20/03/2007
La haine, la droite, Royal et les éditorialistes
Il va falloir que Ségolène Royal s’y fasse. Comme moi, elle suscite une sorte de haine inextinguible, irrationnelle, entretenue à gauche comme à droite, et reposant sur un fondement commun. Nés à droite, nous sommes des traîtres parce que devenus socialistes. Voilà la vérité. Les gens de gauche nous haïssent parce que nous venons d'en face et les gens de droite nous haïssent parce que nous venons de chez eux. Nous les connaissons. Nous savons qui ils sont, ce qu’ils font. Les « gaullistes » sont devenus des « sarkozystes », mais croyez-moi, le fond est le même. La rumeur, le mensonge, la calomnie, la manipulation et la barbouzerie restent les flèches de prédilection dont ils parent leur carquois fatigué. Dans cette campagne présidentielle, les « sarkozystes » s’en donnent d’ailleurs à cœur joie. Un exemple ? L’autre jour, un opposant aux pratiques judiciaires de M.Sarkozy a eu la chance d’être invité d’une chaîne d’information câblée. La journaliste qui le recevait lui a confessé, un peu gênée, qu’invité la veille, Brice Heurtefeux, ministre de la République , proche du ministre de l'Intérieur, lui avait indiqué que si cet opposant était un défenseur des prostitués maltraitées par la politique répressive de M.Sarkozy, c’est tout simplement parce qu’il était un client assidu de ces dames. Rien de moins. Ajoutant, l’œil égrillard, et se donnant des airs de Fouché de Supermarché, qu’il savait de quoi il parlait. Sous-entendu : nous avons des renseignements généraux sur tout le monde au ministère de l’Intérieur. Cela m'a rappellé les malfaisances de Michel Debré, d'Olivier Guichard et de leurs complices à la fin de la IVe. Les mêmes méthodes. Les mêmes procédés, encore et toujours. Un autre exemple ? Bien volontiers.
J’ai été navré de la séparation de Claire Chazal (qui a des faux airs de Martine Carol, mais en plus godiche) avec Philippe Torreton. D’autant plus que navré que l’état-major de TF1 en est la cause. Torreton raconte à qui veut l’entendre, que les hommes de Bouygues, donc de Sarkozy, lui ont fait savoir, par l’intermédiaire de sa compagne qu’il devrait montrer un peu plus de discrétion dans la manifestation de son soutien à Ségolène Royal. Faute de quoi, certains rôles dans certaines productions télévisées ou cinématographiques auxquelles participe TF1 pourraient peut-être lui échapper.
Torreton a tout envoyé balader : Sarkozy, Bouygues, Le Lay, Mougeotte et… Chazal… Et il continue de mener un beau combat pour les enfants sans-papiers d’une école du 18e arrondissement de Paris (l'école Houdon je crois). Là où ce benêt d’Enrico Macias a vendu le destin de trois enfants pour le plaisir d’un déjeuner en compagnie de Nicolas Sarkozy, Torreton, lui, résiste. Ca me plaît. Qui sait ? Après avoir incarné Jaurès, il pourrait bien interpréter mon rôle au cinéma. Ca me changera de Michel Bouquet. Et puis, on me dit que M.Giesbert du « Point » envisage de tourner un film pour France 2 sur mes années passées à Vichy. Je lui fournis ici l’idée du premier rôle de bonne grâce.
Je m’égare. J’en reviens à mon propos initial. Tous ces éditorialistes moralisateurs, ces pamphlétaires immaculés si prompts à dénoncer nos petites turpitudes, ces procureurs de plume si vite enclins à démasquer chez Royal aujourd’hui, comme chez moi hier, les stigmates de la droite, tous ces gens ne devraient-ils pas examiner et révéler, avec le même entrain, les méthodes de la droite elle-même ? Parce que moi, après cinquante ans de vie publique, et pour parler jeune, comme croit si bien le faire ce zozo de Jean-François Copé, je peux vous le dire d’expérience : la droite, ça craint.


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