hollande aurait du être le candidat naturel du parti Socialiste à l’élection présidentielle. C’est le rôle et la fonction de tout Premier secrétaire, lorsque le PS est dans l’opposition. Au congrès de Dijon, au congrès du Mans, il aurait du sortir de cette ambiguïté mortifère qui le maintenait, petit dénominateur commun, à la tête des socialistes. Cela exigeait tout juste un peu de courage et je n’ignore pas, qu’à l’occasion, Hollande n’en manque pas. Il ne l’a pas fait, préférant les petites combinaisons aux grands enjeux, il a eu grand tort.

 Il ne faut pas s’y tromper. François Hollande n’est pas qu’un homme rond respirant une contagieuse jovialité. Demandez à ceux qu’il est parvenu à éliminer des investitures socialistes et qui se voyaient déjà entrer en juin prochain à l’Assemblée Nationale. Certains de ceux qui lui ont demandé des comptes, des proches de Fabius ou d’autres, des socialistes qui ne goûtent pas le style hollandais ; ceux-là donc, se sont vus répondre : « Voilà ce qui arrive quand on pense mal». Mais cette gestion du parti, si elle peut être efficace, est un peu courte. Et puis, je le dis, la parité, cette belle idée, a souvent eu bon dos dans cette histoire d’investitures. Elle a souvent servi à éliminer des gens de valeur qui déplaisaient à la direction. C’est bien dommage. Lorsque j’étais Premier secrétaire, je n’ai jamais procédé ainsi. J’ai toujours respecté ceux qui garantissaient au PS des sièges et des élus, même les plus ingrats. Moi, par exemple, et pour ne citer que ce zozo là, j’ai supporté très longtemps les injures de ce mégalomane de Frêche, (une fois président, lors de chaque remaniement ministériel, je me suis arrangé pour lancer la rumeur de son entrée au gouvernement. Hélas pour lui, il n'a jamais été ministre...).

 J’en termine, (provisoirement…) sur le cas Hollande. Au soir du 6 mai, quel que soit le résultat, son rôle pourrait varier. Mais quel que soit le résultat, sa fonction, ses devoirs, et ses droits devront être revus dans tous les cas.

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 J’apprends que sur Antenne 2, Arlette Chabot a interdit à M.Roland Sicard d’inviter à sa sympathique émission du matin, « les 4 Vérités », les candidats à l’élection présidentielle, il devra se contenter de recevoir leurs représentants. Elle se réserve le privilège d’interviewer seule les candidats. Je remercie la providence de ne pas être candidat cette année. Etre obligé de se coltiner Mme Chabot pour avoir le droit de se faire entendre sur Antenne 2, c’est un peu raide. Moi, je serais allé me faire interroger par Mme Laborde au journal de midi. Je l’ai un peu connue autrefois, elle a accompli quelques voyages officiels durant ma présidence. Voilà une femme qui sait vivre. 

 Voilà, c’est dimanche, je vais regarder Michel Drucker. Celui-là, il vous enterrera tous.

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