13/03/2007

Mon successeur

 Les éditorialistes politiques français n'ont décidément pas beaucoup progressé ces dix dernières années. J'en veux pour preuve le formidable talent qu'ils ont employé à ne pas comprendre le sens réel de son intervention ce dernier dimanche. Tant de subtilité déployée à évoquer une France refusant les extrêmes, une France unie, une France refusant les aventures inconsidérées, une France ouverte sur le monde et ses changements, une France prête à jouer son rôle éternel face aux grands défis du 21e siècle; bref, un discours invitant clairement à voter Bayrou et même Royal, et tout cela en pure perte. Nos brillants journalistes n'y ont vu que les adieux d'un président en fin de mandat.

 Moi, j'ai apprécié cet exercice de haute volée. Je m'y suis même retrouvé. Cela m'a rappelé les européennes de 1994, quand je m'étais amusé avec Michel Rocard. Je constate aujourd"hui que mon successeur m"imite, une fois de plus. Franchement, je plains Nicolas Sarkozy. Je connais bien les gaullistes. Il n'a pas fini de souffrir dans les semaines qui viennent. On me dit que certaines officines tiennent tout prêt un dossier sur les affaires de son père. Ils ne changeront jamais.

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