28/03/2007
En rester là...
Peut être devrais-je renoncer à participer à cette campagne? Est-ce vraiment la mienne ? Pourquoi ne pas profiter de ces quelques jours en mai pour tenter de m’approcher de sensations que j’ai tant aimées et m’en contenter? En onze ans, la France a beaucoup changé. Que puis-je apporter aujourd’hui à ceux qui aspirent à la conduire ? Que dire à ceux qui vont choisir demain leur avenir ? A ces français si versatiles et contradictoires. A ces socialistes, dont certains (pas tous, loin de là, je le sais) ne me pardonnent toujours pas de les avoir menés au pouvoir, et dont on me dit qu’ils sont agacés de mon bruyant retour et des échos qu’ils en ont. Grande est la tentation d’en rester là.
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Ce sont les réflexions qui m’ont hanté hier. J’en étais là quand m’est parvenu le journal de « papattes de mouche », ce grand quotidien du soir qui a mené contre moi tant de campagnes calomnieuses. (Ils ont viré Plenel me dit-on. A-t-il demandé l’asile politique aux Etats-Unis ?). J’y ai lu un article consacré à l’après-Sarkozy. « Déjà ? » me suis-je dit. L’élection n’a pas eu lieu, il n’est pas élu encore (et il ne le sera pas) que l’on songe déjà à ce que seront ses successeurs, quinze ans plus tard. Bon, admettons, plus rien ne m’étonne. Mais quand j’ai découvert le profil des prétendants, les bras m’en sont tombés. Il y avait là le petit Baroin, à qui l’on dresse ces temps-ci beaucoup de costumes trop grand pour lui (ministre de l’Intérieur, on rêve debout…alors président, pensez donc…) ; un type nommé Bertrand, qui a lui-même l’air étonné qu’on pense à lui comme un futur chef de l’Etat ; un certain Dutreil, celui-la, il parait que c’est un grand progressiste ; et bien sur, l’inévitable Jean-François Copé. Je vais m’attarder sur ce dernier cas. Ce garçon, qui, à certains égards, aurait mérité d’appartenir à la famille Debré, a commis un livre baptisé « Promis, j’arrête la langue de bois ». En échange de quoi, certains journalistes, qui n’ont pas noté, après la publication du livre, une différence notable dans la communication publique de l’intéressé, l’auraient baptisé « Jean-François Copeaux ». C’est assez bien vu, je dois le dire, car ce Copé me semble être fait du bois dont on fait les meubles Ikea. On m’a rapporté aussi quelques déclarations du personnage sur la vie politique, déclarations que je vous livre dans leur pureté de cristal. D'abord: "Je ne vois pas pourquoi dans ce métier on ne pourrait pas mettre de temps en temps un peu d’humour, les gens se sentent obligés d’être hyper coincés, on peut desserrer le string de temps en temps !" ou bien encore : "Dans le circuit tu as toujours à te taper avant les élections le fait qu’il y a toujours les coups les plus glauques qui sortent." Et encore : "L’élection présidentielle créera un moment de légitimisation très fort de tout ce que nous avons fait avant." Voilà, je vous laisse juge de la « légitimisation » à présenter celui qui tient des propos pareils, avec un vocabulaire pareil, comme un aspirant à succéder un jour à des personnalités comme moi ou de Gaulle. Il parait que Copé veut être président de la république depuis son enfance. Je crois qu’il est urgent de l’aider à faire en sorte que ce rêve dure éternellement.
Au fait, pendant que j’y suis, pourquoi le quotidien vespéral ne se livre pas à la même enquête avec les socialistes ? J’ai quelques noms à leur fournir si besoin est : Montebourg, Peillon et quelques autres… Même si, pour être honnête, je dois confesser que ces autres patronymes ne me viennent pas spontanément à l’esprit. Montebourg… Celui-là, c’est quelque chose. Il faudra bien que je me résigne à dire ce que j’en pense…
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Tiens, on me signale aussi que Nicolas Sarkozy serine tous les matins à ses enfants depuis leur naissance : « Vous savez, votre papa sera président de la république un jour. » Ca, et ce qui précède, il ne m’en fallait pas plus pour me dire que, finalement, je vais encore mettre mon grain de sel dans cette élection. C’est décidé : je continue. Toute minute est belle, chaque journée est intéressante et le printemps est encore la saison des folies.
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PS : Patrick Ollier, nouveau Président de l’Assemblée nationale a tenu une conférence de presse et a déclaré que Ségolène Royal pratiquait « la course à l’échalote » sur les valeurs de la nation. Que voilà une déclaration de guerre à la candidate socialiste qui fera date dans la campagne, et sans nul doute dans l'histoire de France.Tout ça déclamé avec un air de contentement de soi assez remarquable. Je comprends désormais pourquoi certains de ses amis politiques l’ont surnommé « le conquis’adore ».


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